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Travaux publics – Travail détaché : l’industrie du béton interpelle les pouvoirs publics

10 janvier 2017
<span>Travaux publics</span> – Travail détaché : l’industrie du béton interpelle les pouvoirs publics

La baisse d’activité enregistrée par les entreprises de l’industrie du béton depuis 2008 se conjugue aux conséquences de l’utilisation de la main d’œuvre détachée sur les chantiers pour amoindrir leur compétitivité, constate la Fédération de l’industrie du béton (FIB). Celle-ci demande aux pouvoirs publics d’intensifier les contrôles sur les aires de travaux et de vérifier les offres « anormalement basses » dans les marchés publics.

En neuf ans, les entreprises de la filière ont perdu 30 % de chiffre d’affaires en moyenne, évalue la FIB. « À cette baisse d’activité, se sont greffées les conséquences de l’utilisation de la main d’œuvre détachée sur les chantiers », analyse l’organisation professionnelle, qui observe que le nombre de travailleurs détachés a été multiplié par dix en dix ans, dont une majorité dans la construction. « Selon la Commission européenne, près de 2 millions de salariés étaient dans une situation de travailleurs détachés, soit une progression de près de 50 % entre 2010 et 2014 », explique la Fib. Qui ajoute : « Selon des données provisoires transmises à la Commission nationale de lutte contre le travail illégal publiées en mai dernier, ils sont 286 025 à avoir été déclarés à l’administration française en 2015, soit une progression de 25 % par rapport à l’année précédente, dont la majeure partie employée dans le secteur de la construction. Ils étaient 26 466 en 2005, soit dix fois moins ! »

Multiplier les contrôles

Les conséquences de l’utilisation de la main d’œuvre détachée sont multiples. L’organisation professionnelle rappelle « qu’elle concerne très souvent des emplois peu qualifiés, catégorie où il est le plus difficile de créer de l’emploi en France aujourd’hui. » Elle estime également « qu’elle a aggravé la perte d’emplois pendant la crise du secteur du BTP et fait que le rebond actuel de l’activité ne se traduit pas par une augmentation des recrutements, qu’elle met en difficulté, voire fait disparaître, des petites et moyennes entreprises et des artisans travaillant souvent en sous-traitance sur les tâches qui leur ont été confiées. » La FIB estime encore « qu’elle impacte le choix entre les systèmes constructifs et affecte l’innovation, la qualité et la sécurité, qu’elle fait disparaître des savoir-faire maîtrisés par des salariés locaux, qu’elle augmente le risque d’accidents sur les chantiers… » Pour préserver la compétitivité des entreprises et leur savoir-faire, l’industrie du béton formule quatre propositions à l’attention des pouvoirs publics. Des pouvoirs publics qui ne sont pas restés inactifs, admet la FIB, en citant Clotilde Valter, secrétaire d’État chargée de la Formation professionnelle : « Depuis juillet 2015, plus de 840 amendes administratives ont été distribués et depuis début 2016, plus de 30 chantiers ont été arrêtés. » Parmi ces propositions : effectuer des contrôles plus fréquents sur les chantiers et vérifier systématiquement les offres qui présentent des niveaux de prix « anormalement bas » lors de l’attribution des marchés publics.

J.D

 Quatre propositions

. Faire respecter les règles sociales nationales en Europe : niveau de rémunération, de charges sociales, salariales et patronales, horaires de travail et repos hebdomadaires, sécurité au travail ;

. Effectuer des contrôles plus fréquents sur les chantiers : formalités, conditions de travail et de sécurité, amplitudes des horaires, nombre hebdomadaire de jours ouvrés ;

. Vérifier systématiquement les offres qui présentent des niveaux de prix « anormalement bas » lors de l’attribution des marchés publics en fondant les estimations sur des prix de revient respectueux modèle socio-économique français (marge minimale…) ;

. Spécifier avec précision les besoins et les prestations techniques qui font l’objet du marché dans les CCTP (Cahiers des clauses techniques particulières) ou dans des documents citant les normes produits.

 

Chiffres clés

550 entreprises

18 000 salariés

2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires

19 t de produits en béton