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Réseaux – Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Nous avons des raisons d’espérer une reprise de l’activité »

3 juin 2016
<span>Réseaux</span> – Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Nous avons des raisons d’espérer une reprise de l’activité »

Après avoir enregistré un recul sensible de leur activité l’an passé, les canalisateurs se préparent à un repli plus modéré cette année. Consolidation des carnets de commandes, stabilisation des prix et appels à projets des agences de l’Eau : différents éléments leur donnent aujourd’hui des raisons d’espérer. Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France, esquisse les perspectives professionnelles.

Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Il y a une nécessité importante d’investir dans les réseaux. Ce sont des investissements productifs, générateurs de main d’œuvre et de travail pour nos entreprises. Des entreprises qui sont non délocalisables et qui ne font pas appel au travail détaché. »

Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France : « Il y a une nécessité importante d’investir dans les réseaux. Ce sont des investissements productifs, générateurs de main d’œuvre et de travail pour nos entreprises. Des entreprises qui sont non délocalisables et qui ne font pas appel au travail détaché. »

L’an passé, les entreprises de pose de canalisation d’adduction d’eau, d’assainissement et de transport de gaz ont vu baisser leur chiffre d’affaires de 6 à 7 % à 5,6 milliards d’euros, évalue Alain Grizaud, président de Canalisateurs de France. Une conséquence directe du sous-investissement des services de l’Eau et d’Assainissement, analyse-t-il. Les prix, qui sont restés très bas, ont impacté le bilan 2015 mais les volumes se sont également réduits, souligne le porte parole des canalisateurs. D’une manière générale, les entreprises de grande taille, multi-activités et multirégionales, s’en sont mieux sorties que les autres. Pour leur part, les PME et les TPE du secteur ont continué à adapter leurs effectifs permanent et intérimaire (non renouvellement de postes, licenciements diffus…) au repli du nombre d’heures travaillées. Significatif des difficultés rencontrées l’an dernier, elles ont davantage recouru au chômage partiel qu’en 2014, signale Alain Grizaud. Précision, les carnets de commandes se sont stabilisés autour de 3 ou de 3,1 mois d’activité.

Un horizon plus clair

2016 a débuté sur la lancée de la précédente. Le chiffre d’affaires s’est encore amenuisé au premier trimestre mais de manière beaucoup plus modérée que l’an passé. Canalisateurs de France table sur une baisse annuelle de 3 %. L’horizon tend à s’éclaircir, l’organisation professionnelle a plusieurs motifs d’espérer. Les carnets de commandes tendent à se regarnir, les prix paraissent s’être stabilisés et les investissements prévus dans les appels à projets de l’agence de l’Eau – 190 à 200 millions subventions supplémentaires – peuvent permettre de relancer l’activité en volume et plus largement, d’impulser une nouvelle « dynamique d’investissement. » Besoins de renouvellement ou de remplacement des réseaux d’eau et d’assainissement et financements (enveloppe croissance verte de la Caisse des Dépôts…) : tous les éléments de l’équation d’une reprise sont là pour des entreprises qui ont atteint aujourd’hui une taille critique, souligne Alain Grizaud. Plus problématique selon lui : « La volonté politique des gouvernants de saisir ces opportunités pour commencer à réinvestir dans un patrimoine vieillissant de réseaux dont les rendements se détériorent. »

Créer de grands services techniques de l’eau

La loi Notre a généré un certain attentisme, observe le représentant des canalisateurs. « Un verrou » que l’organisation professionnelle aimerait « faire sauter. » Si les contours de la nouvelle organisation territoriale sont aujourd’hui dessinés, la réorganisation des services de l’eau est en cours. Les collectivités en charge de ces services l’ont plus ou moins anticipé. Certaines hésitent à investir par crainte d’impacter la tarification de l’eau, constate le président de Canalisateurs de France. D’autres au contraire se saisissent des fonds disponibles. Selon l’organisation professionnelle, la réforme est nécessaire. Mais s’il importe de rationaliser l’organisation des 14 000 services de l’eau et des 17 000 services de l’assainissement, il emporte aussi de les réorganiser de manière à créer « une vraie communauté de moyens », humains, techniques et financiers (bassins de vie, bassins versants…), sans accroître la facture entre les zones rurales et les zones urbains. Une réflexion de fond est à mener compte tenu des enjeux d’aménagement, de niveau de service ou d’équité territoriale. A cet égard, souligne Alain Grizaud, « les mois et les semaines à venir seront déterminantes ».

J.D

Chiffres clés

350 entreprises

6,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont,

5,7 milliards dans l’eau et l’assainissement

420 millions dans le gaz

36 000 salariés

15 à 20 % du chiffre d’affaires des travaux publics

 A savoir

Un millions d’euros investi par les collectivités locales dans les réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement permettent de préserver 10 emplois à temps plein.