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A la une – Politique d’investissement dans les transports : les cinq mesures à retenir

17 septembre 2018
<span>A la une</span> – Politique d’investissement dans les transports : les cinq mesures à retenir

Elisabeth Borne, la ministre chargée des Transports, a présenté le 11 septembre les principales décisions et priorités du gouvernement pour la programmation des investissements de transports. Décryptage.

27,7 milliards d’euros. C’est le montant des investissements qui seront fléchés vers les transports dans les dix prochaines années. La programmation de ces financements est une démarche inédite engagée par le gouvernement. Celui-ci ambitionne ainsi de sortir des promesses non tenus du passé, et définir pour la première fois une direction claire pour la prochaine décennie.

Le plan sera incorporé au projet de loi d’orientation des mobilités. Ce texte sera présenté prochainement en Conseil des ministres et débattue au Parlement, une autre première.

Plan décennale

Elisabeth Borne, la ministre chargée des Transports, a détaillé le 11 septembre les principales décisions et priorités du gouvernement. Tout d’abord, l’exécutif a décidé d’augmenter de manière très importante les fonds consacrés à ces installations publiques. Le calendrier prévoit donc d’investir 13,4 milliards d’euros sur la période 2018-2022, soit une hausse de 40 % par rapport à la période 2013-2017. Il inclut également la perspective d’une enveloppe quinquennale en progression à 14,3 milliards d’euros sur la période 2023-2027.

Ces mesures traduisent quatre ambitions : faciliter les déplacements ; accélérer la transition écologique ; contribuer à la cohésion des territoires ; et renforcer l’efficacité des transports de marchandises. Pour parvenir à ses fins, le gouvernement a annoncé cinq programmes d’investissements prioritaires :

  • l’entretien des réseaux existants, en particulier le réseau routier national. Les moyens destinés à cette tâche augmenteront de 31 % durant la décennie 2018-2027 et de 25 % sur ce seul quinquennat. La même démarche sera appliquée aux infrastructures ferroviaires et fluviales ;

 

  • l’allègement des grands nœuds ferroviaires dans les métropoles et le renforcement des liaisons avec les villes moyennes. Durant les dix prochaines années, quelques 2,6 milliards d’euros seront consacrés à cette mission ;

 

  • le désenclavement routier des agglomérations et des territoires ruraux. Une vingtaine d’opérations y concourront. Elles mobiliseront un milliard d’euros sur dix ans ;

 

  • le développement des moyens de transport propres. L’Etat lancera plusieurs appels à projets à ce sujet au cours de la prochaine décennie. Un budget de 1,2 milliard d’euros leur sera réservé ;

 

  • et enfin, le renforcement du transport de marchandises, avec un soutien de 2,3 milliards d’euros investis de l’Etat pendant dix ans.

 

Les transports du quotidien restent prioritaires. (©DR)

Le calendrier des grands projets remanié

En ce qui concerne les grands projets, le gouvernement s’inscrit dans l’approche nouvelle proposée par le Conseil d’orientation des infrastructures (COI). Celui-ci avait recommandé un phasage des opérations qui donnerait la priorité aux infrastructures les plus cruciales pour les déplacements quotidiens.

Durant les prochaines semaines, la ministre rencontrera à nouveau chaque président de Région pour finaliser la planification relative à leur territoire. Elle pourra ainsi annoncer au mois d’octobre un programme complet destiné au projet de loi d’orientation des mobilités.

Le compte n’y est pas

Commentant ces mesures, Hervé Maurey, président de la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable et membre du Comité d’orientation des infrastructures, estime que le compte n’y est pas. Selon le sénateur de l’Eure, il manque 1,5 milliard d’euros pour que les objectifs établis par la président de la République soient tenus. L’élu déplore que les montants annoncés ne soient pas à la hauteur des enjeux et des urgences en la matière. En effet, ceux-ci sont inférieurs au deuxième scénario élaboré par le COI, soit 14,6 milliards d’euros. Cette hypothèse était pourtant pensée pour satisfaire les impératifs définis par Emmanuel Macron lui-même.

En outre, Hervé Maurey s’étonne que ce plan n’indique rien quant aux financements de ces opérations. Cette lacune alimente les craintes de la mise en place d’un nouveau prélèvement pour les usagers de la route, alors qu’il conviendrait d’affecter aux voiries les ressources crées à cette fin tels que la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques ou les recettes des radars.

J.-N. O.