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Analyse – Vers une économie sans croissance ?

1 juillet 2016
<span>Analyse</span> – Vers une économie sans croissance ?

A l’occasion de la convention annuelle du syndicat des équipements pour la construction, les infrastructures, la sidérurgie et la manutention (Cisma), Denis Ferrand, directeur général de COE Rexcode, s’est évertué à expliciter une situation aussi complexe  que fragile et incertaine et à esquisser quelques pistes pour évoluer dans une économie sans croissance.

Denis Ferrand, directeur général de COE Rexcode

Denis Ferrand, directeur général de COE Rexcode

Selon Denis Ferrand, il semble acquis que l’économie mondiale achève un cycle d’expansion. Depuis plusieurs années, les prévisions de croissance sont systématiquement  en-deçà des réalisations. Illustration : la croissance du PIB mondial a été inférieure à 3% pendant deux trimestres consécutifs cette année. « L’activité mondiale n’apparaît pas en mesure de rebondir à court terme », commente Denis Ferrand, «en glissement sur une année, le recul du PIB en Amérique du Sud et en Russie a été modéré, la stabilisation de la progression du PIB en Asie étant masquée par un ralentissement récent ». De fait, le changement du modèle en Chine, dans un environnement de développement intégré,  est avant tout une transformation de son modèle d’internationalisation. Autres facteurs impactant la croissance mondiale, la fragilisation des économies exportatrices de pétrole et l’envolée de la dette, qui se traduit pas un service de cette dernière désormais élevé. Résultat ? Les anticipations de l’activité, qui se dégradent dans la zone Asie-Pacifique, restent globalement médiocres ailleurs, et en particulier en Amérique du Sud. Restent l’Amérique du Nord et l’Europe, avec le rythme de croissance relativement faible. Dans ce contexte, quelle source à la croissance peut-on identifier dans les économies avancées ? « Les gains de productivité sont de moins en moins facteur de croissance », répond Denis Ferrand, « les économies émergentes ralentissent, certes, mais elles resteront le principal moteur à la croissance mondiale à l’horizon 2020 ». Croissance américaine stagnant en dessous de 2%, coup de frein en Chine, pic de croissance en zone Euro, précédant le « brexit », taux réels négatifs des deux côtés de l’Atlantique, …. la période récente ressemble moins à une reprise économique mondiale qu’à la fin d’un cycle réel et financier d’expansion.

Facteurs d’opportunités

Renaud Buronfosse, délégué général du Cisma

Renaud Buronfosse, délégué général du Cisma

Le scenario de croissance durablement modeste apparaît comme vraisemblable. Sans occulter ni négliger différents risques (rechute du pétrole, fragilité du système bancaire, défaut de paiements, …), et en l’absence de gains de productivité « accessibles », il va falloir composer avec une croissance durablement faible. Cela, malgré la révolution numérique. Pourquoi ? « Parce que les gains associés aux diffusions des nouvelles technologies sont de plus en plus  des gains de bien-être non marchands, mais qui réinventent les modèles économiques en distinguant le lieu d’usage de ces outils de la localisation finale de la valeur » explique Denis Ferrand. Cela pose la question de savoir si les gains de productivité et le numérique sont compatibles. Entre les « technoptimistes » et les « écopessimistes », Renaud Buronfosse, délégué général du Cisma, ne veut pas choisir, la question ne se posant pas dans ces termes pour les producteurs de biens d’équipements, par opposition aux biens de consommation. Son crédo ? Le service, au sens exhaustif du terme et la capacité de l’industriel à personnaliser son offre par segment de clientèle. Les gains de productivité dans les TP résident dans cette palette de solutions à valeur ajoutée. « Le maître mot est l’innovation, à tous les niveaux de l’entreprise », souligne Renaud Buronfosse, « depuis le bureau d’études et l’outil de production qui doit être plus souple et plus réactif jusqu’au management et des ressources humaines, l’entreprise doit être réorganisée pour gagner en résilience ». Cela commande de disposer de compétences avérées. « Dans un environnement complexe et mouvant, la qualité des collaborateurs est essentielle pour être en capacité de s’adapter en permanence », ajoute Renaud Buronfosse, « les fonctions commerciales et marketing doivent être repensées en privilégiant les stratégies à même d’adresser chaque cible avec l’offre la plus personnalisée possible ». C’est ce que font, par essence, les spécialistes, dont la raison d’être est d’innover pour apporter une solution efficace à une application ciblée. Cela explique que, même dans une économie atone, ils disposent de relais de croissance, en particulier en Europe. Même constat pour tous les industriels positionnés sur les matériels pour travaux d’entretien, de maintenance, de réhabilitation et de rénovation et de sécurisation qui sont en mesure d’apporter le service

J-N.O