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Travaux publics – José Ramos, président de la FRTP Île-de-France : « Nous prévoyons un maintien de l’activité en 2016 avant un redémarrage en 2017 »

28 septembre 2016
<span>Travaux publics</span> – José Ramos, président de la FRTP Île-de-France : « Nous prévoyons un maintien de l’activité en 2016 avant un redémarrage en 2017 »

img_1650Quel bilan d’activité pouvez-vous dresser au terme du premier semestre ?

Après deux années de baisse de l’activité, nous prévoyons un maintien de l’activité en 2016 avant un redémarrage en 2017. En euros constants, la contraction de l’activité en 2014 et 2015 est estimée à 15%.

Quelles sont les spécialités les mieux orientées ?

Au cours du premier semestre, trois spécialités sont dans le vert. Les canalisations enregistrent une augmentation des marchés de 8% en valeur, avec une baisse du nombre de lots (-16%). Les travaux fluviaux et maritimes bondissent de 106% avec un nombre de lots égal. Le Génie Civil progresse de 13% en valeur en dépit d’une baisse du nombre de lots de 7,1%. Dans le terrassement, les travaux routiers et les travaux électriques, la baisse est de 13% pour chaque métier. Le recul du nombre de lots est similaire. Dans les voies ferrées, la contraction est de 27% pour un nombre de lots égal. La baisse est prononcée dans les fondations spéciales avec une forte baisse d’activité (-64%) et un recul du nombre de lots (-45%). Source Baromètre Vecteur plus 2ème trimestre 2016.

Que représente le carnet de commandes ?

A fin juin le carnet de commandes moyen est de 7 mois, toutes spécialités confondues, dont 63% à consommer dans les 12 mois. A ce niveau, il enregistre une baisse par rapport au premier trimestre 2016. Hors génie civil, le carnet de commandes est de 4,7 mois pour le deuxième trimestre de l’année.

Qu’est-ce qui tire l’activité en Ile-de-France ?

En 2016, l’activité est tirée grâce aux grands opérateurs que sont SNCF Réseau, Aéroports de Paris, Société du Grand Paris, Haropa,… L’investissement des collectivités locales qui restent nos premiers clients , peine à redémarrer en particulier pour les communes et les départements sur fond de réorganisation territoriale et de baisse des dotations de l’Etat.

L’année marquera-t-elle l’inflexion de la tendance baissière ?

Quelques spécialités renoueront avec la croissance après deux dernières années particulièrement difficiles qui auront vu l’activité fondre de 15%. Globalement, les TP en Ile-de-France accèderont en 2016,  à un palier avec une croissance nulle.

Quelles sont les perspectives d’activité à moyen termes ?

La Profession anticipe une montée en puissance progressive véritablement sensible au second semestre 2017 , en raison du démarrage simultané des chantiers de génie civil de la ligne 15 sud et du RER E, puis, dès mi 2018, plus importante encore avec le lancement des premiers chantiers de la ligne 16. Une activité très soutenue est attendue entre 2018 et 2022, avec un pic de travaux attendu en 2021 du fait des nombreux chantiers menés simultanément sur les lignes 11, 14 Nord et Sud, 15 Sud et Ouest mais aussi 16, 17, 18 ainsi que le RER E, les tangentielles et les tramways.  Nous espérons l’obtention des Jeux Olympiques en 2024  qui permettrait de  sanctuariser le calendrier  voire d’accélérer  certains projets.

Quel est l’impact des travaux du Grand Paris sur l’activité régionale globale ?

Cette part supplémentaire va s’accroître entre 2016 et 2023. Pour l’année en cours, la part des chantiers du Nouveau Grand Paris est estimée à 12,8% dans le chiffre d’affaires supplémentaire. Pour les années à venir, elle représentera un part d’activité de l’ordre de 2 Mds d’euros en 2017 et de plus de 3 Mds d’euros pour les années 2018, 2019 et 2020, puis 2,2 Mds en 2021 et 2 Mds en 2022. Pour les travaux courants, nous craignons un léger fléchissement en particulier de l’entretien lié au report de moyens pour accompagner le Nouveau Grand Paris.

Le Grand Paris est donc déterminant pour la profession,…

L’attractivité d’un territoire ne peut se faire que par la qualité de ses infrastructures. Avec le Grand Paris, nous sommes en mesure de programmer, en concertation avec les donneurs d’ordre et les investisseurs, 30 ans d’aménagement en Ile-de-France : c’est unique dans l’histoire de notre pays. Nous ne pouvons qu’être satisfaits du démarrage effectif des travaux du Grand Paris.  N’oublions pas qu’aujourd’hui en termes d’attractivité la concurrence se fait entre grandes métropoles mondiales.  Nous serons donc particulièrement vigilants au respect des calendriers.

La profession des Travaux Publics s’apprête à signer une convention avec la SGP, quel en est l’objectif ?

Elle ambitionne d’aller au-delà du cadre réglementaire considérant l’ampleur du projet et de créer une relation avec le maître d’ouvrage permettant d’anticiper les éventuels blocages ou difficultés technique. Il s’agit de fait, d’instaurer une relation partenariale entre les entreprises et le donneur d’ordre dans le cadre du Grand Paris Express, afin d’assurer le succès d’un projet exceptionnel et de faciliter l’acceptabilité des chantiers. Nous poursuivons les réflexions d’ordre technique et professionnel sur l’accompagnement des marchés avec la SGP dans le cadre de la finalisation d’une convention sur les bonnes pratiques à respecter sur les chantiers du Grand Paris Express. Il s’agit d’une convention sur laquelle nous travaillons depuis deux ans et qui sera appliquée à toute entreprise intervenant sur un chantier du Grand Paris Express. Cette convention couvre six thématiques différentes : la communication et l’information chantier, les marchés, la recherche et l’innovation, la lutte contre le travail illégal, la gestion des déblais ainsi que l’emploi et la formation. A ce titre, afin de former les salariés et les nouveaux entrants aux métiers Grand Paris, la SGP et la profession travaillent sur un outil permettant de créer, en fonction des besoins des entreprises, des formations en Ile-de-France, sur les champs que l’appareil pédagogique actuel ne propose pas ou plus.

Pourquoi avoir également signé une charte régionale de bonnes pratiques pour la réalisation des infrastructures en Ile-de-France ?

Du fait de la concentration de nos maîtres d’ouvrage, conséquence des réformes territoriales, nous aurons de plus en plus de gros chantiers à exécuter. Il est important de préparer nos entreprises à cette évolution et d’apprendre à travailler dans ce cadre partenarial. C’est l’enjeu de la charte signée avec Syntec Ingénierie et Cinov, qui tend à instaurer une culture des bonnes pratiques, en allant, au-delà des obligations légales. La mise en œuvre de ces actions nécessitant des accords contractuels et, lorsque ces démarches entraînent des prestations supplémentaires, une rémunération complémentaire pour le maître d’œuvre ou l’entreprise de travaux.

Que représente le Grand Paris pour la profession ?

Le démarrage effectif des premiers chantiers redonne une nouvelle dynamique aux Travaux Publics en Ile-de-France. La profession retrouve une visibilité au-delà de deux ans qu’elle avait perdue depuis plusieurs années. C’est inédit depuis la réalisation des lignes RER dans les années 1970. Pour nos adhérents entrepreneurs, c’est essentiel. Une entreprise ne peut être gérée sans visibilité à cinq ans, en particulier dans le domaine des ressources humaines. Grâce au Grand Paris, la formation va pouvoir être relancée dans nos entreprises. De même, les investissements vont pouvoir reprendre. Il est important également de souligner que notre profession retrouve une dimension dans l’aménagement du territoire, qui s’inscrit dans le cadre d’une dynamique régionale de développement. J’ajoute que le Grand Paris Express ouvre des perspectives au-delà de notre seule profession, dans le domaine de l’aménagement de  l’Ile-de-France dans son ensemble, l’infrastructure ayant été décidée en priorité. Grâce au Grand Paris, la profession peut se satisfaire d’avoir une visibilité pour la prochaine décennie.

La profession saura-t-elle faire face aux volumes des travaux ?

Nous nous mettons en situation. Nos entreprises anticipent les besoins pour respecter le calendrier. Je ne peux pas croire que nous soyons, à un moment, dans l’obligation de pallier l’insuffisance de la maîtrise d’œuvre et des bureaux d’études à nous fournir la technicité nécessaire au projet.

Quelle place pour les PME de la région ?

Nous observons déjà des rapprochements de PME dans le but de positionner en tant que sous-traitant des groupements adjudicataires des opérations. Je suis confiant dans la capacité des entreprises ou des groupements d’entreprises adjudicataires des marchés sous maîtrise d’ouvrage de la Société du Grand Paris à développer des synergies avec les entreprises locales. Je précise que la SGP comme la profession, ont validé le barème de 20% des prestataires des différents marchés réservés aux PME, quand la règlementation prévoit 10%. Plus n’aurait pas été raisonnable, moins n’aurait pas été acceptable !  Les travaux de voiries connexes et les travaux d’interconnexion ultérieurs offriront également des opportunité aux PME.

Et pour les entreprises étrangères ?

Vu le montant des marchés, la consultation sera  nécessairement européenne ; nous sommes forcément attentifs. Il faut espérer que  le maître d’ouvrage applique à l’ensemble des intervenants la charte régionale de bonnes pratiques pour la réalisation des infrastructures en Ile de –France et qu’il reste attentif aux retombées économiques locales et anticipe la maintenance future qui exigera de la proximité.

Est-ce-un levier pour restaurer les prix ?

Nous ne pouvons pas ne pas imaginer retrouver une marge qui corresponde à celle d’une entreprise normale pour qu’elle continue d’exercer son métier. Depuis 2008, nos entreprises ont été malmenées par la baisse d’activité émanant de la commande publique mais aussi privée, avec, pour conséquence, des fonds propres fortement attaqués. Nous ne pouvant pas nous satisfaire de revenir à des prix équilibrés et raisonnables. Dans les métiers des TP, le manque de visibilité fait que les dirigeants sont très sensibles à l’occupation de leurs personnels en faisant des prix plus que déraisonnables uniquement pour faire travailler les équipes. Depuis deux ans, la baisse régulière de notre activité s’est traduite par une réduction des effectifs de la profession. La capacité des entreprises à embaucher dépendra du niveau des prix. Toutes les entreprises n’auront pas la même vitesse de redémarrage. Toutes les spécialités des TP ne bénéficieront pas simultanément de la reprise en volume des travaux. Il faut comprendre que la manne du Grand Paris n’irriguera pas l’ensemble de la profession dès cette année.

La gestion des déchets représente-t-elle une difficulté particulière ?

Sans le sous-estimer, il faut relativiser le problème. Les volumes en question sont de l’ordre de 43 millions de tonnes, ce qui, rapporté à la durée du projet, ne représente qu’un surplus annuel à gérer de l’ordre de 10 à 15%.  Cela est significatif mais pas hors de portée si on s’en donne les moyens. Cela passe par une révision du  PREDEC pour le mettre  à la hauteur des enjeux du « projet du siècle », avec des besoins qui vont augmenter quand les capacités de stockage vont en l’état décroître.  Cela passe aussi par le développement du réemploi et de la valorisation avec l’implication du Maître d’ouvrage.

Propos recueillis par Jean-Noël Onfield

 

Chiffres clés :

 FRTP Ile-de-France

7,665 Mds euros : CA 2011

7,092 Mds euros : CA 2012

7,214 Mds euros : CA 2013

6,637 Mds euros : CA 2014

6,172 Mds euros : CA 2015

6,172 Mds euros : CA 2016*

-7% : variation 2012/2011

+2% : variation 2013/2012

-8% : variation 2014/2013

-7% : variation 2015/2014

0% : variation 2016/2015*

*Prévisions