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Infrastructures – Grand Paris Express : les travaux montent en puissance

16 décembre 2016
<span>Infrastructures</span> – Grand Paris Express : les travaux montent en puissance

Le Grand Paris Expresse bascule en mode travaux. C’est le principal enseignement d’un colloque organisé par A3M à la CCI de Paris. De nombreux lots de génie civil sont en passe d’être attribués sur les lignes 14, 15 et 16. Des travaux complexes qui mobiliseront les capacités d’innovation techniques des entreprises de travaux publics et ferroviaires. Point d’étape.

p1100767Sur le Grand Paris Express, les travaux de génie civil ont débuté en juin dernier sur la ligne 15 Sud à Clamart dans la perspective d’une mise en service à la fin de 2022. Le premier tunnelier arrivera dans un an sur le tronçon Noisy-le-Grand/Champigny, rappelait Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP). D’ici au printemps prochain, huit lots de génie civil seront encore attribués pour un montant de 3 milliards d’euros. Les appels d’offres ont également été lancés sur la ligne 16 entre Noisy-Champs et Saint-Denis Pleyel, attendue en 2024.

Sur cette « ligne Olympique », le « challenge » concerne trois lots de génie civil et un autre de génie civil et ferroviaire. Par ailleurs, l’avant-projet de la 14 sud de la RATP a été approuvé par la SGP. Comme la précédente et comme la 17 et la 18, ces lignes qui sont construites en parallèle devront voir le jour en 2024. Tous les projets sont financés sur ressources fiscales et par emprunts à long terme, soulignait Philippe Evin.

1,5 milliards d’investissements en 2017

p1100734Pour 2017, « les prévisions budgétaires sont en forte hausse et s’établissent à 1,758 milliard d’euros en dépenses », indiquait un communiqué de la SGP publié le même jour que le colloque. Ces dépenses « reflètent l’activité extrêmement soutenue et le basculement du Grand Paris Express en phase travaux, y notait Philippe Yvin en ajoutant : Dès 2017, la Société du Grand Paris aura recours à l’emprunt, jusqu’à 700 millions d’euros, après avoir consommé son fonds de roulement.» Précision, la SGP envisage d’emprunter deux milliards en 2018 et 3 milliards l’année suivante.

Outre ce premier emprunt, les ressources devraient s’élever à 1,3 milliards l’an prochain. Pour l’essentiel, elles proviennent de recettes fiscales : imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (66 millions), taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement ((385 millions) et taxe spéciale d’équipement (117 millions).

Le budget prévoit 194 millions de dépenses de fonctionnement, 1,05 milliards d’investissement et 508 millions en contributions à des projets réalisés par d’autres maîtres d’ouvrage. Côté investissement, l’enveloppe se répartit entre les travaux préparatoires et de génie civil des infrastructures (456 millions), les études de maîtrise d’œuvre et d’assistance à maîtrise d’ouvrage sur les tronçons en cours de conception (194 millions), la maîtrise foncière (185 millions) et les conventions concessionnaires (89 millions).

Les contributions iront au financement des prolongements de la ligne 14 entre Saint-Lazare et Mairie de Saint-Ouen, du RER E à l’ouest, de la ligne 11, et de la modernisation des RER. « Nous votons un budget volontariste dont un tiers de l’investissement, 500 millions d’euros, est consacré au financement, par la Société du Grand Paris, du plan de modernisation des transports de la région Ile-de-France. Le milliard investi dans le Grand Paris Express révèle combien les équipes amplifient leurs efforts pour concevoir le nouveau métro », commente Jean-Yves Le Bouillonnec, président du conseil de surveillance.

Mobilisation de l’ingénierie ferroviaire

p1100746La SGP compte sur la capacité d’innovation technique des entreprises pour enrichir les projets, soulignait Philippe Yvin. Premiers acquis concrets : les 200 km du métro automatique et ses 68 gares sont entièrement conçus et construits sur maquette numérique, les matériaux consommeront 20 % d’énergie en moins et les déblais seront gérés par une filière de recyclage en cours de constitution en Île-de-France. La région et la métropole y trouveront des arguments pour se différencier dans la compétition internationale ; les bâtisseurs, « une carte de visite à l’exportation. »

Ces projets mobilisent également l’ingénierie ferroviaire française. Mathieu Dunant, directeur général adjoint France et innovation de Systra, qui a mis lui aussi l’accent sur l’utilisation de la maquette numérique (arc sud-est de la ligne 15…), y voit « une vitrine » pour son entreprise, les géniecivilistes et les constructeurs de matériels et de systèmes ferroviaires.

Arnaud Anantharaman, responsable de la mission Grand Paris à la RATP, est revenu sur l’enjeu de ces grands chantiers ferroviaires : faire coexister les nouvelles dessertes avec les 100 km de métro et de RER déjà en service, moderniser ces infrastructures (Ligne 4, 11, 12, 14) pour éviter de créer un réseau à deux vitesses. L’opérateur y consacrera une enveloppe annuelle de 1,7 milliards sur cinq ans. Les lignes du Grand Paris Expresse croisent le réseau existant sur une douzaine de sites, a-t-il rappelé. Les travaux d’interconnexion ont débuté au printemps à Arcueil à proximité des voies du RER D.

D’une manière générale, ces travaux sont techniquement assez complexes, soulignait Arnaud Anantharaman. Sur le prolongement de la ligne 14 au nord, la station Porte de Clichy a été inondée cet été. Sur la ligne 12, la hauteur de la nappe phréatique et la géologie du sous-sol complique la tâche des ingénieurs. Le prolongement de la 14 au sud constitue aussi un gros challenge technique, note le représentant de la RATP, en annonçant le lancement des appels d’offres génie civil et système pour l’an prochain. Sur ce projet, les marchés, certains « volumineux », d’autres adaptés au PME, « s’égrèneront » dans les années à venir.

J.D