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Grand Paris – Un chantier charnière pour le recyclage des déblais

5 novembre 2015
<span>Grand Paris</span> – Un chantier charnière pour le recyclage des déblais

Les chantiers de Grand Paris produiront 40 millions de tonnes de déblais. Comment les valoriser ? Pour Federec BTP, les donneurs d’ordres, les entreprises de travaux publics et celles de recyclage ont intérêt à se rapprocher pour mettre en place des solutions de recyclage.

Ertwan Le Meur, président de Federec BTP

Ertwan Le Meur, président de Federec BTP

« L’activité du BTP est en très forte baisse ces deux dernières années. Le projet du Grand Paris va modifier les chiffres en région parisienne. Jusqu’au démarrage réel du projet l’année prochaine, l’activité montera en puissance avec la mise en route des tunneliers, le creusement des gares et les aménagements alentours. Cela donnera enfin un peu d’air à la construction et aux travaux publics, en réseaux ou en construction de routes par exemple, en requalification de zones d’une manière générale », se réjouit Erwan le Meur, président de Federec BTP.

40 millions de tonnes de déblais

Ces travaux généreront un volume de matériaux extrêmement important. Selon Erwan le Meur, les percements de tunnel et les travaux de terrassements produiront chacun la moitié de 40 millions de m3 de déblais. La Société du Grand Paris se préoccupe de trouver «  de vraies solutions de valorisation. » La région ne dispose pas des structures capables de les valoriser. « Il faut créer des plateformes » de recyclage, explique le représentant des recycleurs. Combien ? « On peut estimer qu’un hectare de plateforme est capable de valoriser 100 000 t de produits par an. Imaginez la surface nécessaire avec 40 millions de tonnes !, répond le chef de file de Federec BTP. Evidemment, ce ne sera pas possible. Mais il faut essayer de viser un pourcentage le plus important possible en fonction du foncier disponible pour valoriser au mieux les déblais. »

Allotissement probable

La Société de Grand Paris travaille sur la question du foncier, souligne le porte-parole des recycleurs. Selon lui, les entreprises privées devront également s’y intéresser pour proposer des solutions à la maîtrise d’ouvrage et aux entreprises de construction. Pourquoi ? Parce que l’on peut penser qu’elle « allotira très certainement la gestion des déblais, ce qui n’avait jamais été fait jusqu’à présent, les déblais étant inclus dans les marchés de construction. » De ce point de vue, le chantier peut bousculer certaines habitudes, estime le président de Federec BTP. Quid des débouchés ? « En aval, imagine-t-il, les grands donneurs d’ordres publics pourraient créer un pôle de maîtrise d’ouvrage qui inciterait à utiliser des produits recyclés, terres chaulées, criblées… » Du reste, la loi sur la transition énergétique les obligera à faire évoluer leurs pratiques : « Au niveau régional, ils devront prouver qu’ils atteignent un certain seuil d’utilisation des matériaux recyclés sur leurs chantiers. » Dans ce contexte, les donneurs d’ordres publics et les entreprises de travaux ont intérêt à travailler sur la base du nouveau socle réglementaire. Les premiers sont prêts à s’organiser, souligne Erwan le Meur. Les seconds doivent également prendre des initiatives. « En tout cas, affirme-t-il, les entreprises de recyclage seront là pour les aider à avancer sur des principes de valorisation par le biais de partenariat. »

J.D

Photo : Nouveau site de valorisation des déblais de chantiers ouvert par Extract Ecoterres à Bruyères-sur-Oise, dans le Val d’Oise.

Travaux publics : renchérir les coûts de mise en décharge

Dans une conjoncture qualifiée de très difficile, l’activité des recycleurs de déchets de toute nature s’est légèrement contractée l’an dernier. Malgré des volumes en progression (+ 4 % à 74 millions de tonnes), le chiffre d’affaires du secteur s’est légèrement replié (-2 % à 9,03 milliards). Un décalage que son président, Jean-Philippe Carpentier, président de Federec, explique par la fluctuation des cours et des prix. Ceux des « matières vierges » (pétrole, fer, cuivre…) ont atteint leur « plus bas niveau historique » et viennent concurrencer les matières premières issues du recyclage. Dans les travaux publics, la crise s’est traduite par une chute de 15 à 20 % des volumes de déblais, assure Erwan Le Meur, président de Federec BTP. Des déblais qui sont composés de déchet inertes pour 90 à 95 %. Il se recycle environ 1 millions de tonnes annuelles de terres de déblais dans l’hexagone, dont une bonne partie en Île-de-France, évalue Erwan le Meur. Un marché qui pourrait être trois fois plus important si les pouvoirs publics renchérissaient les coûts de mise en décharge ou si les maîtres d’ouvrage prenaient des initiatives pour les valoriser. Vingt à vingt-cinq millions de tonnes de béton concassé de déconstruction sont également réutilisés chaque année pour une valeur estimée à 250 millions d’euros.

Chiffres clés (titre)

1 300 entreprises, 2 515 établissements

26 468 salariés

9,03 milliards de chiffre d’affaires

74 millions de t de déchets recyclés

210 millions de t de déchets dans les travaux publics

40 millions de t dans le bâtiment

Source : Observatoire statistique de Federec