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Interview – Gérard Déprez, président du groupe LOXAM

8 avril 2015
“Loxam continue de se développer plus vite que le marché”

Gérard Déprez président du groupe loxam

Quel bilan dressez-vous de l’exercice 2014 ?

Il a été conforme à nos prévisions. Comme après chaque élection municipale, nous observons une baisse d’activité dans le secteur de la construction. La seule différence, c’est que le caractère cyclique des travaux dans le BTP s’observe dans un contexte global qui est peut-être plus déprimé que la moyenne. En France, le chiffre d’affaires recule de 4% à structure comparable. Le chiffre d’affaires du groupe progresse de 1%. Bien que pénalisé par la conjoncture, le plan d’investissement, les coûts d’amortissement et quelques opérations exceptionnelles, le résultat est positif. La trésorerie est améliorée.

Quelles sont vos prévisions pour cette année ?

Nous ne prévoyons pas une année très différente de la précédente. Compte tenu du cycle, le marché devrait être encore en repli modéré en France. Nous restons prudents et tablons sur une activité stable, voire en très légère hausse pour Loxam. En Europe, nous anticipons sur une croissance globale de 1 ou 2 points. Nous continuerons d’améliorer la qualité de la performance financière afin d’être en mesure de financer le renouvellement du parc et les opérations de croissance.

Avec une préférence pour le « vieux continent » ?

Même si nous ne pouvons pas attendre le phénomène dont profitent nos confrères américains qui bénéficient d’une forte reprise sur une longue période, cela n’exclut pas quelques bonnes surprises sur certains pays. Pour les deux prochaines années, nous donnons priorité à la croissance externe à l’étranger et, dans une moindre mesure, organique, afin d’y renforcer nos positions. Ce fut le cas en 2014 avec le Danemark et la Hollande.

Pourriez-vous vous implanter hors Europe ?

Nous restons attentifs au marché européen, en particulier aux pays sur lesquels Loxam est déjà présent. Même si ce n’est pas la voie privilégiée de notre développement, nous n’excluons pas une implantation nouvelle hors de l’Europe dans les 2 ou 3 ans.

Comme au Maroc où vous êtes présent depuis 2010. L’Afrique est-elle dans votre spectre ?

Loxam compte déjà trois agences au Maroc, et très prochainement une quatrième. Il ne s’agit pas encore d’une location diffuse mais plutôt d’une alternative destinée à écrêter des pointes d’activité. C’est pour cela que nous souhaitons nous y développer avec des partenariats locaux. Il faut attendre que ces marchés gagnent en maturité pour y trouver une amorce de développement structurel. Je pense qu’il faudra encore attendre une dizaine d’années avant de voir un essor structurel de la location en Afrique.

Le développement du groupe va-t-il marquer un pallier ?

Le marché de la location a connu une forte croissance en France comme en Europe jusqu’en 2009. Le rythme s’est ralenti mais le potentiel existe. De nouvelles phases de développement vont intervenir. Elles seront moins marquées en Europe qu’aux Etats-Unis, mais tendanciellement, la location reste un métier de croissance. Loxam continue de se développer plus vite que le marché.

Pourquoi ?

Parce que nous nous développons par consolidation dans chaque pays où nous sommes implantés mais aussi sur d’autres créneaux de clientèles et sur d’autres zones géographiques. Loxam croîtra d’autant plus vite que le marché que nous donnerons priorité aux pays les plus dynamiques.

Comment appréhendez-vous l’avenir de la construction ?

Après une période relativement longue d’assainissement, il faut que le secteur de la construction redémarre sur un nouveau modèle. Il faut repenser l’urbain et le bâti à l’aune des enjeux du développement durable et du changement climatique mais aussi du vieillissement de la population et de la métropolisation du territoire.

Que retiendrez-vous du non référencement par Vinci en 2014 ?

Les grands comptes ont toujours été et restent une priorité. Nous avons toujours voulu leur donner un service d’excellence en étant très attentif à leur demande. Les trois majors de la construction comptent parmi nos trois premiers clients. Il y a effectivement eu un désaccord sur les conditions d’achat entre Loxam et Vinci. En règle générale, il est négocié. L’année dernière il ne l’a pas été. Nous avons tiré les conséquences de cette décision et y faisons face.

Comment ?

Nous avons réaffecté des investissements sur d’autres clientèles et d’autres marchés, en donnant priorité aux filiales européennes. Dans un marché en baisse, nous avons finalisé l’intégration des réseaux et poursuivi la rationalisation des agences pour adapter la structure au volume d’activité.

Pourquoi avoir racheté Phocomex ?

Nous sommes toujours en veille car nous comptons encore nous développer dans l’Hexagone. Le développement à l’étranger de Loxam ne se fait pas au détriment de son marché domestique. La notoriété, le portefeuille clients et la pénétration de l’enseigne sur le sud-est de la France, où nous confortons nos positions, ont été décisifs.

Le niveau des prix est-il trop bas en France ?

La baisse tendancielle des prix peut s’expliquer par la rationalisation des structures, l’amélioration des coûts, l’optimisation des conditions d’achat, les gains de la productivité. Le problème est qu’en France, les prix de location sont sensiblement les mêmes, quel que soit l’endroit, quel que soit le loueur, quelles que soient les circonstances. Il arrive parfois que cela provoque des ruptures qui mettent à mal certaines entreprises. Des acteurs disparaissent. La consolidation ne fait pas tout. Ce qui est certain c’est que la rentabilité de la profession s’est érodée. Ce phénomène n’est pas forcément très visible, car masqué par le non renouvellement du parc ou par des durées d’amortissement allongées, mais il est bien réel.

Est-ce le signe d’une financiarisation accrue du métier au détriment de la technique ?

La location est fondamentalement un métier de service qui nécessite un certain savoir-faire pour résister, dans la durée, aux variations saisonnières ou conjoncturelles. Disposer d’une surface financière importante aide. C’est incontestable. Sans le support initial de la qualité du service et du savoir-faire, rien n’est envisageable.

Et accroître le retour sur investissement des capitaux engagés ?

La location est une activité cyclique. La performance financière doit donc s’apprécier sur la durée du cycle. Outre le retour sur investissement, le ROI, c’est la capacité d’une société de location à dégager du free cash-flow (de la trésorerie, ndlr) qui permet d’apprécier la performance d’un loueur. Sans cette capacité, il est impossible de trouver des financements externes auquel aucune société de location n’échappe.

L’introduction en bourse est-elle envisageable ?

C’est une possibilité dans l’avenir lointain de la société.

Comment appréhendez-vous la gestion de parc pour compte de tiers ?

Cela reste une pratique marginale en France comme dans d’autres pays, à l’exception de la Scandinavie. Cette solution ponctuelle est possible lorsqu’une entreprise décide de changer radicalement de mode de gestion de ses matériels. J’y vois une stratégie d’aide à la conversion plus qu’une solution de substitution durable pour une entreprise qui veut externaliser la fonction Matériel. En France, les entreprises qui sont venues graduellement à la location ne nous interrogent pas sur ce type de services.

La création de la valeur se déplace-t-elle de l’aval vers l’amont ?

Le parc reste un élément fondamental pour le loueur. Cependant, ce n’est plus suffisant. La dématérialisation des facturations, le choix des marques, l’installation de dispositif de sécurité, l’entretien du parc et la formation sont des exemples de notre travail sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Tout ne peut être ramené à un simple prix, la prestation est un ensemble. Le marché ne se trompe pas sur l’offre qui lui est faite. Améliorer dans la chaîne de la valeur, la performance du rapport Qualité/Prix est une constante chez Loxam. Nous continuons d’y travailler en France comme à l’international, pour les grands comptes comme pour l’ensemble de notre clientèle dans sa plus large diversité.

Jean-Noël Onfield

 

LES CHIFFRES GROUPE LOXAM

815 millions d’euros (CA 2014)

+1 % variation 2014/2013

+2 % variation 2015/2014*

490 agences Loxam Rental

57 agences Loxam Access

11 agences Loxam Power

10 agences Loxam Modules

9 agences Loxam City

3 agences Loxam TP

11 pays

4 400 collaborateurs