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Recyclage – Prévoir le recyclage des matériaux dans la maquette numérique des projets de construction

23 octobre 2017
<span>Recyclage</span> – Prévoir le recyclage des matériaux dans la maquette numérique des projets de construction

Après l’année noire qu’avait été 2015, les professionnels du recyclage ont terminé 2016 et bientôt 2017 dans de meilleures dispositions. L’optimisme est de rigueur. Une tendance qui vaut tout particulièrement pour les recycleurs du BTP, souligne Federec BTP. L’organisation se prépare à labelliser les plateformes de valorisation du Grand Paris. Elle projette également de faire intégrer la notion de « recyclabilité » des matériaux dans les maquettes numériques (BIM).

Erwan Lemeur, président de Federec BTP : « Nous allons nous rapprocher des spécialistes du BIM pour essayer d’imaginer comment intégrer dans la maquette numérique la notion de recyclabilité lors des phases de conception, de construction, d’exploitation et de fin de vie du bâtiment ou de l’ouvrage. »

54 % des entreprises envisagent une progression de leur chiffre d’affaires cette année, indique Manuel Burnand, directeur général de Federec, en citant une enquête réalisé par l’institut Le terrain auprès de 1 150 PME et grands groupes du secteur. 58 % des dirigeants interrogés disent avoir un sentiment positif quant à l’avenir de leur secteur. Un pourcentage qui monte 70 % quand ils se placent du point de vue de leur entreprise.

Avec un tonnage de déchets collectés en augmentation de 2,2 % à plus de 100 millions de tonnes, le chiffre d’affaires de ces entreprises s’est replié de 1,8 % à 8,1 milliards d’euros l’an dernier. Jean-Philippe Carpentier, président de l’organisation professionnelle, explique ce repli par la baisse du coût des matières premières. Aujourd’hui, cette baisse s’est « stabilisée », ce qui devrait leur permettre « de reconstituer leurs marges, leurs bénéfices et leurs capacités d’investissements. »

Sur la période, ces entreprises ont continué non seulement à investir à hauteur de 465,1 millions d’euros (- 2,3 %), dont 56 % consacrés à l’acquisition de machines et 12 % dans celle de matériel roulant, mais elles ont recommencé également à recruter, les effectifs augmentant de 2,5 % à 26 650 salariés (contre – 1,4 % en 2015).

2016 sous le signe de la reprise

Erwan Lemeur, président de Federec BTP, insiste sur le dynamisme de la branche du recyclage des déchets de déconstruction du BTP. La filière en produit 250 millions de tonnes par an, dont 210,4 pour les travaux publics et 39,6 millions pour le bâtiment. « Tributaire de l’activité du BTP », les entreprises concernées ont enregistré une hausse de 1,5 % des volumes collectés et leur chiffre d’affaires a augmenté de 1,5 % à 1,7 milliards

« Nous allons vers des années positives, notamment dans les grandes agglomérations, augure Erwan Lemeur. Le lancement de grands projets comme celui du Grand Paris, mais aussi ceux de villes comme Marseille, Toulouse, Bordeaux ou celles de l’ouest, générera davantage de déchets. »

Pour lui, « les perspectives sont plutôt bonnes. La réhabilitation va plutôt bien, même si la profession se pose quelques questions sur la construction neuve. Le secteur de la démolition et de la déconstruction a beaucoup de travail. Cela signifie qu’il y a des projets de rénovation et de construction derrière. La reprise économique est là : on la sent dans la construction et donc, dans la production des déchets. »

Labelliser les plateformes de valorisation des déblais du Grand Paris

Avec la Société du Grand Paris et le SRBTP, Federec BTP porte un projet de labellisation des plateformes de traitement des déblais en région parisienne. Celui-ci devrait voir le jour l’an prochain, avant de se concrétiser en région dans les années suivantes. Dix plateformes opérationnelles sont potentiellement concernées en Île-de-France par cette labellisation qui sera précédée d’un audit.

Objectif : « Passer en région parisienne puis en France de 800 000 tonnes de terres recyclées par an à 3 à 5 millions à 2025. » Cet objectif suppose de conforter la filière et pour cela,  qu’elle se rapproche des grands maîtres d’ouvrage publics pour les inciter à réutiliser ces terres sur les chantiers de travaux publics, ajoute Erwan Lemeur.

L’organisation professionnelle n’a pas encore approché de partenaires en région. « Nous voulons d’abord réaliser ce projet en Île-de-France pour montrer qu’il peut fonctionner dans une région qui est très déficitaire en matériaux de construction, précise le président de Federec BTP. Cela nous semble aussi plus facile de le réaliser dans une région que l’on regarde de très près en ce moment parce qu’elle est et sera productrice de déblais. C’est un beau terrain de jeu pour commercer et cela intéressera forcément tout le territoire national parce que l’on pourra montrer que, techniquement et environnementalement, c’est possible. »

Intégrer la notion de « recyclabilité » dans les maquettes numériques

Federec BTP souhaite également que le recyclage des déchets soit pris en compte, à l’avenir, dans les maquettes numériques des grands chantiers de bâtiment et d’infrastructures. A cet effet, l’organisation prévoit de se tourner vers une Société publique locale landaise, Domolandes.

« Cette SPL a été l’une des initiatrices des outils utilisés pour faire du BIM, souligne Erwan Lemeur. Nous allons nous rapprocher d’eux pour essayer d’imaginer comment intégrer la notion de recyclabilité lors des phases de conception, de construction, d’exploitation et de fin de vie du bâtiment ou de l’ouvrage. L’idée est de réfléchir à cet ensemble et à la chaîne de temps pendant laquelle on produit des déchets. La maquette numérique doit permettre d’étudier à l’instant T la recyclabilité de demain. Cela nous permettra aussi de nous rapprocher des producteurs de matériaux, de façon à faire les choses de manière beaucoup plus intelligente qu’aujourd’hui, en produisant des matériaux de construction qui sont parfois pas ou peu recyclables. »

Il s’agit de « de déblayer le terrain d’un point de vue technique avec des professionnels du BIM pour voir comment faire et ce que l’on peut faire. Après, nous irons peut-être voir les grands maîtres d’ouvrage sur le sujet », résume le président de Federec BTP.

J.D