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Matériaux – Transition énergétique : les cimentiers et les bétonniers misent sur les startupers

6 février 2018
<span>Matériaux</span> – Transition énergétique : les cimentiers et les bétonniers misent sur les startupers

A l’occasion de ses « Rencontres annuelles », le Syndicat francais de l’industrie cimentière (Sfic) a lancé le« Cement Lab », un laboratoire d’idées au service des filières du ciment et du béton. Ces filières se rapprochent des start-ups qui cherchent à mettre au point les innovations de rupture qui leur permettront de réussir leur transition énergétique. Principaux enseignements de ces « Rencontres » avec Bénédicte de Bonnechose, présidente du SFIC.

Bénédicte de Bonnechose, présidente du Syndicat francais de l’industrie cimentière : « De la même façon que l’on vit la révolution digitale aujourd’hui, les enjeux de la transition énergétique et du climat vont induire de profondes transformations à la fois en termes d’innovation pour la valeur apportée et même de transformation des processus de production. »

C’est à la station F, installée à la halle Freyssinet à Paris, un lieu doublement emblématique, que le Sfic a tenu ses dernières « Rencontres » et mis le « Cement Lab » en orbite. Ce vaste bâtiment ferroviaire en béton, qui avait marqué les esprits lors de construction en 1929 par ses dimensions (310 m de long sur 60 de large), accueille aujourd’hui le plus grand incubateur de start-ups du monde.

Le laboratoire d’idée des industriels du ciment y porte aujourd’hui les espoirs de progrès technologique de la filière qu’ils représentent et plus largement, ceux de leurs homologues de la filière béton, explique en substance Bénédicte de Bonnechose.

Cette initiative concrétise « la démarche d’ouverture vers l’innovation » que l’organisation professionnelle lance pour « l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction. » Il s’agit de rapprocher « l’écosystème des start-ups qui travaillent en partie sur cette chaîne de valeur », le monde de l’industrie et celui de la recherche, ajoute-t-elle.

« Lorsque l’on voit les enjeux de la transition énergétiques et ceux du climat, on sait qu’il va falloir aller chercher de l’innovation, analyse la présidente du Sfic. Aujourd’hui, nous sommes sur un objectif « open innovation », c’est-à-dire qu’il faut rapprocher l’industrie, qui cherche par ailleurs, le monde des start-ups et celui de la recherche, qui a lui aussi beaucoup de choses à apporter. C’est cette démarche d’ouverture à l’innovation que l’on a voulu lancer sous l’appellation de « Cement Lab », en choisissant pour commencer un lieu symbolique, la station F, dont la vocation est d’être le premier incubateur de start-ups au niveau mondial, et l’espace dans lequel se sont déjà organisés des outils de travail qui concernent, notamment, le monde de la construction. »

Réunir industriels, startupers et chercheurs pour innover

« La chaîne de valeur est souvent très morcelée, observe Bénédicte de Bonnechose. Comment arrivera-t-on à faire converger ces acteurs, pour apporter des innovations qui interagiront les unes et les autres avec l’idée d’être plus performant à l’arrivée, de construire vite, mieux et moins cher ? », interroge-t-elle. Lors de ces « Rencontres », la présidente du Sfic a été frappée par « l’appétence de ces start-ups, de ces jeunes et moins jeunes qui fourmillent d’idées et ne rêvent que d’être que d’être mis en relation avec les industriels. Ces industriels qui conduisent leurs propres travaux (…) n’ont pas toujours la chance d’avoir accès à cet univers. Le monde la recherche est quant à lui encore un peu à part. Il est un peu trop cloisonné. Nous allons également lui permettre de s’ouvrir sur cet univers. »

En initiant à cette démarche d’ouverture, le Sfic offre à ces acteurs la possibilité de converger vers une même plateforme. « C’était une première rencontre, il y en aura d’autres pour suivre dans le temps toutes les thématiques qui ont été abordées », annonce Bénédicte de Bonnechose.

« Ce qu’il faut comprendre, poursuit-elle, c’est que de la même façon que l’on vit la révolution digitale aujourd’hui, les enjeux de la transition énergétique et du climat vont induire de profondes transformations à la fois en termes d’innovation pour la valeur apportée et même de transformation des processus de production. »

Atteindre la neutralité carbone

Dans la construction au sens large, rappelle la chef de file du Sfic, la stratégie nationale bas carbone en France vise la neutralité carbone des bâtiments et des ouvrages à l’horizon 2050. « Aucune industrie ne sait dire encore de quoi seront faites les innovations qui permettront d’atteindre cet objectif, souligne-t-elle. Par contre, je pense qu’en 2050 on aura fait d’énormes progrès. Cela veut dire que l’on aura sans doute multiplié par trois ou quatre les progrès qui ont été faits depuis 20 ans et qui sont déjà énormes. »

Dans cette dynamique, industriels, starts-upers et chercheurs joueront un rôle déterminant. « A partir du moment où vous allez beaucoup plus sur l’innovation de rupture, que vous regardez votre activité non plus dans son prisme mais sur l’ensemble de la chaîne de valeur, vous comprenez que vous avez besoin des uns et des autres », éclaire Bénédicte de Bonnechose.

Exemple : les technologies applicables sur les aires de travaux. Mise au point de logiciels de suivi ou d’amélioration de l’efficacité des chantiers : différentes start-ups travaillent aujourd’hui « autour de l’acte de construire. » Le « Cement lab » s’est rapproché de quelques-unes : Combo Solution (évaluation environnementale des projets), 360 Smart Connect (béton connecté), Xtree (impression 3D), Smart Cast (coffrages) ou Airware (collecte et analyse de données par drone). Une bonne vingtaine d’entreprises disruptives couvre déjà une partie l’acte de construire à la station F.

« Le champ ouvert est loin d’avoir été exploré, observe la présidente du Sfic, en ajoutant : « Avec la présence à Paris de Station F dont le rayonnement est international, nous estimons que le Cement Lab aura la possibilité d’avoir une action tournée également vers des starts ups venues d’ailleurs et d’attirer d’autres start-ups dans le monde ».

J.D

Crédit photo : Chryso