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Réseaux – Investir pour renouveler les canalisations d’eau

6 février 2017
<span>Réseaux</span> – Investir pour renouveler les canalisations d’eau

Une enquête réalisée par Harris Interactive* pour Canalisateurs de France et les organisateurs du Carrefour des gestions locales de l’eau met en évidence un décalage de perception entre l’idée que les Français se font de la qualité des canalisations d’eau potable et la réalité : la nécessité d’investir massivement pour renouveler des conduites largement fuyardes.

5759Selon cette étude, la majorité des sondés (77 %) s’affirme globalement confiant dans l’état de ses conduites d’eau potable. Bémol : 9 % seulement s’estiment « tout à fait confiants », les 61 % restant étant « plutôt confiants ». A contrario, trois Français sur dix (29 %) se disent inquiets lorsqu’ils pensent à leur réseau. Cette perception est deçà de la réalité, commente Canalisateurs de France, chiffres à l’appui : un litre d’eau sur cinq est lâché dans la nature par les canalisations fuyardes, soit près d’un milliard de mètres cubes par an, pour un coût évalué à 100 millions d’euros.

La qualité de l’eau associée à celle des conduites

La quasi-totalité des personnes interrogées associe la qualité de l’eau potable à celle de la source mais aussi celle des matériaux des conduites (91 %) et à leur âge (89 %). De ce point de vue, les Français sont plutôt conscients de la nécessité d’entretenir et de renouveler les réseaux d’alimentation en eau et d’évacuation des effluents, se réjouit Canalisateurs de France.

Un taux de renouvellement insuffisant

Autre enseignement de l’enquête, les Français estiment qu’il faut remplacer les canalisations tous les 24 ans en moyenne. Plus des deux tiers (69 %) évoque une périodicité comprise entre 10 et 40 ans ; 16 %, une période supérieure à 40 ans. Le décalage de perception est flagrant, insiste l’organisation professionnelle. Celle-ci rappelle que le taux moyen de remplacement des réseaux est de 0,6 % par an, soit 5 800 km. A ce rythme, il faudrait 160 ans pour changer une canalisation. 1,5 milliards devraient être investis tous les ans pour multiplier ce linéaire par deux.

Des réseaux à moderniser

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes études réalisées par les cellules économiques régionales de la construction, les FRTP, les agences de l’Eau et les DREAL en Bretagne, en Normandie et dans les Pays-de-la-Loire donnent une idée assez précise des enjeux patrimoniaux sous-jacents à l’enquête.

En Normandie, le taux de renouvellement est jugé insuffisant au regard de l’état des réseaux d’adduction (65 000 km) et d’assainissement (19 000 km). Au rythme actuel de remplacement, les canalisations normandes devraient pourtant rester en service pendant 213 ans, alors que la durée de vie moyenne d’une conduite est estimée entre 60 et 80 ans. Sur la base de cette durée de vie moyenne, 44 % du linéaire de conduites d’eau potable devrait être remplacé d’ici à 2020, un investissement évalué à 2,3 milliards.

En Pays-de-La Loire, les pertes d’eau potable sont estimées à 39 millions de m3, une déperdition jugée acceptable à l’aune de la densité du réseau (69 000 km). Le taux de renouvellement est qualifié lui aussi d’acceptable, mais trop faible pour prévenir le vieillissement des canalisations. Celui-ci a été renouvelé sur un rythme annuel moyen de 0,63% au cours des cinq dernières années. Conscient de la nécessité de prévenir le vieillissement de leurs conduites, les services concernées se dotent de schémas directeurs et inventorient leurs réseaux.

Un pic de renouvellement en 2020

p110005648 % des canalisations ont été installées avant 1970. La question de leur remplacement se posera bientôt avec acuité, compte tenu du pic de renouvellement attendu pour 2020. Pour les collectivités appelées à les changer, celle du financement des travaux est centrale. Si la construction du réseau national a été financée par les contribuables, via des subventions publiques, cela ne parait plus envisageable aujourd’hui si l’on se réfère au principe qui veut que « l’eau paie l’eau » (entretien, renouvellement), estime Canalisateurs de France.

« Les dépenses d’exploitation et d’investissement dans les réseaux d’eau devraient être assurées en facturant le service rendu, suggère l’organisation professionnelle, avec ce bémol : « Les consommations d’eau diminuent aujourd’hui en France, grâce notamment aux campagnes de lutte contre le gaspillage. la politique de prix de l’eau n’a pas pris acte de l’arrêt de l’appel au contribuable pour financer le service. De sorte que la rémunération de l’eau finance aujourd’hui en priorité le fonctionnement et fait l’impasse sur l’investissement. »

Pistes d’action

Canalisateurs de France table sur la mutualisation des moyens prévu par la loi Notre, à condition que cette mutualisation permette de fixer des programmes annuels d’investissement et de hiérarchiser les priorités en palliant à l’incapacité de certaines communes à faire face aux besoins de renouvellement. Pour l’organisation professionnelle, il s’agit également de permettre aux collectivités de continuer à inventorier leur patrimoine comme prévu par loi, à chiffrer et à planifier les travaux.

A cet effet, rappelle-t-elle, différents outils sont aujourd’hui à leur disposition : numérisation et modélisation des réseaux, mise en place de SIG, prospective budgétaire…

*Sondage réalisé en ligne du 10 au 12 janvier auprès d’un échantillon de 1015 personnes, représentatifs des Français âgés de 18 ans et plus.

J.D

 

2017, année de consolidation

20150923_150020Avec une évolution comprise entre – 1 % et + 1,5 %, le chiffre d’affaires des entreprises de pose de canalisations s’est stabilisé l’an passé. En attendant une plus franche reprise, elle espère consolider ce résultat cette année.

« Si 2016 a marqué la fin de la baisse, l’année 2017, loin d’être celle d’une franche reprise, devrait consolider la stabilisation », explique Canalisateurs de France. Les appels d’offres « canalisations » en marchés publics se sont inscrits en effet en repli de 3 % l’an passé, caractérisé par un « deuxième semestre difficile. » Principal talon d’Achille : « Le niveau des prix, exceptionnellement bas », résultante d’une « concurrence accrue », liée « au manque d’activité et à l’inquiétude des entreprises pour l’avenir ».

En dépit de projections qui tablent sur une stabilisation voire une reprise de l’investissement local, l’incertitude reste forte pour les collectivités et par conséquent, pour les entreprises, analyse Canalisateurs de France. Prévus en 2018 et en 2020, les transferts des compétences eau et assainissement et la suppression de 800 EPCI au premier janvier contribuent à créer un climat d’attentisme, souligne l’organisation professionnelle.

 

Une facture d’eau surestimée

En moyenne, les français évaluent leur budget d’eau potable à 46 euros par mois. En réalité, nos concitoyens surestiment leur facture, révèle l’enquête Harris Interactive. Le montant moyen mensuel de celle-ci s’élève à 39,2 euros, avec prix moyen TTC au mètre cube de 3,92 euros pour une consommation de 120 m3, répartis comme tel :

  • 1,53 euros (39 %) pour la production d’eau potable et sa distribution ;
  • 1,51 euros (39 %) pour la collecte et le traitement des eaux usées ;
  • 0,88 euros pour les redevances et les taxes.

 

Chiffres clés

 32 000 salariés

5,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont :

4,8 milliards pour les canalisations d’eau et d’assainissement

14 % du chiffre d’affaires des entreprises de travaux publics