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Voiries urbaines – Mieux coordonner les interventions sur réseaux

4 novembre 2016
<span>Voiries urbaines</span> – Mieux coordonner les interventions sur réseaux

Une gestion plus harmonieuse des interventions sur réseaux apparait nécessaire pour préserver la voirie. La qualité de ces interventions conditionne la perception et l’acceptation des chantiers par les riverains et des élus locaux. C’est la principale conclusion des experts qui se sont intéressés à la question du patrimoine urbain dans le cadre du projet Furet*.

capture-reseau-recaLancé en 2009 par des donneurs d’ordres et des entreprises pour définir des pistes d’action et identifier des leviers qui permettent de modifier la perception des chantiers urbains, le projet Furet a fait figurer l’amélioration de la connaissance du sous-sol et les conditions de réalisation des travaux sur réseaux parmi ses grands thèmes de réflexion. Si les rues se sont ouvertes aux circulations douces (marche, vélo…), elles sont encore largement exposées à l’agressivité du trafic routier. Elles accueillent de nouveaux services (containers, circuits de collecte de déchets souterrains…) et des évènements de nature variée, commerciale, sportive, culturelle ou touristique. Sous le bitume, les gestionnaires de réseaux enfouissent toutes sortent de conduites, eau, électricité, gaz ou télécommunication. Depuis le début du siècle précédent, la gestion de l’espace urbain s’est complexifiée et le substrat souterrain s’est largement artificialisé, constate Guy Beurrier, consultant et chargé de mission à l’AITF.

La voirie est un patrimoine toujours plus « sollicité » et « menacé. » Quatre millions de kilomètres de réseaux y sont enterrés et plusieurs millions de chantiers y sont menés tous les ans, 15 000 à Paris, 12 000 à Lille. Dans ce contexte, le projet Furet s’est préoccupé de cartographier les risques, de recenser les outils de connaissance du sous-sol les plus innovants (SIG, plans de recollement…) et les méthodes d’intervention les moins destructives. Les poseurs de réseaux et leurs chirurgiens peuvent avoir la main lourde. Lille s’est penché sur les chantiers de rénovation dans trente trois de ses rues. L’enquête a révélé de nombreuses malfaçons (matériaux inappropriés, défaut de compactage ou d’épaisseur du revêtement…) et souvent, la nécessité d’une ré-intervention, totale ou partielle. Une tranchée mal refaite réduit sensiblement la durée de vie de l’infrastructure. C’est pourquoi les experts suggèrent de retarder le moment d’entamer le bitume puis de réaliser des réfections de qualité sur la base d’un référentiel d’intervention commun.

Vers un règlement national de voirie

Problème, les départements, les communautés urbaines, d’agglomérations, de communes et les villes élaborent chacun leurs propres règlements de voirie, explique Philippe Caillaux, de la Métropole européenne de Lille et membre de l’AITF. Une multiplicité qui débouche sur des prescriptions techniques et des méthodes d’intervention très hétérogènes. Un règlement de voirie national permettrait d’harmoniser les modes opératoires et les pratiques, de sécuriser les interventions au plan juridique ou d’éviter les contestations multiples, plaide Philippe Caillaux.

Un groupe de travail national s’est constitué pour élaborer cet « outil de préservation de la voirie et de coordination de la gestion des interventions en sous-sol ». Le document préparatoire prévoit de porter le délai de première intervention de trois à cinq ans, de confirmer le pouvoir d’intervention du DPR (Domaine public routier) et de préciser les responsabilités des acteurs, gestionnaires de voirie, de réseaux, maîtres d’œuvre, entreprises… Il prévoit aussi de prendre en compte les usages annexes de la voirie, d’uniformiser la profondeur des ouvrages enterrés, de favoriser l’utilisation de matériaux recyclés et de techniques novatrices ou encore, de spécifier les mesures de sécurité liées à l’organisation des chantiers. Ses annexes insistent sur les conditions d’implantation des tranchées sur les différents espaces de voirie, les méthodes de compactage et de réfection des revêtements, de contrôle et de mesure de la qualité des travaux.

*Furtivité urbaine réseaux et travaux.

J.D

 

Chiffres clés

666 000 km de voies communales

380 0000 km de voies départementales

1 750 milliards d’euros en valeur, ouvrages d’art compris

4 millions de km de réseau sous voirie urbaine

5 à 10 millions de chantiers par an avec DICT