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Équipements – Hilti dévoile son premier exosquelette

19 octobre 2020
<span>Équipements</span> – Hilti dévoile son premier exosquelette

L’année prochaine, Hilti sortira son premier exosquelette, un lancement symbolique d’une offre en pleine croissance. Sans céder à l’euphorie, les entreprises devront désormais tenir compte de ces outils.

(Photo ci-dessus : l’Exo-01 d’Hilti est destiné aux compagnons qui travaillent les mains au-dessus de la tête. HILTI)

Après une décennie d’annonces et de tests, le secteur du BTP semble enfin prêt à accueillir les exosquelettes. Depuis 2019, Loxam propose à la location le gant bionique Ironhand de Bioservo et Kiloutou l’IP12 modèle Skelex de Gobio.

En janvier 2021, ce sera le tour d’Hilti. Le fabricant d’outillage commercilisera alors l’Exo-01, un exosquelette destiné à aider les compagnons qui travaillent les mains au-dessus de la tête. « Avec notre partenaire, la société Ottobock, nous avons adapté un appareil qui était destiné à l’industrie et au secteur médical, explique Benjamin Ployart, responsable du marketing métiers d’Hilti France. Nous avons notamment étudié sa robustesse. Le confort d’utilisation et la performance étaient deux autres de nos priorités. L’Exo-01 est un équipement passif, sans batteries. Il pèse 1,9 kg et ne gêne pas les mouvements quand les bras sont en position basse. Quand les coudes dépassent les épaules, vous pouvez porter environ 4 kg sans ressentir le poids dans vos bras. »

Transfert de charge

Le dispositif se porte comme un sac à dos de randonnée. Deux coudières sont reliées par des tendeurs à une ceinture. Une partie de la charge supportée par les bras est ainsi transférée aux hanches. Selon le constructeur, les muscles de bras sont moitié moins sollicités. Quant aux forces exercées sur les articulations, elles sont réduites de 30 %.

Dans le gros œuvre, l’Exo-01 pourrait se révéler utile lors des finitions, de la préparation des banches ou du coffrage des sols. Néanmoins, comme tout système d’assistance physique, son utilisation mérite réflexion. L’OPPBTP* et l’INRS** rappellent que toutes les pistes de prévention doivent être étudiées avant d’employer des exosquelettes.

Il convient aussi de rester à l’écoute des compagnons. Si ces dispositifs diminuent les efforts d’un groupe musculaire, ils reportent la charge sur une autre partie du corps. Ils peuvent aussi créer de nouvelles habitudes gestuelles. Ces deux phénomènes pourraient provoquer des douleurs chez certains utilisateurs.

En toute humilité

Benjamin Ployart est bien conscient de ces enjeux : « nous y allons avec beaucoup d’humilité. Nous discutons avec nos clients : chefs d’entreprise, ergonomes, préventeurs sécurité. Ils nous partagent leur expérience. L’exosquelette ne va pas poser à la place du poseur, mais pour certaines applications, il va apporter un vrai confort de travail au compagnon. Et c’est ça que nous recherchons. » Le fabricant possède une organisation qui se prête bien à ces phases d’apprentissage. Il n’a pas recours à la distribution. Il opère en vente directe avec une équipe de 800 commerciaux.

Le prix de vente de l’Exo-01 n’est pas encore fixé. Il devrait être inférieur à 2 000 euros. Il sera aussi proposé en location de longue durée. « Dans le cadre d’une location, nous assurons l’entretien du produit avec un service après-vente, précise le responsable. C’est aussi un moyen d’avoir toujours du matériel de dernière génération. »

Ce premier produit ne devrait pas rester seul longtemps. Hilti planche déjà sur la suite. « Il existe de nombreuses situations où un exosquelette peut être utile, conclue Benjamin Ployart. Il y aura d’autres modèles. »

M. D.

*: Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics.

**: Institut national de recherche et de sécurité.