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Terrassement – Des techniques de pointe au service des projets

8 avril 2016
<span>Terrassement</span> – Des techniques de pointe au service des projets

L’innovation était au centre des réflexions des dernières « Journées du terrassement ». Différentes entreprises y ont présentées leurs dernières réalisations ou leurs projets de recherche. Florilège technologique.

En matière de géotechnique, d’hydraulique et d’environnement, de sécurité et de santé du travail, d’outils numériques ou de matériels, « les terrassements font beaucoup de R&D, assure Patrick Boisson, directeur général délégué de Vinci Construction terrassement (VCT). La profession a toujours été à la recherche d’amélioration. Les progrès réalisés depuis 30 ou 35 ans en attestent. » Les projets présentés à l’occasion des dernières « Journées du terrassement » montre que l’effort de recherche reste soutenu.

Drone et maquette numérique

Yoann Rabot, chef de service topographique de VCT, évoque l’intérêt des drones équipées de Lidar pour prendre des vue aériennes et scanner un nuage de points géo-référencés en x, y et reconstituer un site en 3D. Mots clés : automatisation, sécurité et rapidité d’acquisition et de traitement des données collectées.

Claude Foley, responsable du service « Etudes maquettes conception coordination » de Bouygues TP, insiste sur les possibilités offertes par le SIG (système d’information géographique) en terrassement et par la maquette numérique ou le BIM en infrastructures linéaires. Il définit le premier comme un ensemble de données géo-référencées avec des attributs qui les catégorisent, la seconde comme la synthèse texturées des ouvrages d’art préalablement modélisés en 3D et le dernier comme un processus qui associe une maquette numérique réalisée avec des données structurées. Deux enjeux sous-tendent, selon lui, l’émergence du BIM : la définition d’un standard compatible avec les problématiques des hommes de l’art ; et celle de la gouvernance ou de l’utilisation de la maquette pour valider un projet.

Economie de matériaux et de carburant

Avec Satis, un procédé de réalisation de couches de forme biocomposite qui permet de réduire l’épaisseur des enrobés bitumineux de plusieurs centimètres, Charier a bouleversé le marché de caillou, n’hésite pas à affirmer Valéry Ferber, directeur R&D de cette entreprise routière de l’Ouest. Après épandage, des fibres de chanvre « biosourcés » sont malaxés en trois passes dans les matériaux de sols traités au liant hydraulique sur 35 centimètres. Le procédé augmente la résistance en traction et en fatigue de la couche de forme et réduit les risques de fissuration. Le coût de l’incorporation des fibres est compensé avec l’économie réalisée sur le liant et l’épaisseur de l’enrobé, indique le directeur R&D.

Gérald Gismondi, directeur général de Manu Lorraine, a présenté le système de récupération d’énergie Eco’nergy qu’il a mis au point pour les pelles de production ou de manutention. Adaptable sur toute marque de machine, neuve ou d’occasion, il récupère l’énergie du bras et des équipements à la descente dans des accumulateurs à azote et la restitue au levage de la flèche. Testé sur une pelle Kobelco de 26 t, il a généré une économie de carburant de 13 % et un rendement en mètres cube heure accru de 19% en mode éco, s’enorgueillit Gérald Gismondi.

Ramasse poussière et moteur à hydrogène

Sur un champ de recherche voisin de celui d’Ouardia Sediki, auteure d’une thèse sur « l’étude des mécanismes d’instabilité et d’envol des particules en lien avec l’hydratation des sols fins », Andry Razakamanantsoa, chercheur du laboratoire géomatériaux et modèle géotechnique à l’IFSTTAR de Nantes, s’intéresse à la possibilité d’économiser l’eau lors des arrosages des pistes de chantier. Son objectif : « Mieux comprendre les poussières pour mieux les rabattre. » Le scientifique a créé une chambre aéraulique à l’intérieur de laquelle il simule le comportement des matériaux et des engins de chantier.

Jean-Marc Dessert, directeur technique de VCT, se passionne quant à lui pour le projet de R&D Hytrac. Celui-ci vise à mettre au point une chaîne à traction électro-hydrogène ou une pile à combustible et un dispositif de stockage d’hydrogène embarqué susceptible de propulser des engins de chantier (100-300 kW). Porté par la société Tronico, ce projet a été lancé début 2015 et les premiers essais pourraient avoir lieu dans deux ans. Selon Jean-Marc Dessert, cette chaîne de traction offrirait « une puissance et un couple relativement conséquent avec un rendement thermique intéressant », sans autre rejet que de l’eau pure.

J.D

Chiffres clés

10 millions d’euros par an investis dans la R&D

100 emplois à temps plein créées par an