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Terrassement – Chantiers complexes, métier high-tech

8 avril 2016
<span>Terrassement</span> – Chantiers complexes, métier high-tech

Les Journées du terrassement ont réuni à Marne-le-Vallée (IFSTTAR) toutes les composantes de cette communauté professionnelle à l’initiative du Syndicat professionnel des terrassiers de France (SPTF). Deux journées d’échanges qui ont fait alterner conférences, ateliers et tables-rondes centrés sur ses principaux sujets de préoccupation : l’évolution du métier, des techniques et des matériels et sa contribution à l’économie circulaire.

Michel Lallement, président du Syndicat professionnel des terrassiers de France : « La rocade L2 à Marseille a été réalisée avec le BIM. Celui-ci a permis d’accompagner les processus de conception et de construction avec de nouvelles utilisations des outils logiciels et de nouveaux processus de décision, dans un réel environnement de travail collaboratif. C’est une voie dans laquelle il est nécessaire de s’engager afin de ne pas louper le train en marche. »

Michel Lallement, président du Syndicat professionnel des terrassiers de France : « La rocade L2 à Marseille a été réalisée avec le BIM. Celui-ci a permis d’accompagner les processus de conception et de construction avec de nouvelles utilisations des outils logiciels et de nouveaux processus de décision, dans un réel environnement de travail collaboratif. C’est une voie dans laquelle il est nécessaire de s’engager afin de ne pas louper le train en marche. »

Maîtres d’ouvrage et porteurs de projets d’infrastructures et d’aménagement, bureaux d’études et entreprises de terrassement, scientifiques ou ingénieurs… : plusieurs dizaines de professionnels ont participé à cette manifestation dont la précédente édition s’était tenue il y a dix ans. L’occasion de faire le point « sur les évolutions et les ruptures stratégiques » survenues dans l’intervalle et « leurs conséquences sur le métier du terrassement », mais aussi sur « le foisonnement d’études auxquelles on assiste actuellement pour améliorer, renouveler, voire révolutionner » ce métier, a souligné Michel Lallement, président du SPTF. Art de « construire des ouvrages en terre stables et durable » ou de « concevoir et de réaliser des couches structurantes qui assureront un support de qualité à la superstructure », le terrassement représente 35 % en moyenne du coût total d’un projet, infrastructures de transport, aménagements hydrauliques et autres ouvrages environnementaux, a rappelé Michel Lallement. Son impact économique est d’autant plus déterminant que l’activité des entreprises doit s’adapter en permanence aux aléas, techniques, climatiques ou hydrauliques, en se positionnant à l’interface des autres corps de métier, depuis les études de projet jusqu’à la réalisation des travaux, « ce qui, a souligné le président du SPTF, confère aux terrassier la compétence du pilotage de grands projets d’infrastructures – maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre des Toarc. »

Des matériels innovants

L’évolution du métier est indissociable celles des matériels et de la montée en puissance des préoccupations environnementales autour des grandes infrastructures de transports. S’agissant des premiers, « les progrès ont été fulgurants », a souligné Michel Lallement en citant l’exemple du plus grand tombereau du monde, un camion alsacien offrant 363 t de charge utile. Aujourd’hui, les constructeurs travaillent sur des engins plus sûrs et plus confortables, moins gourmands en carburant et moins polluants Les drones et les engins commandés à distance ont fait leur apparition sur les chantiers et même au japon, des pelleteuses et des bulldozers sans conducteur guidées par des avions sans pilote. « Les relevés photogrammétriques calculent les volumes de terres déplacés avec une précision et une rapidité déconcertante », s’étonne le chef de file des terrassiers. Si la robotisation lui parait adaptée à la dangerosité des fronts de taille de carrières ou aux opérations de réglage des couches de forme, les entreprises ne pourront pas se passer des conducteurs sur les grands chantiers de terrassement, même si elles peuvent s’appuyer sur les nouvelles technologies de guidage des engins (GPS) ou suivi centralisé des cycles de travail.

Un maillon de l’économie circulaire

L’arrivée de la maquette numérique (BIM), « qui permet de concevoir et d’analyser les projets en temps réel avant même le premier coup de pioche », marque une nouvelle rupture technologique : « C’est une aide précieuse à la conception et au suivi de projets de terrassement complexes : géométrie, gestion des interfaces, des variantes techniques ou des adaptations, avancement. Il s’agit d’un outil d’avenir déterminant en termes de communication, de productivité, de qualité, de maîtrise des coûts et des délais. » La montée en puissance des questions environnementales a modifié elle aussi le métier du terrassement en profondeur. Rien d’étonnant à cela si l’on considère d’une part, sa proximité avec les éléments naturels et d’autre part, la nécessité qu’il a de s’adapter à l’hétérogénéité des matériaux et à leur comportement (à l’eau, à l’air, à la chaleur, au gel) pour pouvoir les réutiliser sur le chantier et économiser les ressources de granulats naturels. De plus en plus, les matériaux de déblais sont valorisés in situ. Les techniques de traitement permettent même de réemployer des matériaux laissés pour compte il n’y a pas si longtemps (argile A4). « La gestion optimale des ressources géologiques naturelles est désormais au cœur du métier du terrassier, qui devient un maillon essentiel de l’économie circulaire », souligne le président du SPTF.

J.D