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Désamiantage routier – Quelles responsabilités pour les maîtres d’ouvrage ?

26 mai 2016
<span>Désamiantage routier</span> – Quelles responsabilités pour les maîtres d’ouvrage ?

Comment désamianter un revêtement routier en prenant toutes les précautions nécessaires ? Quels sont les paramètres à privilégier et les principales étapes à suivre pour les maîtres d’ouvrage concernés ? Réponse de Camille Méjean, chargée d’études chez Ginger CEBTP.

« Interdite depuis 1997, l’amiante est toujours bien présente dans un grand nombre de revêtements routiers et représente encore un risque

Camille Méjean, chargée d’études chez Ginger CEBTP : « Le terme « amiante » est sujet à polémique, car il n’y a pas un amiante mais une dizaine, dont six sont interdits, les autres n’étant pas mentionnés dans la réglementation. »

Camille Méjean, chargée d’études chez Ginger CEBTP : « Le terme « amiante » est sujet à polémique, car il n’y a pas un amiante mais une dizaine, dont six sont interdits, les autres n’étant pas mentionnés dans la réglementation. »

majeur pour la santé des travailleurs sur les chantiers de travaux publics », explique la chargée d’études. Pour prévenir ce risque, une circulaire ministérielle du 15 mai 2013 oblige à réaliser des tests pour établir la présence éventuelle d’amiante puis à équiper les travailleurs en conséquence. La responsabilité en incombe aux maîtres d’ouvrage, sociétés autoroutières ou collectivités locales, lesquels doivent élaborer des stratégies de prévention efficaces. Quels sont les paramètres à prendre en compte et les principales étapes à suivre ?

Caractériser les enrobés

La première obligation d’un maître d’ouvrage est de contacter une entreprise compétente. Celle-ci sera chargée de caractériser les enrobés routiers concernés. « Cette caractérisation doit porter sur « l’amiante » et les hydrocarbures aromatiques polycycliques ou HAP, des polluants dont la teneur ne doit pas excéder certains seuils réglementaires Le terme « amiante » est sujet à polémique, car il n’y a pas un amiante mais une dizaine, dont six sont interdits, les autres n’étant pas mentionnés dans la réglementation », souligne Camille Méjean. Sont d’abord recherchés dans les enrobés la présence d’amiante chrysotile, dit « industriel », mais il arrive que soit trouvé aussi des traces d’amiante « naturel », lequel est réglementé, comme de l’actinolite asbestiforme ou des fragments de clivage, non réglementés pour le moment. Précision : « L’ANSES a récemment publié un avis au sujet de ces fragments de clivage et recommande à l’Etat de ne plus parler d’amiante mais de « particules minérales allongées » ou PMA. »

Caractériser le risque

Après avoir choisi un prestataire, le maître d’ouvrage peut lancer campagne de caractérisation sur l’ensemble de son réseau ou sur chacun des chantiers qu’il décide d’ouvrir. Les tests prennent la forme de carottages effectués sur chaque portion de route à une profondeur variable selon le type de travaux envisagé. Les échantillons prélevés sont analysés en laboratoire au microscope électronique à transmission (recherche de fibres d’amiante) puis les résultats des mesures communiqués au maître d’ouvrage.

Choisir une entreprise de travaux

Après avoir pris connaissance de ces données, le maître d’ouvrage doit choisir une entreprise de travaux qui dispose des habilitations adéquates: habilitation aux travaux de sous-section 4 pour les plus superficiels et de sous-section 3 pour les plus conséquents (rabotage, démolition…). A noter : il peut exiger que son prestataire fournisse les attestations de formation du personnel et les descriptions des modes opératoires validés par la médecine du Travail.

Limiter les risques d’exposition

Pendant les travaux, la maîtrise d’ouvrage doit s’assurer que le prestataire a pris toutes les mesures de sécurité. Les équipements de protection individuels et collectifs en particulier doivent être adaptés au niveau de risque, sachant que les normes qui s’y appliquent ont été durcies. Confiés à une entreprise spécialisée, des mesures d’empoussièrement peuvent également être réalisés sur le chantier pour vérifier que les ouvriers ne sont pas exposés à des taux trop élevés d’amiante. Dernier conseil de Camille Méjean : « Le maître d’ouvrage doit se tenir au fait de l’évolution de la réglementation et de la recherche afin de pouvoir anticiper les bonnes pratiques à adopter et planifier intelligemment les campagnes de caractérisation des enrobés et les chantiers. Autant de mesures qui permettront ultérieurement de réduire les coûts et de limiter les risques sanitaires. »

J.D