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Drone – Le port de charge décolle chez Enedis

6 avril 2021
<span>Drone</span> – Le port de charge décolle chez Enedis

Le gestionnaire de réseaux a présenté en mars l’Avidrone, un engin volant conçu pour installer des balises avifaunes sur des lignes électriques. Cette machine opère sous tension et réduit de beaucoup le temps de pose.

(Photo ci-dessus : imaginé par Enedis et Skydrone Robotics, l’Avidrone peut soulever une balise de 200 g depuis le sol jusqu’au câble électrique. ENEDIS)

Le drone est devenu un instrument commun dans le domaine de la topographie. Avec ces petits appareils, les relevés aériens sont à la portée de tous les chantiers. Amazon et consorts ont déjà annoncé la prochaine étape : la logistique. Néanmoins, leurs projets de colis volants semblent végéter au stade de l’expérience clinquante. Difficile de rivaliser avec une camionnette.

En revanche, dans le secteur des travaux publics, les situations s’avèrent beaucoup plus variées, à tel point que les engins traditionnels se révèlent parfois peu pratiques. La piste du drone mérite alors d’être étudiée. Enedis a par exemple mis en évidence une application où l’aéronef surpasse les techniques du XXe siècle. Le gestionnaire de réseaux d’électricité a dévoilé mi-mars l’Avidrone, un modèle destiné à accrocher des balises avifaunes sur des lignes à haute tension sans coupure de courant. « C’est une première en France pour les interventions sous tension sur des lignes 20 000 V », souligne Jean-Philippe Lamarcade, directeur régional d’Enedis en Bretagne.

Terrain impraticable

Les balises avifaunes sont des dispositifs destinés à signaler les câbles aux oiseaux. Elles sont en général installées en milieu de ligne, tous les 15 m, avec un camion-nacelle. En 2018, la Ligue de protection des oiseaux a demandé à la direction régionale d’Enedis en Bretagne d’installer des systèmes de ce type près d’un cap de la région.

Néanmoins, le terrain marécageux empêchait l’usage d’un véhicule à roues. Pierrig Bouquin et Bertrand Ogré, deux collaborateurs de l’entité régionale, ont alors eu l’idée d’utiliser un drone pour transporter l’objet jusqu’à son emplacement.

Les moyens de ses idées

Les petits aéronefs sont bien implantés chez le gestionnaire. Il compte quelque 230 pilotes parmi ses salariés, dont 25 au sein de la structure bretonne. Ces machines sont utilisées pour repérer des anomalies sur les lignes. « Pour ce faire, nous employons des drones grand public. Mais ces modèles ne peuvent pas porter de charge, précise Jean-Philippe Lamarcade. Nous avons donc travaillé en partenariat avec la société rochelaise Skydrone Robotics. Cette dernière a développé un engin capable de transporter le dispositif de pose. De notre côté, nous avons conçu le porte-outil sur lequel repose la balise. »

Le duo d’inventeur a mené ses recherches dans les locaux du fablab d’Auray, dans le Morbihan. Le porte-outil a fait l’objet de dépôts de brevet français et européen en 2019. « Cette idée serait sûrement restée dans les tiroirs sans la force de frappe d’Enedis en matière d’innovation, remarque le directeur régional. Il fallait du temps à nos collaborateurs pour étudier la question, des personnes en mesure de les mettre en relation avec Skydrone Robotics et un accompagnement juridique afin de définir les propriétés des différents acteurs du projet. »

Pose à la minute

L’appareil volant, conçu en vue de soulever le colis de 200 g, affiche un poids de 3,8 kg (2,9 kg pour le drone seul et 700 g pour le porte-outil). Sans vent, il peut voler au maximum 7 minutes à une vitesse de 25 m/s et rester en position stationnaire 6 minutes. Un temps amplement suffisant pour que la pince installée sur la balise se referme sur la ligne. « Outre l’absence de coupure et la possibilité d’intervenir dans des zones difficiles d’accès, c’est un gain de temps phénoménal. La pose nécessite une minute. »

Après des opérations test en Bretagne et en Pays de Loire, l’Avidrone est prêt à quitter le nid. Des poses de balises sur le réseau de distribution d’électricité sont déjà prévues dans les prochains mois, dans le parc du Mercantour, dans le Médoc, en Champagne-Ardenne et en Savoie. « Par ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à exploiter des câbles dans l’Hexagone. Cet engin pourrait profiter à d’autres réseaux, si l’information se diffuse », observe Jean-Philippe Lamarcade. Le directeur régional note que ses équipes ont déjà trouvé une nouvelle application à ce procédé. La pince pourrait venir maintenir provisoirement un fil qui quitterait le câble. Ce ceinturage précoce empêcherait un détorronnage : un desserrage des brins qui composent le câble qui mène à sa rupture.

M. D.