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Covid-19 – Pourquoi Evolis réclame un plan de relance pour sauver une industrie fragilisée

4 mai 2020
<span>Covid-19</span> – Pourquoi Evolis réclame un plan de relance pour sauver une industrie fragilisée

Anticipant la crise économique liée à la pandémie de COVID-19, Evolis demande la mise en place d’un environnement fiscal, social et réglementaire propice à une relance suffisamment forte et rapide pour sauver les emplois et maintenir l’outil productif.

Intervenants sur les marchés de l’eau, du bâtiment, des travaux publics, de la logistique, de la distribution, de l’énergie et de l’industrie, les adhérents du syndicat sont très actifs à l’export. Leur exposition aux chutes de commandes liées à la crise sanitaire est donc très variable en fonction de l’évolution de la pandémie. Déjà la baisse de chiffre d’affaires se généralise et la visibilité du carnet de commandes se raccourcit entrainant des interrogations sur la dynamique de reprise. Difficulté supplémentaire, les équipementiers font tous face aux difficultés de production liées au confinement, à la réorganisation nécessaire pour respecter les mesures barrières et à des problèmes d’approvisionnement de composants notamment quand des pays ont décidé de stopper complètement leur activité économique, comme l’Italie et l’Inde. « Nous observons une différenciation entre les produits et les marchés » commente Renaud Buronfosse, délégué général d’Evolis, « certains de nos adhérents évoluant dans des secteurs « vitaux » n’ayant jamais arrêté leur activité, quand les fabricants servant les marchés de la construction et des infrastructures ont subi un arrêt brutal dès l’annonce du confinement et, plus en amont, en raison des problèmes d’approvisionnement en provenance de Chine et d’Italie ».

Renaud Buronfosse, délégué général d’Evolis : « nous observons une différienciation entre les produits et les marchés ».

Carnet de commandes

Depuis, la situation s’est légèrement améliorée, la plupart des industriels ayant redémarré, certes en mode dégradé. A ce stade, et sous réserve que la crise sanitaire n’empire pas, la contraction de la production pourrait se situer autour de 20 à 30% à fin 2020, la situation étant plus compliquée pour 2021. Explication : l’absence de prise de commandes depuis un mois. « Nos adhérents sont plus inquiets pour leur facturation 2021 que pour celles de l’année en cours, après un bon premier trimestre », rapporte Renaud Buronfosse. « A mi-avril, la prise de commandes est en repli de près de 50%, la demande domestique comme l’export étant atones ».

 A mi-avril, la prise de commandes est en repli de près de 50%

Difficile de se projeter dans le contexte actuel et toutes les incertitudes qui encadrent la reprise des chantiers, la tenue du second tour des élections municipales ». L’outil de production est grippé. Pour le délégué général, « le choc est certainement plus important que celui auquel nos adhérents ont été confrontés en 2008/2009, notamment en raison de l’absence de visibilité sur l’évolution de la situation sanitaire à l’échelle mondiale et sa complexité ».

Mesures compensatoires

À la fin de la crise sanitaire, quand aucune restriction ne limitera l’activité économique, la reprise de l’activité à un niveau normal prendra du temps car il faudra reconstituer le carnet de commandes, remettre en route des moyens de production, réactiver les filières d’approvisionnement…

Afin de reconstituer le carnet de commandes, remettre en route les moyen de production et réactiver les filières d’approvisionnement, le syndicat propose un plan de relance gouvernemental qui devra être opérationnel dès la fin de la crise sanitaire et pour une durée de plus d’un an, jusqu’à fin 2021 au minimum. Deux dispositifs financiers qui permettraient de soutenir la filière :

-le dispositif de suramortissement des investissements semble incontournable. Aujourd’hui, le « suramortissement numérique » est réservé à une liste restreinte d’opérations de modernisation de l’outil productif des PME ; il devrait être généralisé à tout type d’investissement dans l’outil industriel quelle que soit la taille de l’entreprise.

-les impôts de production (C3S, CVAE et CFE), qui pénalisent les entreprises produisant en France par rapport à leurs concurrents internationaux. Ces trois impôts sont extrêmement nocifs pour les entreprises et leur suppression permettra de soutenir très efficacement l’offre en améliorant la compétitivité et la productivité des entreprises. Leur suppression contribuerait à relancer rapidement l’activité productive et d’envisager le développement à moyen terme de nouvelles activités dans l’hexagone.

Côté social, l’enjeu principal est de renforcer la flexibilité du temps de travail et de faciliter les prêts de main d’oeuvre et la mise à disposition de salariés entre sociétés. Un système d’assurance-crédit limitant le risque inter-entreprises pourrait être étudié, afin de redonner la confiance à l’ensemble des entreprises grâce à un dispositif qui permettrait de couvrir uniquement les clients de petite taille de type TPE, en France mais aussi à l’international. Enfin, Evolis plaide pour le report de la mise en oeuvre de toute nouvelle exigence règlementaire technique tant au niveau français qu’européen. A quelle échéance ? Au moins un an après la fin de la crise sanitaire, afin de concentrer les ressources des entreprises sur la reprise de l’activité. Le retour à la normale sera long, la situation étant totalement inédite.

J-N.O

EVOLIS : fiche d’identité

320 adhérents

14,3 Mds € CA dont

9,6 Mds € d’exports

54 600 emplois directs

5 domaines : biens d’équipement de la construction et des infrastructures, des matériels fluidiques, des biens d’équipement de manutention et de la sidérurgie.