Suivez-nous :         kit média      
Accueil - Marchés - FNTP – Un soutien massif à l’investissement local s’impose

FNTP – Un soutien massif à l’investissement local s’impose

4 mai 2020
<span>FNTP</span> – Un soutien massif à l’investissement local s’impose

Une nouvelle fois, la FNTP tire la sonnette d’alarme : sans un recours immédiat et massif à l’investissement local, c’est tout le secteur des travaux publics en France qui court à la catastrophe. Explications.

Pour la fédération, le constat est sans appel : la crise cumulée à des élections municipales chamboulées et une baisse des recettes des collectivités locales risquent de marquer un coup de frein fatal à l’activité de nombreuses TPE et PME avant même la fin de l’année 2020. Et la fédération de chiffrer le préjudice. L’impact de la crise sur les recettes des collectivités locales est d’ores et déjà estimé à plusieurs milliards d’euros, jusqu’à 9 milliards d’euros en 2020 selon une première estimation. Ce montant résulte d’un calcul simple. L’arrêt brutal de l’activité immobilière suivi d’une reprise progressive entraînera une baisse très importante des droits de mutation, ressource essentielle des départements, estimée à plus de 3 Md€ pour cette année. Le ralentissement de l’activité économique impactera la fraction de TVA des régions de plusieurs centaines de millions d’euros. Enfin le confinement a stoppé les déplacements individuels et collectifs ce qui va fortement réduire les recettes de TICPE ainsi que le Versement mobilité des EPCI et plus largement de l’ensemble des AOM. Plusieurs autres recettes seront également touchées même si leur impact sera moindre : les recettes liées aux services publics payants, taxe de séjour, droit de stationnement,…

Choc de trésorerie

Sous le précédent quinquennat, la baisse des dotations de l’ordre de 11,5 milliards d’euros en trois ans avait conduit à une forte baisse de l’investissement public local de -18% entre 2013 et 2016 et une baisse de plus de 20% de l’activité des travaux publics auprès des collectivités locales. Les entreprises de travaux publics restent tributaire de la commande des collectivités locales.

A cela s’ajoute l’impact traditionnellement observé des années électorales sur l’investissement local. Aujourd’hui, les inconnus autour de la tenue du second tour des élections municipales dans 5 000 communes risquent d’aggraver fortement cet effet de cycle électoral sur l’investissement local. Si le trou d’air observé aujourd’hui dans les appels d’offre devait se poursuivre, les carnets de commande des TPE/PME en viendraient très rapidement à se vider. Sans attendre les plans de relance qui seront discutés une fois la crise sanitaire passée, il convient de soutenir immédiatement la commande publique locale qui menace de s’effondrer. Parmi les propositions avancées, la FNTP  demande au Gouvernement de prendre en urgence des mesures d’incitation forte à l’investissement local, en plus des mesures indispensables pour éviter le choc de trésorerie que les entreprises connaîtront à l’été par l’addition du report des charges à payer et des surcoûts liés à la crise sanitaire. Et la FNTP d’argumenter : seule une politique de la demande soutenue des collectivités locales permettra à notre secteur de préserver son tissu économique. L’investissement public est de surcroit l’un des seuls leviers de soutien de l’activité qui demeure dans un contexte d’effondrement de la demande.

L’investissement public est de surcroit l’un des seuls leviers de soutien de l’activité qui demeure dans un contexte d’effondrement de la demande.

Le contexte est inédit. La crise sanitaire liée au COVID-19 se transforme en crise économique majeure d’une ampleur exceptionnelle. Plus que la récession c’est bien un risque de dépression qui émerge et impose un soutien aux entreprises. Quatre priorités ont été identifiées :

  1. Soutenir les entreprises en n’alourdissant pas les charges fiscales et sociales, soulageant leur trésorerie et neutralisant les effets de surcout (ces derniers non prévus, sont liés aux arrêts de chantiers et à la mise en place des mesures de protections et à la baisse de productivité),
  2. Installer les conseils municipaux pour contribuer au redémarrage de l’investissement, simplifier les procédures et réduire les délais, lever les obstacles administratifs et techniques, inciter aux heures supplémentaires,
  3. Préserver le niveau d’activité en 2020 et en 2021, en soutenant la demande publique comme la demande privée,
  4. Protéger l’employeur d’une mise en responsabilité lorsqu’il respecte les consignes sanitaires.

Faute de soutien aux entreprises et à l’activité, la « casse » sociale est inévitable, avec une montée en flèche du chômage et des défaillances, en particulier au niveau des TPE/PME.

J-N.O

Photo : L’arrêt prolongé des chantiers pourrait entrainer la filière des TP dans une spirale déflationniste.