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Nucléaire – Tchernobyl : inauguration du sarcophage de confinement

30 novembre 2016
<span>Nucléaire</span> – Tchernobyl : inauguration du sarcophage de confinement

Trente ans après l’accident survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl, le sarcophage de confinement réalisé par Vinci et Bouygues Construction réuni au sein de Novarka (nouvel arche en russe), a été inauguré en présence de Petro Porochenko, le président ukrainien. L’ouvrage, qui a nécessité quatre années de travaux dans des conditions de travail hostiles, est d’une complexité technique extrême, le rendant unique en son genre à plusieurs titres.

Au centre, Xavier Huillard, Président de Vinci, entouré de Philippe Bonnave, Président de Bouygues Construction (à droite) et de Nicolas Caille, directeur de Novarka (à gauche).

Au centre, Xavier Huillard, Président de Vinci, entouré de Philippe Bonnave, Président de Bouygues Construction (à droite) et de Nicolas Caille, directeur de Novarka (à gauche).

26 avril 1986. Le réacteur N°4 de la centrale de Tchernobyl explose. Un premier sarcophage est coulé dans l’urgence pour contenir la radioactivité qui s’échappe du site, dont la durée de vie s’est très rapidement avérée plus courte qu’initialement prévu. La rouille et les infiltrations d’eau ont fragilisé la structure, rendant nécessaire la mise au point d’une deuxième solution plus fiable et plus pérenne. Dès 1992, le gouvernement ukrainien lançait un premier appel d’offres pour un ouvrage estimé à environ 430 millions d’euros. Les travaux, qui ne démarreront qu’en 2012, auront coûté près de 2 milliards d’euros. Le projet a pu être mené à bien grâce à la mobilisation internationale, aux côtés des autorités ukrainiennes, qu’il a suscité et qui a permis de concevoir, financer et construire l’arche.

Exploit technique

108 m de haut, 162 m de long, 36 000 t, dont 25 000 t d’aciers, l’ouvrage est unique par ses dimensions. Il est également par sa double vocation d’enceinte de confinement hermétique conçue pour durer 100 ans doublée d’un outil de  de démantèlement du réacteur abimé et du sarcophage mis en place très vite après l’accident en 1986. « Il unique par  son échelle : une immense arche  mobile, la plus grande structure de ce type jamais construite, avec une masse totale équivalente à 3,5 fois le poids de la Tour Eiffel et qui pourrait abriter la Statue de la Liberté », souligne Xavier Huillard, président de Vinci.

Uniques aussi, les méthodes et les conditions de sa réalisation sur une plateforme distante de 300 m du réacteur endommagé afin d’éviter l’exposition aux radiations et d’assurer une protection totale de tous les personnels présents sur le site. Unique comme chantier pour tous ceux qui ont participé pendant les sept années de travaux à la construction de cet objet totalement inédit. Unique enfin en tant que concentré d’innovations à chaque stade de sa construction grâce à l’inventivité et à la rigueur  de la centaine d’ingénieurs dédiés à l’opération. Ces derniers concevaient, il y a vingt ans, les premières esquisses quand les équipes du groupement concepteur constructeur le matérialisaient, avec les 10 000 collaborateurs de Novarka qui ont travaillé sur le site depuis le début des travaux avec les fournisseurs et les sous-traitants du groupement représentant une vingtaine de pays.

Savoir faire

Au centre, Petro Porochenko, Président de l’Ukraine.

Au centre, Petro Porochenko, Président de l’Ukraine.

Pour cela, les deux principales entreprises de BTP françaises, Bouygues et Vinci, se sont associées au sein du groupement Novarka pour relever le défi et achever les travaux, grâce aussi à l’engagement des Ukrainiens.  Un chantier exemplaire dont la réussite a reposé sur l’implication de tous les acteurs dans une formidable aventure collective dont le temps se mesure en décennie voire en siècle, depuis sa conception à sa durée de vie programmée. « Face à un tel enjeu, l’ingénierie française a démontré sa performance », se félicite Philippe Bonnave, président de Bouygues Construction. Imaginer, concevoir, construire une arche intelligente pour confiner et démanteler le réacteur N°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl a été possible grâce à l’association des compétences des groupes Vinci et Bouygues. Un projet XXL, associé à des difficultés technologiques telles qu’elles ont induites une remise en cause et ont commandé d’innover au quotidien.

Sécurité

La santé et la sécurité de l’ensemble des intervenants ont guidé les choix techniques arrêtés tout au long des 25 millions d’heures de travail depuis le début de la conception jusqu’à la fin de la réalisation et à la livraison avec, à la clé, 0 accident radiologique. Un véritable tour de force rendu possible grâce à la rigueur de tous et de tous les instants, dans le respect des règles fixées. Et demain ? « Notre contrat s’achève en novembre 2017 », précise Nicolas Caille, directeur de Novarka, « il nous reste un an pour poser les membranes d’étanchéité de l’arche et procéder à tous les tests ».

J-N.O

Photo : Avec une portée de 257 m et sa hauteur de 162 m, l’arche représente la plus grande structure métallique mobile au monde.