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Infrastructures – Les foreurs de tunnels prennent le virage du numérique

22 mai 2017
<span>Infrastructures</span> – Les foreurs de tunnels prennent le virage du numérique

Les méthodes, les technologies et les outils de forage seront au cœur des réflexions du Congrès mondial des tunnels, annoncé du 9 au 15 juin à Bergen, en Norvège. Comment les industriels de la filière prennent-ils le virage du numérique ? Réponse du professeur Tarcisio Celestino, président de l’Association internationale des tunnels et de l’espace souterrain (Aites).

Tarcisio Celestino, président de l’Association internationale des tunnels et de l’espace souterrain : « L’utilisation de nouvelles technologies a rendu possible de nombreuses avancées en matière de fiabilité des travaux souterrains et de réduction du temps de construction. »

Organisé par l’Aites avec la Société Norvégienne de Tunnels, le congrès mondial des tunnels se focalisera sur le rôle économique et environnemental des tunnels et de l’espace souterrain, mais également sur l’apport des nouvelles des technologies de forage. Plus de 1500 experts et ingénieurs sont attendus à cette manifestation dont le thème central sera : « Les défis en surfaces, les solutions en sous-sol ».

Pollution de l’air, écosystèmes dégradés, inondations à répétition, raréfaction des ressources naturelles ou gestion des déchets : liés au changement climatique et à l’urbanisation galopante (plus de 54 % de la population mondiale vit aujourd’hui en zone urbaine) ces défis sont nombreux. Le futur de nos villes se trouve-t-il sous nos pieds ?, interroge l’organisation professionnelle. Les espaces souterrains peuvent-ils apporter des solutions efficaces pour repenser les infrastructures, les transports ou la politique de la ville ?

Une demande croissante

Le professeur Tarcisio Celestino observe « une prise de conscience croissante du public » des avantages des solutions en souterrain. Exemple : le projet Porto Maravilha, à Rio de Janeiro, au Brésil. Depuis la construction d’un tunnel, la baie de Guanabara et le Pain de Sucre sont à nouveau visible depuis le centre-ville. Depuis des décennies, la vue en était cachée par un pont autoroutier.

« Cette prise de conscience croissante se reflète par une augmentation de la demande de solutions en souterrain », poursuit Tarcisio Celestino, en précisant : « L’utilisation de nouvelles technologies a rendu possible de nombreuses avancées en matière de fiabilité des travaux souterrains et de réduction du temps de construction. »

Liée au manque d’infrastructures dans de nombreux pays, cette demande a permis à l’industrie des tunnels de conserver une activité « en légère croissance » lorsque la situation de l’économie mondiale s’est dégradée. « À l’heure actuelle, ajoute le président de l’Aites, certains signes indiquent que nous approchons d’une période de croissance importante pour notre industrie. D’après les informations transmises par l’un de nos principaux sponsors, les nouvelles commandes sont en augmentation. » Les résultats d’une nouvelle enquête de conjoncture seront d’ailleurs présentés au congrès.

Des infrastructures plus résilientes

Comment les tunnels peuvent-ils contribuer à réduire les impacts du changement cimatique et des activités humaines ? Le professeur Celestino évoque leur intérêt pour l’alimentation des réservoirs souterrains de stockage d’eau de pluies. Emblématique à cet égard : le projet MAODC (Metropolitan area outer discharge channel tunnel) de Tokyo, le parking et l’installation de gestion des eaux pluviales de Rotterdam ou encore, le tunnel multi-usage de Kuala Lumpur (SMART).

Le chef de file de l’Aites insiste aussi sur la bonne résilience des tunnels, « comparée à celle des infrastructures de transports » de surface puis résume sa pensée en citant les propos prémonitoires du Dr Aliye P. Celik, sociologue et porte-parole de la conférence Habitat II à Istanbul, lors du congrès mondial des tunnels de 1996 : « Les tunnels seront un outil utile pour l’approvisionnement en eau et en énergie, ainsi que pour les systèmes des eaux usées et des transports ».

Maîtrise des outils numériques

Quid des technologies utilisées pour la construction de ces ouvrages ? « L’évolution des tunneliers et des équipements dédiés au forage de la roche et à la projection de béton, entre autres, est remarquable », constate le président de l’Aites, en remarquant : « Pour tous ces équipements, l’utilisation massive des technologies de l’information a permis des améliorations considérables en termes de productivité et de fiabilité des travaux d’excavation. »

Les professionnels des tunnels ont pris le virage du numériques. « Que ce soit pour des creusements mécanisés ou conventionnels, l’utilisation d’équipements avec électronique embarquée a fortement augmenté, accroissant la fiabilité des excavations et diminuant le temps de construction, analyse le Tarcisio Celestino. Des progrès similaires ont été réalisés en matière de contrôle des travaux de construction en souterrain par l’utilisation de fibres optiques, d’informations obtenues par satellite… »

Bémol : « Maîtriser les outils numériques est essentiel. Cependant, comprendre la complexité des phénomènes impliqués dans les travaux de creusement de tunnels (interaction mécanique avec une masse du sol parfois caractérisée par une variabilité importante) reste toujours extrêmement important ».

J.D

Crédit photo : Aites, Freddy S Fagerheim Bane NOR.