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Matériaux – Oxygène : une première toupie zéro carbone

18 septembre 2017
<span>Matériaux</span> – Oxygène : une première toupie zéro carbone

Vicat et ses partenaires, Iveco, Cifa et Jacky Perrenot, ont voulu proposer « une solution de traitement énergétique opérationnelle et économiquement viable. »

Iveco (CNH Industrial) pour fournir un porteur équipé d’un moteur au gaz naturel pour véhicule (GNV), Cifa (Zoomlion) pour y monter la bétonnière électrique de la marque, Jacky Perrenot pour financer le projet et exploiter les premiers véhicules : Vicat à fédéré trois de ses partenaires pour mettre au point un premier prototype de camion malaxeur propre et silencieux. Fruit de trois ans de recherche et première mondiale, cette toupie baptisée Oxygène sera utilisée dès l’an prochain pour livrer du béton sur les chantiers urbains et périurbains à Lyon et à Paris.

Propulsé par un moteur thermique Cursor 8 de 7,8 l et de 330 CV (sans ad blue ni filtre à particules) alimenté par quatre réservoirs de GNV (deux à gauche, deux à droite), le porteur Iveco (1 essieu moteur, 3 directeurs) dit être deux fois moins bruyant qu’un diesel (- 3 dB). Avec un poids total en charge de 33 t, il offre une charge utile identique à celle d’une toupie 4 essieux traditionnelle.

Ce porteur emporte une bétonnière Cifa activée par un moteur électrique connecté sur des batteries au lithium qui se rechargent lorsque le camion roule et décélère mais également à l’arrêt, sur le réseau électrique : moins d’une heure en utilisant la colonne de rechargement intégrée, environ quatre sur une prise industrielle. Trois fois moins bruyante qu’un malaxeur classique (- 6 dB), cette bétonnière permet aussi de brasser le matériau à l’arrêt. Autonomie : deux à trois jours (150 km) ; et 1 500 voir 1 800 km pour le porteur entre deux pleins.

L’association des deux technologies a donné naissance à une machine capable de limiter ses nuisances sonores et de ne rejeter aucun polluant ou quasi. Les émissions de CO2 peuvent être réduites de 96 %, celles de particules de 92 % et celle de Nox de 70 à 75 %. Le coût social de la pollution peut l’être quant à lui de 95 %.

Surcoût de 30 % à l’achat

Cette machine s’appuie également sur des équipements qui en améliorent la sécurité et les conditions d’exploitation : caméras de recul, système anti-démarrage en cours de remplissage des réservoirs, systèmes de freinage d’urgence automatique anti-collision, dispositifs de géolocalisation, d’arrêt à distance et d’enregistrement son et vidéo en cabine. Les roues sont chaussées de pneus (Continental) connectés par radio-fréquence. Les relevés de température et de pression sont expédiés directement à la centrale du transporteur.

Qualifié d’abordable, le surcoût à l’achat est d’environ 30 %, les cycles de maintenance étant identiques à ceux d’une motorisation au gazole. L’écart devrait se réduire lorsque la toupie sera produite en série. Ses promoteurs estiment qu’il finira par être gommé par l’évolution des conditions d’exploitation : l’interdiction des véhicules diesel intra-muros à Paris en 2020 ou la mise en place de péages urbains dans certaines grandes villes par exemple. Le coût du mètre cube de béton livré sera peut-être un peu plus cher au départ mais un producteur de matériaux qui aura, comme Vicat (150 centrales, une flotte de 500 toupies), anticipé la nouvelle donne énergétique, pourra continuer à livrer et conserver ainsi ses marchés. A cet égard, le Grand Paris et des J.O de 2014 ont été approchés comme des rendez-vous industriels à ne surtout pas manquer.

Premiers chantiers livrés l’an prochain

Les premiers malaxeurs Oxygène devraient être assemblés à partir de cette année par Cifa en Italie avec les porteurs et les moteurs fabriqués respectivement par Iveco en Espagne et dans l’hexagone. Jacky Perrenot et Vicat prévoient de les utiliser dès l’an prochain sur les chantiers urbains et péri-urbains de l’agglomération lyonnaise puis de la région parisienne. Ces deux zones disposent en effet d’un réseau de points d’avitaillement suffisamment maillé.

Des partenariats ont déjà été noués ou sont envisagés avec des fournisseurs d’énergie (Engie, Primagz…), des pétroliers (Total…) ou des acteurs privés et publics pour multiplier le nombre de stations délivrant du GNV : une centaine en France à la fin de l’année pour les poids lourds, 140 à la fin de la suivante, 250 d’ici à 2020. En attendant, le producteur de matériaux attaquera le 18 septembre un tour de France en six dates (parmi elles, les salons SIM et Solutrans) pour présenter sa verte toupie.

J.D