Suivez-nous :         kit média      
Accueil - Matériels - Déconfinement – Comment les fabricants de matériels de chantiers se sont préparés

Déconfinement – Comment les fabricants de matériels de chantiers se sont préparés

4 mai 2020
<span>Déconfinement</span> – Comment les fabricants de matériels de chantiers se sont préparés

Pour les fabricants de matériels de chantiers implantés en France, l’annonce du déconfinement programmé pour le 11 mai prochain marque une étape importante dans la gestion de la crise sanitaire. Même si un retour à la normal prendra du temps, tous les industriels se sont préparés au retour progressif de leur salariés dans les usines mais aussi dans les ateliers et les bureaux en déployant les dispositions permettant de se conformer aux préconisations sanitaires.

Tous les employeurs ont, de fait, l’obligation légale de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la santé des salariés. Aussi, et afin de permettre le retour à l’activité des salariés en confiance et dans le respect des obligations légales, plusieurs mesures ont été mises en place par Yanmar Construction Equipment Europe sur le site de Saint-Dizier. Le port de masque est désormais obligatoire, l’industriel fournissant le gel hydroalcoolique et les désinfectants. Le réaménagement de postes de travail afin de respecter les recommandations en matière de gestes barrières et de permettre la distanciation sociale et là la modification des flux de circulation et des parcours des salariés de leur arrivée dans l’entreprise jusqu’à leur poste de travail ont été finalisés. Les horaires de travail afin d’échelonner les arrivées et les départs des salariés et des zones sanitaires permettant le lavage de mains ont été aménagés.

Distanciation sociale

Avec les gestes barrières, les principes de distanciation sociale ont été généralisés. A Ancenis, une signalétique au sol a fait son apparition à tous les accès des sites pour la gestion des flux de personnes, ainsi que pour les opérateurs travaillant sur les lignes de production de Manitou. Les flux ont été repensés pour éviter que les personnes ne se croisent et des barnums implantés à l’entrée des sites avec « sas » de désinfection des mains et distribution des masques, désormais obligatoires pour tous les  collaborateurs. Les opérateurs, qui doivent laver quotidiennement leurs vêtements de travail à 60°, n’ont plus accès au réfectoire qui a été fermé.

Les flux ont été repensés chez Manitou pour éviter que les personnes ne se croisent

Parmi les autres dispositions, Manitou a systématisé la désinfection par chaque collaborateur avant et après utilisation de son matériel (outils et/ou clavier écran souris). Après avoir été temporairement fermées, les lignes de production des trois sites de production du groupe Haulotte situés à Reims, au Creusot ont redémarré progressivement. Les préconisations sanitaires ont été devancées, le spécialiste des matériels d’élévation de personne et de manutention de charge s’étant doté de thermo scan, masques, gels et visières de protection, etc…  Pour les emplois administratifs, le télétravail va demeurer la règle de fonctionnement jusqu’à nouvelles instructions gouvernementales et les quelques collaborateurs exigeants du présentiel bénéficient des mêmes mesures de protection que nos sites de production.

Les mesures de protection permettent au trois sites de production du groupe Haulotte en France (ici l’usine de Reims).

Comme dans toutes les usines du groupe, Caterpillar a pris les précautions appropriées et a mis en œuvre des mesures de sauvegarde pour protéger ses salariés des sites de Grenoble et d’Echirolles. Les fréquences de nettoyage et de désinfection des usines ont été augmentées, avec une attention particulière aux espaces communs. Après avoir stoppé la production de pelles sur chenilles sur le site de Colmar, Liebherr-France SAS a repris progressivement son activité depuis le 20 avril,  15% des effectifs étant déjà présents sur site pour garantir la bonne mise en place des mesures sanitaires et relancer la logistique. Dans un environnement très instable et en fonction de l’évolution de la chaîne d’approvisionnement, l’intensité de la reprise pourra néanmoins être soumise à modification.

Supply chain

Après s’être conformé aux préconisations sanitaires, avec remise d’un kit sanitaire à chacun (masque, gants, désinfectant en spray, rouleau de papier jetable, lunettes), salles de réunion/réfectoires/vestiaires avec limitation d’accès, travail en production revu pour respecter les distances, …l’usine de Belley de Volvo CE se prépare à la reprise. Le  niveau de la charge de travail des sites s’en trouve modifié. Nul entre le 18 mars et le 10 avril, il est remonté à 50% entre le 14 et le 30 avril pour revenir à son niveau plafond sur Mai et Juin. Au-delà, le Suédois ne dispose pas de visibilité. Revenu en configuration standard depuis le début du mois, le 11 mai ne marquera pas de changement particulier, hormis le retour probable de quelques employés restés à la maison pour garde d’enfant et ceux dits « fragiles ».Parmi les points de vigilance, les approvisionnements, quelques difficultés avec de rares fournisseurs italiens ayant été rencontrées. Chez Volvo, on se veut serein, et globalement les conditions de reprise sont bonnes grâce une gestion fine des stocks et  des contacts très rapprochés avec ses fournisseurs qui s’emploient à faire que leurs livraisons devraient reprennent normalement très prochainement. Aussi, le seul frein qui pourrait subsister après le déconfinement a trait à un absentéisme potentiel, en particulier pour cause des gardes d’enfants.

Spécialisée dans la fabrication de pelles compactes, le site Volvo CE de Belley tournera à  pleine charge en juin.

Le changement de réglementation sur les motorisations avec le passage au Stage V qui oblige la production des dernières machines en Stage 3A avant fin Juin a un fort impact sur la production actuelle de Yanmar Construction Equipment Europe. De ce fait, la charge de travail devrait rester normale jusqu’à fin Juin pour ensuite baisser d’environ 15% sur les mois suivants. Après la reprise de la section « Finition » le 14 avril dernier, c’est toute l’usine de Saint-Dizier qui a redémarré le 20 Avril dernier. A compter du 11 mai, le retour progressif et partiel du personnel administratif qui travaille aujourd’hui principalement en home office est donc attendu. De même, les personnes considérées comme « fragiles » (c’est à dire avec des problèmes de santé importants connus tels que des problèmes cardiaques, diabète ou ayant surmonté des graves maladies) ont été dispensées de venir à l’usine pendant la période de confinement, pourront revenir travailler à compter de ce date. A ce jour, l’industriel n’a pas rencontré de problèmes majeurs en matière d’approvisionnement. Le groupe Haulotte a commencé à prendre des mesures d’économies en adaptant bien sûr les plans de production à la demande et en priorisant les projets clés. A ce jour, il existe évidemment quelques tensions liées au rythme de reprise d’activité mais tous les partenaires font de leur mieux pour assurer la pente de reprise projetée. Ainsi, les délais de livraisons d’Haulotte sont variables en fonction des modèles, comme c’était le cas avant la crise sanitaire qui n’a pas eu d’impact dans ce domaine. Une seule règle s’impose dans ce contexte, s’adapter ! A la fois pour les clients de la marque mais aussi avec ses partenaires. L’agilité « historique », liée notamment au modèle industriel mais aussi à sa couverture de marché est un atout pour coller au mieux à la demande des marchés.

Tout au long de la période de confinement, les industriels ont maintenu leur prestations SAV et d’expédition des pièces de rechange.

Perspectives

A partir de la date officielle de déconfinement, Haulotte maintiendra les mêmes mesures préventives qui s’adapteront au calendrier des recommandations sanitaires. Cela est rendu d’autant plus agile et flexible que l’industriel a privilégié dès le début de la crise le dialogue social pour adapter les conditions de travail.  A l’instar de la majorité des sociétés dans le monde, Haulotte est dans l’obligation de composer avec cet évènement macroéconomique inédit. Difficile dans ces conditions d’établir toutes prévisions pour l’année.  Au-delà des transformations visibles mises en place avec un nouvel agencement, de nouveaux flux de circulation, une « accessoirisation » des différents espaces chez Yanmar, le principal défi reste la transformation comportementale de l’ensemble des employés et le respect des gestes barrières. L’apprentissage de ces nouveaux comportements va prendre plusieurs semaines. Aussi, l’industriel compte sur l’investissement et la vigilance de l’ensemble des managers pour y parvenir le plus rapidement possible. Si les délais de livraisons sont variables en fonction des modèles, comme c’était le cas avant la crise sanitaire qui n’a pas eu d’impact dans ce domaine, la filiale du groupe japonais prévoit à ce jour une baisse d’environ 20% par rapport à 2019.

J-N.O

Photo : Les postes de travail de l’usine de Yanmar Construction Equipment Europe, implantée à Saint-Dizier ont été réaménagés afin de respecter les préconisations destinées à assurer la sécurité sanitaire des personnels.