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Ce que l’on sait de l’accident

A la une – Pont Morandien
Ce que l’on sait de l’accident

3 septembre 2018
<span>A la une</span> – Pont Morandien<br>Ce que l’on sait de l’accident

Le 14 août dernier à Gênes, un pont autoroutier à deux fois deux voies de circulation surplombant une zone industrielle, des habitations, des voies de chemin de fer et une rivière s’est effondré.

L’ouvrage est situé sur l’autoroute A 10, exploitée par Autrostade per Italia, filiale du groupe Atlantia. Une section de 250 m de long a été précipitée dans le vide après que le troisième pylône se soit effondré . Depuis sa mise en service en 1967, après 4 années de travaux, le viaduc est l’objet de craintes pour sa vétusté précoce. Aussi une surveillance régulière était-elle assurée depuis longtemps. Dans les années 1980 et 1990, des câbles avaient été rajoutés pour renforcer la structure de l’ouvrage. Des problèmes de fissures et de dégradation du béton avaient été également traités. Depuis deux ans, des travaux de renforcement avaient été réalisés sur le viaduc qui a supporté 28 millions de véhicules en 2017, contre 6 millions à sa mise en service et qui chaque jour, était emprunté pat plus de 5 000 PL.

Complexité technique

Le pont Morandi permet le franchissement du Val Polcevera, entre les quartiers Samperdarena et Cornigliano. D’une longueur totale de 1 102,5 m, est formé de deux parties distinctes :

-un viaduc constitué d’un tablier à poutres en béton armé de 484,3 m de longueur (décomposé en une section de 43 m, 5 sections de 73,2 m, et une section de 75,3 m) s’appuyant sur des piles de types chevalets. Chaque chevalet est constitué de deux pieds inclinés reliés en tête par un chevêtre en encorbellement de longueur variable. Chaque appui repose sur une semelle constituée d’un ensemble de pieux de 110 cm de diamètre et de longueur variable allant jusqu’à 48 mètres.[]

-un viaduc multi-haubané de 618,1 m de longueur, constitué de quatre travées supportées par trois pylônes portant chacun deux paires de haubans. Les portées de chacune des travées sont respectivement, de l’ouest vers l’est et mesurées entre axes de chaque pile, de 142,6 m, 207,9 m, 202,5 m et 65,10 m.

Concept « posé et suspendu »

La conception originelle du viaduc à haubans est mise en cause en raison de son dimensionnement.

La principale caractéristique de l’ouvrage réside dans le nombre de haubans et dans leur nature. Le pont ne compte que 2 haubans par travée. Ils sont construits en béton précontraints. Innovants lors de la construction du pont, ces haubans en béton précontraints sont constitués de câbles en acier noyés dans une poutre en béton. Le matériau qui recouvre les câbles est comprimé après solidification avec pour effet d’accroître la résistance à la traction et à la flexion.  De fait, quand l’acier des câbles se corrode, le diagnostic est plus délicat. L’architecte italien est l’inventeur d’une typologie de pont suspendu sans équivalent, qui se caractérise par l’harmonie de l’ouvrage et sa qualité esthétique : l’ouvrage est à la fois « posé  et suspendu ». Il en résulte une moindre robustesse. Conçu avec des travées indépendantes, la structure porteuse de la chaussée n’est donc pas monobloc. Elle est constituée de segments discontinus, qui se rejoignent au niveau des pylônes. La stabilité de la structure est assurée en quand tous les segments sont en place. Si un hauban vient à rompre, l’ensemble est déséquilibré. Cela explique que les tabliers continus soient plus robustes, leur poids pouvant être redistribués le long des autres points d’attache avec  le pont.

J-N.O