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Bétonnières autoportées – L’effet rattrapage profite aux malaxeurs de 8 m3 et plus encore de 9m3 de capacité

26 juillet 2017
<span>Bétonnières autoportées</span> – L’effet rattrapage profite aux malaxeurs de 8 m3 et plus encore de 9m3 de capacité

En berne, à l’image de la filière « Béton » depuis plusieurs années, les ventes de bétonnières autoportées sont à nouveau orientées à la hausse. Une demande   qui intervient après une période de sous-investissements de la part des exploitants qui privilégient les modèles de grandes capacités.

Pascal Guillot, directeur général adjoint (GT Location) : « Nous avons développé des applicatifs télématiques spécifiques au béton. »

Avec quelque 170 malaxeurs autoportés en parc, l’activité Béton pèse environ 20% du chiffre d’affaires de GT Location. La société spécialisée dans la location de véhicules industriels avec opérateur est un intervenant de référence dans ce secteur où elle développe une offre adaptée à la conjoncture et aux besoins des clients qui regagnent en visibilité.

Présent chez les principaux fournisseurs de BPE mais aussi chez les indépendants, GT Location intervient avec une flotte de malaxeurs de 9 m3 Liebherr et Schwing Stetter (respectivement 2/3 et 1/3) sur porteur 8×4 MAN (à hauteur de 80%), Renault Trucks et Volvo Trucks se partageant le solde.  Tous sont livrés dans des plages de puissance s’étageant de 380  à 460 cv.

« Le transport du béton est l’un des métiers historiques de GT Location », rappelle Pascal Guillot, Directeur général adjoint (GT Location), « après avoir subi la forte baisse d’activité que la filière a connu au cours de ces 5 dernières années, nous accompagnons avec prudence la reprise en volume amorcée au cours de l’année dernière, sans objectif de croissance ». Le montant des investissements  et les retournements de conjoncture sont deux facteurs qui freinent le prestataire.

Ses critères d’achats tendent à privilégier la fiabilité des malaxeurs et des porteurs, considérant les conséquences d’une panne ou d’un arrêt. Cela d’autant que le recours croissant à des bétons lourds, fibrés ou à hautes performances sollicitent davantage les mécanismes d’entraînement.

« L’une des principales difficultés est de répondre à la tendance qui va de plus en plus vers des malaxeurs allégés sans pour autant compromettre la durée de vie de nos matériels », indique  Romuald Chemin, Directeur Technique (GT Location), « nous tangentons la demande en malaxeurs avec une capacité de 8 m3 de béton, qui concentre actuellement la demande de nos clients ». Une configuration en perte de vitesse au cours des dernières années, faute d’activité, qui retrouve toute sa pertinence économique sur des porteurs de 32 t. Si le critère poids (à vide et total à charge) a son importance, la facilité d’utilisation et d’entretien est également prise en considération. « Nous veillons à simplifier le travail de nos chauffeurs », souligne Romuald Chemin, « la capacité en eau et la facilité de nettoyage sont également déterminants dans nos choix ».

Sécurité optimisée

Romuald Chemin, Directeur Technique (GT Location) : « Avec le marché qui se tend à nouveau, la demande tend vers des malaxeurs de 8 m3. »

Dans le cahier des charges de GT Location, les doubles commandes sont systématisées. Autre exigences, l’implantation de barrières supplémentaires pour sécuriser le cheminement du chauffeur en partie haute du malaxeur, ainsi que l’ajout de main courante et de protections supplémentaires. « Notre expérience nous prouve que l’accidentologie sur ce type d’équipement se produit sur des interventions routinières », rapporte Romuald Chemin, « les compétences acquises par le garage central de GT Location, Stavi Aquitaine, dans ce métier, permet d’apporter des solutions adaptées à l’utilisation quotidienne de ces véhicules ».

Les solutions prêtes à l’emploi, consistant à monter en usine le malaxeur sur le porteur, gage d’un montage de qualité et d’un délai optimisé, présentent leur intérêt même si, compte tenu des spécifications demandées une intervention ultérieure est nécessaire, ont la faveur du loueur. « Quand le marché redémarre et que les délais de livraison s’allongent c’est une alternative intéressante », reconnait Romuald Chemin, « c’est surtout au niveau de la disponibilité des châssis chez les carrossiers que l’on peut gagner sur les délais ».

Signe de recouvrement de la filière, le loueur a également réinvesti dans les tapis convoyeurs cette année, dans le cadre de la quarantaine de véhicules budgétisés en 2017. « Nous renouvelons notre flotte pour limiter les effets du vieillissement d’un parc dimensionné avant les années difficiles », ajoute Pascal Guillot, « la durée de vie moyenne d’un malaxeur étant de 8 ans, le risque est de s’exposer à des remises en étant coûteuses ».

Certaines expériences avec des malaxeurs très allégés ont laissées quelques mauvais souvenirs. « Le gain de poids se fait nécessairement au détriment de la durabilité », confirme Romuald Chemin, « aujourd’hui, nous ne voulons pas aller dans cette direction ».Idem pour le reconditionnement des malaxeurs.

Logistique optimisée

Pionnier dans le déploiement d’outils télématiques dans sa flotte de VI, GT Location a également développé son propre applicatif métier pour le transport du béton. Une prestation délivrée, dans une grande majorité des cas, en milieu urbain et périurbain, qui commande un suivi de l’activité en temps réel grâce à un « zoning » élaboré. « La traçabilité de chacun des VI est une fonction de base de l’applicatif.

« Nous sommes en phase de test sur une plateforme de la Défense, dans le cadre d’un chantier qui ne peut accepter qu’un seul malaxeur à la fois », informe Pascal Guillot, « le défi réside dans notre capacité à cadencer, quasiment à la minute près, le départ depuis la centrale jusqu’au lieu de livraison du malaxeur autoporté, ce pilotage en temps réel est une illustration de notre savoir-faire spécifique ». Autre contrainte inhérente au cadre d’intervention, la motorisation.

Sur ce point, le loueur qui se dit « en veille technique », réfléchit à une alternative au GNV, même si les solutions existantes dans les puissances requises (400 cv) ne sont pas adaptées aux porteurs 8×4 et ne délivrent pas un couple suffisant. « Les tests réalisés avec les malaxeurs électriques ne nous ont pas convaincus », rapporte Romuald Chemin, « compte tenu du niveau actuel de rentabilité de la filière, nous attendrons encore quelques temps ».

Euro 6 et ses conséquences

Depuis début 2014, la norme EURO 6 détermine de nouvelles limites d’émissions d’oxydes d’azote et de particules de suie pour les camions. Pour respecter ces limites, des composants supplémentaires dans le système de purification des gaz d’échappement ainsi que d’autres modifications sont nécessaires. Ces changements entraînent une augmentation de poids au niveau du véhicule pouvant atteindre jusqu’à 300 kg suivant les versions et les constructeurs, et donc une perte de charge utile équivalente.

En respectant le PTAC de 32 tonnes, cela représente une perte de volume de béton transportable de 0.5m3. Cette perte de capacité équivaut à un coût annuel par véhicule à quatre chiffres. Le camion léger (Light Line) ainsi configuré transporterait alors autant de béton que la version standard (Basic Line) équivalente pour un coût supérieur.

Afin que les coûts d’investissement supérieurs pour un châssis EURO 6 ne soient pas associés à une perte de productivité, Stetter a modifié la structure de ses malaxeurs 8 / 9 m3 de la Light Line, déjà connus pour leur légèreté, afin d’optimiser à nouveau leur poids. Tous les composants de la structure du malaxeur Light Line ont été étudiés pendant des mois.

La modification des pièces devait respecter deux conditions essentielles : assurer la même durée de vie du malaxeur et maintenir, dans la mesure du possible, le prix. Outre la structure de la bétonnière, les pièces correspondantes ont, elles aussi, été modifiées suivant la problématique du poids : barre anti-encastrement arrière, garde-boue en aluminium, goulottes rallongées en plastique.

Le résultat de ce développement intensif est la nouvelle structure de malaxeur UltraEco encore optimisée en termes de poids, compensant ainsi intégralement la charge supplémentaire d’un châssis EURO 6. La version de base de l’UltraEco (sans option de gain de poids supplémentaire) pèse à vide seulement 3250kg. Associée à un châssis EURO 6 au poids également optimisé, elle permet de transporter 8m3 de béton en toute sécurité. Euro 6 fait donc baisser uniquement les émissions, la productivité reste la même.

D’autres options de gain de poids sont proposées : des réservoirs à eau et une échelle en aluminium, permettant de réduire encore plus la charge de la structure de la version de base de l’Ultra Eco.

Le bilan suivant décompose son poids de service avec un exemple concret de matériel client, sachant que la structure de bétonnière sur camion présentée comporte des options supplémentaires choisies par le client, modifiant le poids de l’ensemble :

  • 9,24 t pour le châssis avec outillage de bord,
  • 3,29 t pour la structure de la bétonnière sur le porteur,
  • 300 l de carburant auxquels s’ajoutent 35 l de AdBlue,
  • 300 l d’eau,
  • 80 kg, qui est considéré comme le poids moyen d’un opérateur,
  • 13,19 t de poids de service total, à rapprocher de la charge utile (18,8 t) et d’un chargement de béton (2,25 t/m3), soit 18,8 t pour 8 m3.

Chez Stetter, l’utilisation de l’entraînement de bétonnière CML ZF Ecomix II permet de gagner près d’un quart du poids des entraînements de malaxeurs traditionnels, avantage amplifié par le recours à des paliers en élastomères robustes et de capacité accrue qui présentent de meilleures performances en tout terrain.

De même, Stetter a recours à une fabrication en acier durci hautement résistant à l’usure (400 HB pour les parois de cuve, 500 HB pour les spirales de malaxage comme pour les protections des bords de spirales avec soudage en bouchon pour éviter une usure prématurée). C’est donc l’intégralité du cadre de la structure de la bétonnière qui est optimisée.

J-N.O

Photo : Acquis en pleine propriété, le loueur gère la deuxième vie des véhicules qui sont, pour l’essentiel, exportés.

Putzmeister : structure allégée

Pour accompagner l’évolution de la demande, l’industriel propose des maxaleurs autoportés de 9 m3 en versions allégée voire super-allégée. Le rebond du marché, quasi général en Europe, a des conséquences sur les délais de livraisons chez le carrossier comme chez le fournisseur du porteur. Cela d’autant plus qu’aux côtés des versions standard, avec simple commande mécanique, le fabricant propose un version avec double commande (arrière et en cabine) et une palette d’option pour accroître la sécurité passive et dynamique des configurations.

Chiffres clés

+62% : évolution des ventes en 2016

+48% : évolution des ventes sur quatre derniers trimestres cumulés

+43% : évolution des ventes au premier trimestre 2017

308 unités : nombre de ventes au premier trimestre 2017