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Travaux publics – Présidentielle 2017 : quel scénario d’activité pour le secteur ?

18 novembre 2016
<span>Travaux publics</span> – Présidentielle 2017 : quel scénario d’activité pour le secteur ?

Les choix de politique économique ne sont pas neutres pour la profession. De même, les choix en matière d’infrastructures qui seront décidés en mai prochain, auront des conséquences pour le pays. Afin d’éclairer les entreprises soucieuses de visibilité, et pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle, la Fédération Nationale des Travaux Publics s’est livrée à un exercice de prospective. Décryptage.

Bruno Cavagné, président de la FNTP : « J’attends des candidats à la primaire de la droite et du centre une approche de la dépense publique qui distingue dépense de fonctionnement et dépense d’investissement. A une dépense publique ou une réduction de dépense publique doivent correspondre une vision de politique économique. »

Bruno Cavagné, président de la FNTP : « J’attends des candidats à la primaire de la droite et du centre une approche de la dépense publique qui distingue dépense de fonctionnement et dépense d’investissement. A une dépense publique ou une réduction de dépense publique doivent correspondre une vision de politique économique. »

Il y a urgence. Les entreprises de TP évoluent dans un contexte économique complexe, caractérisé par l’absence de visibilité : si l’année 2016 devrait traduire une progression de l’activité de 3%, les appels d’offres publics TP, reflet de la tendance pour les prochains mois,  restent en baisse de -0,3% sur 12 mois. L’incertitude qui prévaut, est le résultat du niveau faible d’activité et de cette absence de perspective. Conséquence ? Les entreprises, qui utilisent l’intérim pour répondre au surcroît de commandes, continuent à pratiquer des prix très insuffisants pour rétablir leurs marges, en voulant absolument remplir leur carnet de commandes. Pour la FNTP, c’est la faute à une puissance publique sans vision et qui ne mesure pas que les travaux qui ne sont pas faits aujourd’hui coûteront plus chers demain car les infrastructures se seront dangereusement dégradées. Sans oublier que les projets qui n’auront pas été lancés aujourd’hui sont autant d’impréparation du pays à ses besoins futurs. Le prochain Président de la République sera confrontés à ces enjeux et devra trancher.

Conjectures noires

Selon les orientations, deux scenarii se profilent. Le premier,  est le scénario noir, c’est celui de la désagrégation du secteur, qui ne peut pas être écarté. La période récente nous a montré qu’en cas de baisse de la dépense publique sans discernement, l’ajustement se fait sur les dépenses d’investissement. Une nouvelle baisse généralisée des dotations aux collectivités locales aurait un impact redoutable sur leur capacité à investir.

Le scénario noir part donc de l’hypothèse d’une baisse des dépenses publiques de 100 MD€ sur le quinquennat, comme annoncées par certains candidats. La baisse de la dépense publique est bien sûr une nécessité mais toutes les dépenses ne se valent pas. Les conséquences sur l’économie française d’un nouveau repli de l’investissement public en infrastructures seraient dramatiques : poursuite de la détérioration de la qualité de nos infrastructures, incapacité à mener dans les délais les grands projets, du plan fibre au Grand Paris en passant par Seine Nord ou Lyon-Turin…

La conséquence sur les entreprises de Travaux Publics serait également dramatique : une récession continue qui aboutirait à faire descendre de 13% le chiffre d’affaires de la profession à moins de 33 milliards d’euros et à supprimer 35 000 emplois.

Projet d’investissement

L’autre scénario, est celui qui permettrait de réinvestir la France. Cela réclame avant tout une vision pour le quinquennat sur ce que doit être une politique d’infrastructures et d’attractivité des territoires. Sa réalisation implique que l’Etat se dote des moyens pour réaliser les projets qu’il a annoncé, avec un budget de l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport) en hausse progressive pour atteindre 2,8 Md€ en 2021 et des grands opérateurs dont l’investissement monte en puissance et accélère en fin de période (Grand Paris, grands projets européens, investissements des concessionnaires autoroutiers). Il sous-entend également que l’investissement des Collectivités locales soit favorisé de façon à ce que l’on puisse connaître un cycle électoral comparable aux précédents.

Son ambition est à relativiser, au regard du retard accumulé depuis 10 ans. De fait, il ne permettrait qu’un rattrapage partiel avec le lancement de projets nécessaires à la compétitivité, la cohésion et la transition écologique. Il permettrait de fait, d’atteindre en fin de quinquennat le niveau d’investissement nécessaire pour les infrastructures tels que définis dans les rapports MEDEF «Les infrastructures de réseaux au service de la croissance » et FNTP « Croissance verte : investir dans les infrastructures pour réussir la transition écologique » : un niveau d’investissement supérieur de 8 à 10 MD€ à ce qu’il est actuellement.

La FNTP souligne que ce scénario aboutirait à une croissance moyenne annuelle du secteur de 4% l’an sur la période. Il générerait 35 000 emplois supplémentaires dans les entreprises de Travaux Publics et 96 000 emplois dans l’ensemble de l’économie (source OFCE – novembre 2016). « Il est réalisable car s’appuie sur des propositions que nous avons rassemblées sous la bannière « réinvestissons la France », 12 propositions concrètes, formalisées juridiquement jusqu’aux textes législatifs et réglementaires nécessaires pour les mettre en œuvre », assure Bruno Cavagné, « deux grandes convictions soutiennent ces propositions, que sont la nécessité de créer une véritable gouvernance des infrastructures au niveau national, régional et financier et la réfonte d’une politique nationale d’infrastructures ».

J-N.O