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Infrastructures – Macron dévoile les premières orientations de sa politique des transports

3 juillet 2017
<span>Infrastructures</span> – Macron dévoile les premières orientations de sa politique des transports

A l’occasion de l’inauguration de la ligne LGV Paris-Rennes, initiée par Nicolas Sarkozy dans le cadre du plan de relance après la crise de 2008/2009, Emmanuel Macron a exposé sa stratégie en matière de mobilité. Décryptage.

L’Etat ne lancera pas de grands chantiers tant que la loi d’orientation des mobilités ne sera pas adoptée.

Près de 50 ans après le discours du Général de Gaulle à Quimper, lançant le plan routier breton, soit 1 000 km de voies express 2×2 voies qui a permis de désenclaver le territoire, le Président Macron, dans sa prise de parole à son arrivée à Rennes, a souligné « la volonté et la capacité française à aller de l’avant et à porter des grands projets ». « Il s’agit d’une nouvelle étape décisive pour l’accessibilité du territoire breton qui s’est jouée, (…) avec de nouvelles opportunités, une ouverture économique, touristiques, avec une plus grande attractivité de la Bretagne qui est permise ».

Mais ce succès technique et les belles perspectives économiques et sociales qu’il implique, ne doivent pas faire renoncer à penser la mobilité du futur. « Nous devons l’admettre, malgré la fierté d’inaugurer le projet aujourd’hui, bien des combats restent à mener ; les infrastructures essentielles à notre attractivité, sont insuffisamment entretenues.

Le réseau routier national ou fluvial, dont l’état à certains endroits reste inacceptable, le réseau ferroviaire dont l’entretien est financé par une dette dont l’accroissement ne pourra pas se poursuivre éternellement, enfin nos ports qui ne sont pas à la hauteur des  grandes nations maritimes que nous devrions être et que supplantent tant de concurrents étrangers pourtant moins bien lotis que nous », indique Emmanuel Macron, « c’est pourquoi le combat que je souhaite engager pour les prochaines années, est celui des transports du quotidien, celui de l’ensemble des mobilités qui est prioritaire à mes yeux ».

Mobilités

Le propos du Président de la République est clair : le rêve des cinq prochaines années ne pourra pas être un nouveau grand projet comme la ligne LGV en Bretagne. « Si c’est cela que je vous promettais, quelque part je vous mentirais, et nous avons vécu dans le secteur sur beaucoup de mensonges, parce que ces dettes accumulées, un jour, quelqu’un les paiera, parce que les ouvertures se poursuivront, parce que nos défis sont toujours les mêmes et eux aussi accélèrent et parce que vos mobilités changent », déclare Emmanuel Macron, « la réponse aux défis de notre territoire, n’est pas aujourd’hui d’aller promettre des TGV ou des aéroports de proximité à tous les chefs-lieux des départements de France, mais c’est bien de repenser et de réarticuler les mobilités du XXIème siècle, la capacité à rejoindre le point le plus pertinent pour une ville qui n’est pas toujours la capitale. C’est cette mobilité qui fait le quotidien de nos concitoyens qu’il nous faut repenser. Pour tous nos concitoyens qui vivent autour des grandes métropoles, nous n’avons que trop peu fait : contournements, aménagements des voies et des  transports ».

Emmanuel Macron l’affirme : « notre pays doit avoir des priorités et les multiplier toutes ou vouloir conjuguer toutes les promesses, c’est se  condamner à n’en tenir aucune. La promesse que je veux que nous tenions ensemble pour les années à venir, est celle de penser les transformations fondamentales dont notre pays a besoin et que nos concitoyens attendent». En clair, cela signifie, de ne pas relancer de nouveaux grands projets, mais s’engager à financer tous les renouvellements d’infrastructures, à les échelonner dans le temps, à le faire de manière organisée et orchestrée en donnant de la visibilité à tous les acteurs.

« Cela veut dire conduire à la transformation, et nous l’avons vu avec la SNCF des acteurs et des structures qui accompagneront l’usage. (…). La SNCF doit devenir ce nouveau champion de la mobilité du XXIème siècle et nous devons accompagner par une nouvelle stratégie d’investissement, de planification cette transformation de nos usages. Il conviendra également de corriger les dysfonctionnements, tels que les engorgements qui gâchent le quotidien de nos concitoyens ». Parmi les priorités d’actions, la Président de la République avance la mise en place d’une vraie concertation avec l’ensemble des territoires, avec, dès le 17 juillet prochain, le lancement de la Conférence nationale des territoires afin de préparer, avec les élus, les différents chantiers organisationnels, financiers et d’aménagement, dont celui des mobilités et pour lui faire écho, les assises de la mobilité suivront en septembre sous l’égide de la Ministre des Transports.

« Je souhaite que l’on parvienne ainsi, dès le premier semestre 2018, à une loi d’orientation des mobilité qui apportera enfin des réponses concrètes à ces situations que nous n’avons que trop longtemps laissé perdurer. Les lignes à grande vitesse contribuent amplement à notre développement économique, à notre cohésion sociale, à notre rayonnement international, puisque les TGV nous ont rapprochés de nos voisins européens et avec les deux nouvelles lignes inaugurées ce jour, nous atteignons incontestablement, un palier de développement.

Mais la France doit choisir et doit, à présent, davantage concentrer ses efforts, ses investissements sur la rénovation des réseaux existants, sur la réduction de la fracture territoriale qui s’est aggravée ces dernières années. C’est l’horizon de ce quinquennat et c’est le cadre des arbitrages budgétaires qui seront pris, parce que oui, des choix doivent être faits et le rapport remis il y a quelques jours par la Cour des Comptes, n’est pas un rapport de circonstance mais bien là pour nous redire à la fois nos défis et l’exigence partagée».

Aussi et pour atteindre le but fixé par le Président de la République, il convient de marquer une pause et réorienter les priorités. L’Etat ne prendra plus de nouveaux engagements. L’Etat ne lancera pas de grands chantiers tant que la loi d’orientation des mobilités ne sera pas adoptée. L’ensemble des contrats de plan Etat-Régions ne sera pas remis en cause, puisque, évidemment, ils comportent un volet important de proximité.

Loi de programmation

Cette pause doit, de fait, surtout permettre de réfléchir aux moyens de financer les infrastructures voulues pour penser une autre manière de se déplacer et pour innover dans les modes de financements. « La loi d’orientation des mobilités offrira des orientations précises, année par année, financées sur 5 ans, parce que cela fait maintenant des décennies que nous poussons progressivement des grands projets en promettant mais en ne les finançant jamais »,  conclut Emmanuel Macron, « le travail est fait, il faut simplement faire les choix ».

Outre la loi de programmation qui mettra enfin les financements en face des priorités, un  conseil d’orientation des infrastructures de transport, instance d’expertise et de dialogue entre toutes les parties prenantes, suivra la mise en œuvre de cette programmation auprès de la Ministre des Transports, associera élus, entreprises concernées par cette transformation et tous les acteurs, (donneurs d’ordre et sous-traitants) du secteur.

Dans ce domaine aussi, il faudra faire preuve d’innovation dans les financements. Le modèle du ferroviaire est à repenser dans le cadre d’une démarche globale d’amélioration de  la performance du secteur qui permettra notamment, de traiter le problème de la dette qu’il supporte. A ce titre, il n’y a pas de tabous, l’enjeu premier étant d’investir plus dans l’entretien des réseaux existants afin de répondre aux besoins quotidiens de mobilité de tous les français. Cette politique d’investissements doit s’accompagner d’une politique d’emplois.

J-N.O

Photo : Emmanuel Macron, Président de la République : « C’est cette mobilité qui fait le quotidien de nos concitoyens qu’il nous faut repenser. »