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Vols de matériel – Des solutions anti-effraction efficaces pour les chantiers

3 juin 2016
<span>Vols de matériel</span> – Des solutions anti-effraction efficaces pour les chantiers

Contrôle d’accès et traçage des engins, gardiennage et surveillance électronique des aires de travaux… Dans l’ensemble, les professionnels s’accordent sur l’efficacité des systèmes de protection des matériels et des solutions anti-intrusion pour les chantiers. Les spécialistes des dispositifs de surveillance, par exemple, insistent sur la supériorité de l’électronique sur l’homme, même si les deux sont complémentaires. En période difficile, les entreprises de travaux publics peuvent estimer que le coût des dispositifs de surveillance rabote aussi leurs marges. Mais elles savent aussi que ne rien faire est souvent assez coûteux.

Pour le P-DG d’Excellium, Servan Lépine, la surveillance des chantiers renvoie à une problématique majeure : les spécialistes interviennent fréquemment « dans des environnements précaires dépourvus sécurité mécanique, avec des accès libres et non surveillés. » Marc Botella, directeur associé d’Absys, ne dit guère autre chose. Sa société doit protéger le plus souvent « un site vaste et isolé, dépourvu de source d’énergie et de moyens de communication. » Pour Jean-Christophe Chwat, président du groupe VPSitex-Prodomo, filiale du fonds d’investissement Pai spécialisée dans la protection de locaux, de chantiers et d’échafaudages, l’équation comporte trois constantes : la taille du l’aire de travaux, son éloignement des zones d’habitat, l’absence d’alimentation électrique ou le besoin d’autonomie, les limites du budget que l’entreprise lui consacre pour la sécuriser.

20151207_094206MobitixLe vol doit s’appréhender du périmètre le plus large – celui du chantier – au plus proche – celui de l’engin -, estiment Didier Gangloff et Yves Cabane, responsable du département « Dommages » et chef de projet de SMA BTP. Au plus proche, les boîtiers de monitoring installé en série ou en deuxième monte sur les engins offrent une première protection, avec la possibilité de les localiser. Les systèmes spécifiques de géolocalisation et de traçage d’engins sont efficaces mais non inviolables, notamment lorsqu’il s’agit de vols de commande, mais ils permettent souvent de retrouver les engins après-coup, expliquent les deux experts. En tout état de cause, ils leur paraissent plus efficaces que les dispositifs de coupure de l’alimentation électrique. GPS, puce RFID ou traceur : l’idéal est d’embarquer au moins deux de ces balises, selon la valeur du matériel à protéger et le niveau de sécurisation du chantier, recommande l’assureur.

Etablir un plan de prévention

ExcelliumAu plus large, la sécurisation des chantiers passent par un plan d’ensemble qui commence par des mesures de bon sens. Ainsi, les vols ont surtout lieu la nuit et le week-end. Mieux vaut éviter de faire le plein la veille au soir ou de placer ses engins sur des porte-chars. Marc Vernet, président du directoire de Traqueur, conseille de commencer par dresser un inventaire des risques puis d’élaborer un programme de prévention. Pour SMA BTP, la configuration idéale associe une protection périmétrique avec contrôle d’accès et détection d’intrusion asservie à un système d’éclairage au niveau des barrières, ainsi qu’un système de télésurveillance en lien avec une société de gardiennage. Sur le principe, le temps d’arriver au matériel, de le démarrer ou de l’enlever doit rester supérieur à celui qui est nécessaire pour donner l’alarme et intervenir sur le chantier.

Chargée de la sécurité du chantier de la LGV Tours-Bordeaux (surveillance des locaux, des zones de stockage…), Excellium a installé un millier de caméras de vidéo-surveillance autonome en énergie et en télécommunication sur le linéaire. Des antennes satellite ont même été déployées dans certaines zones pour assurer la continuité des communications. Le dispositif est associé à un système de détection de présence par analyse d’images avec télé-interpellation à distance. Servan Lépine insiste sur le caractère dissuasif de ce type de dispositif et sur l’efficacité de la chaîne de sécurité. Les sociétés de sécurité réagissent dès le déclanchement de l’alarme et vérifient sa pertinence et en quelques minutes. Dans 95 % des cas, il s’agit d’une fausse alerte qu’il importe d’identifier comme telle avant de faire appel aux forces de l’ordre.

Géolocaliser et tracer des engins

tour_jcb-smart-tower_hdDans le passé, les entreprises n’avaient guère d’autres solutions que de faire surveiller leurs chantiers par des agents de sécurité pour dissuader les tentatives de vol ou de pénétration. Depuis un moment déjà, l’électronique est mise à contribution pour surveiller les matériels et les environnements précaires, observe le patron d’Excellium. Côté matériels, différentes techniques se disputent le marché. Alimentés par une batterie ou par l’engin, les traceurs assurent un suivi dans l’espace et le temps. Relativement onéreux, ils sont plutôt réservés, selon lui, à la protection des matériels de valeur. Leur champ d’action peut être borné par les limites du réseau GSM auquel il se connecte mais les cartes SIM multi-opérateur leur permettent de basculer d’un réseau à l’autre pour assurer la continuité.

Embarqués sur de petits équipements (câble de grue…) comme sur des machines, les nano-traceurs assurent un suivi automatique en 3D sur leur zone de couverture. Alimentées par une batterie, les puces RFID se collent sur les engins, le matériel portatif ou les armatures à béton, elles donnent l’alerte lorsqu’ils quittent un périmètre défini. Les objets connectés sur basse fréquence peuvent fournir quant eux un relevé en temps réel des déplacements sur une plage horaire donnée. Avec les marqueurs biomoléculaires, une substance invisible permet d’identifier le matériel et son propriétaire lors des saisies postérieures au vol.

Contrôler les accès, détecter les intrusions

pelle ondes - CopieCôté chantiers, les solutions d’analyse du risque en temps réel s’imposent. Les technologies associent détection de mouvement, géolocalisation avec autonomie électrique et communication hertzienne. Sur le principe, il s’agit « de combiner des moyens technologiques dynamiques, adaptée aux objectifs, aux risques et aux circonstances » ainsi qu’aux ressources de l’entreprise, analyse le patron d’Excellium, en insistant sur la nécessité d’associer les prestataires de services au pilotage du chantier pour adapter les solutions à ses différentes phases et à ses problématiques de sécurité ou de budget. « Nous pouvons utiliser des technologies très diversifiées, tout est dans l’assemblage », confirme Marc Botella, directeur associé d’Absys. Spécialisée dans les infrastructures de réseau, la vidéo-surveillance et les services associés, cette société biterroise a mis au point pour la SNCF un système de suivi de l’évolution de chantiers isolés et dépourvus d’énergie et de moyens de communication sur lequel peuvent se connecter 200 ou 300 personnes. Elle s’est diversifiée dans la sécurisation de chantiers de travaux publics à la demande d’une grande entreprise régionale qui souhaitait prévenir les intrusions sur ses aires de travaux, les vols de matériaux ou de matériels.

Absys y a installé un système de vidéo-surveillance qui s’appuie sur des caméras (économes en énergie) qui offrent un angle de vision panoramique et une bonne définition des images. Ce système est relié à un dispositif d’auto-interpellation par diffusion d’un message préenregistré. Un moyen très dissuasif, assure Marc Botella. L’ensemble est relié à un télé-surveilleur chargé de vérifier la réalité de l’alerte, d’interpeller les intrus et de prévenir les forces de police. Couvrant les endroits les plus sensibles – entrées/sortie, zones de passage et de stockage de matériel…- de l’aire de travaux, les dispositifs de détection de mouvement doivent être capable de distinguer un homme d’un animal, d’une plante ou d’un nuage pour que le vigile puisse lever le doute et donner l’alerte.

Un personnel bien formé

La tendance historique est au gardiennage ou aux rondes avec maîtres-chiens, rappelle lui aussi Jean-Christophe Chwat. « Un empilage de ressources humaines souvent mal formées qui ne règle absolument pas le sujet de l’insécurité, estime le patron de VPSitex-Prodomo. Ce qui fonctionne, ajoute-t-il, c’est d’abord une protection physique périmétrique et une protection électronique par alarme et vidéo-protection de bon niveau puis ensuite des hommes et des femmes mieux formés et mieux payés pour piloter ces équipements. » L’entreprise a développée avec le constructeur britannique JCB une tour de vidéosurveillance autonome. Vingt-deux d’entre elles sont déjà en service en France.

Autonome en énergie, cette tour roulante est équipée d’un mât de 9 m qui porte des équipements de sécurité (caméras thermiques, infra-rouges…) connectés à des détecteurs périmétriques et à une centrale vidéosurveillance. Couvrant jour et nuit une zone d’un millier de mètres, elle se place aux endroits stratégiques : entrées et sortie, aires de stockage de matériaux et de matériels. Sur les sites isolés et sans accès à l’électricité, les solutions de vidéo mobile autonomes seront « la pierre angulaire de la protection des chantiers de travaux publics dans les mois et les années à venir », augure Jean-Christophe Chwat. Pour lui, une protection périmétrique (bardage), un contrôle d’accès physique et électronique forment une barrière efficace s’ils sont couplés à un système de surveillance vidéo et d’alarme mais aussi à des protections vidéo des endroits stratégiques, comme les bases vies ou les plateaux de stockage de matériaux et de machines les plus recherchés et les plus coûteux.

J.D

 

Une machine sur deux non assurée

SMA BTP assure le chantier pour tous les risques et le matériel en tous lieux, à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise. L’assurance vol est proposée en option dans le contrat bris de machine, événements naturels, incendie. Une machine vendue sur deux n’est pas assurée contre ce risque, soulignent les deux spécialistes. Les petites machines, parce que leur valeur ne le permette pas ; les plus importantes et celles qui sont âgées de plus de cinq ans, parce que le coût de l’assurance en excéderait là aussi la valeur. Pour celles qui ont moins de cinq ans et en particulier, pour les plus convoitées, l’entreprise à tout intérêt à souscrire la garantie vol dans son contrat bris de machine. En comparaison de la valeur du matériel, estime l’assureur, le coût n’en est pas exorbitant. La prime représente 7 à 800 euros par an en moyenne pour un engin de 30 000 euros. Autre éléments à prendre en compte : le vol représente 30 à 40 % des évènements assurés. Si l’entreprise n’est pas assurée, c’est une perte sèche. Dans le cas contraire, elle sera remboursée de la valeur d’achat ou de la valeur vénale de son matériel.

 

Vols d’opportunité et de commandes

Il est assez difficile d’établir une typologie des voleurs, explique Servan Lépine, P-DG d’Excellium. Ceux-ci se recrutent dans toutes les tranches d’âge et dans tous les milieux sociaux. Comme Didier Gangloff et Yves Cabane, de SMA BTP, il distingue le vol d’opportunité – le bricoleur du dimanche ou le promeneur du week-end, le salarié ou l’intérimaire qui dérobent du matériel pour son propre usage – du vol caractérisé – la bande organisée qui jette son dévolu sur une marque et un modèle particulier. Marc Vernet, président du directoire de Traqueur, distingue lui aussi les vols d’opportunité, qui touche, selon lui, plutôt le matériel compact d’utilisation courante (mini-pelles, compresseurs, groupes électrogènes, mâts d’éclairage, BRH…), des vols de commandes, qui concerne plutôt les machines (rouleaux compresseurs, pelles…). La plupart des engins volés, explique-t-il, sont retrouvés dans un rayon de 100 km autour du chantier. A chaque type de voleur correspond un type de matériel volé et un type de protection, graduée en fonction du risque, résument Didier Gangloff et Yves Cabane de SMA BTP. Une palissade dissuadera le voleur du dimanche, la vidéosurveillance pourra décourager une bande organisée.

 

Des solutions plus accessibles

Les prestations de gardiennage de nuit ou de fin de semaines sont assez onéreuses, avec un impact sur la rentabilité du chantier plus ou moins significatif, en fonction de la nature et de l’importance du préjudice subi, estime Servan Lépine, P-DG d’Excellium. Pour Jean-Christophe Chwatt président du groupe VPSitex-Prodomo, une chose est sûre : « L’électronique est plus efficace que le tout-humain », lequel présente« le défaut d’empiler les coûts pour une efficacité discutable. » Selon lui, « les solutions mixtes » (humain-électronique) sont cinq, voir sept ou huit fois moins chères que les formules de gardiennage. Dissuasifs à l’intérieur comme à l’extérieur du chantier, les nouveaux moyens de surveillance sont plus accessibles au plan financier, lui fait écho le patron d’Excellium. Chaque chantier est un cas particulier qui nécessite une étude spécifique, complète Marc Botella, directeur associé d’Absys. Précision, le devis évolue en fonction des difficultés rencontrées sur le site à protéger, au niveau des communications notamment.