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Profession – Les entreprises de TP avec les collectivités territoriales pour un partenariat gagnant-gagnant

16 novembre 2020
<span>Profession</span> – Les entreprises de TP avec les collectivités territoriales pour un partenariat gagnant-gagnant

Activer au plus vite les projets des collectivités locales. C’est ce que demandent les entreprises de TP pour que la commande publique reprenne dans les plus brefs délais en Bourgogne-Franche-Comté. Explication avec Vincent Martin, Président de la Fédération Régionale des Travaux Publics.

Légende : Les cellules économiques régionales ont identifié un grand nombre de projets planifiés qui ne demandent qui ne demandent qu’à être finalisés (photo d’archive).

Être reconnu comme « essentiel » à la nation, c’est une responsabilité et c’est surtout une chance d’être acteur des territoires. Sur ce postulat, la FRTP Bourgogne-Franche-Comté en appelle aux élus locaux pour qu’ils profitent de tous les outils mis à leur disposition et investissent pour des territoires plus attractifs et plus durables. Une action concertée à l’échelle de la région, vitale pour la pérennité des entreprises et la préservation de l’emploi. « Nous sommes prêts », confirme Vincent Martin. « Il faut investir vite. Il faut que nos élus locaux, ainsi que l’ensemble des services, dont ils ont la charge, se mobilisent ». De fait, ce sont les élus qui identifient les besoins de développement et d’entretien des infrastructures sur les territoires. Ils doivent ensuite, avec leurs services dédiés, étudier la faisabilité technique et financière de leurs projets et lancer des marchés de travaux, conformément à la règlementation en vigueur. « Comme ailleurs en France, nos 1100 entreprises ont été confrontées à un arrêt brutal des appels d’offres à partir du mois d’avril, sans reprise depuis, alors que nous attendions un rebond en septembre », rappelle Vincent Martin. « Il semblerait que les services techniques dans les collectivités se soient endormis sur les dossiers. A ce jour, nous n’avons pas de visibilité au-delà de la fin de l’année. Il y a d’autant plus urgence à accélérer la sortie des appels d’offres que la volonté politique, me semble-t-il est là. Il faut simplement que les services généraux des communes, des intercommunalités, des départements et des régions soient plus dynamiques. Il en va de la survie de nos entreprises. Avec le deuxième confinement et le recours massif au télétravail, nous sommes inquiets ». La filière est fragilisée. « Grâce à la mobilisation de nos équipes pendant l’été, nous avons pu rattraper une partie du retard dû au premier confinement. Jusqu’au mois de septembre, nos entreprises ont bien travaillé », commente Vincent Martin. « A ce stade, nous pouvons anticiper un recul de l’ordre de 10 à 12% à la fin de l’année par rapport à 2019, soit un volume d’affaire de l’ordre de 1,5 Mds €. Les TPE sont les plus exposées. Quand habituellement leur carnet de commandes représente un mois d’activité, voire un mois et demie, aujourd’hui elle a une semaine à 10 jours devant elles ». Pour les structures plus importantes qui, en temps normal, disposent de deux mois à trois mois d’activité en carnet, ce volume est ramené à un mois au plus.


Vincent Martin, président de la FRTP Bourgogne-Franche-Comté : « La volonté politique est réelle. L’argent est là. Aux services techniques des collectivités de lancer les appels d’offres ! »

Plan de relance

D’une manière générale, toutes les entreprises se demandent si elles auront de quoi occuper leur personnel le mois prochain. Beaucoup d’entre elles se posent la question de mettre leur personnel en chômage partiel, voire pour certaines de procéder à des licenciements d’ici à la fin de l’année. Rappelons que les TP représentent 11 000 emplois directs dans la région. Il faut donc agir très vite, le principal risque étant, pour les entreprises ayant eu recours prêt garanti par l’État (PGE), de se retrouver confrontées à son remboursement au cours du premier semestre 2021. Sans visibilité sur son activité ni carnet de commandes, ces entreprises vont inéluctablement à la faillite. Comme le souligne Vincent Martin, « le plan de relance « France Relance » qui a pour objectif d’enrayer la crise économique, permet d’obtenir des financements exceptionnels. Saisissons donc ensemble cette opportunité ! Les services de l’État, les agences de l’eau sont également mobilisés pour faire accélérer vos projets ». L’État, les élus mais aussi et surtout les services techniques des collectivités locales doivent se mobiliser car, ce sont elles qui peuvent sortir les dossiers, et donc, in fine, détiennent la clé. « Le plan de relance est ambitieux pour les Travaux Publics. Les aides attribuées aux collectivités sont sans précédent. Les nombreux bras de levier n’ont jamais été aussi nombreux. Ils constituent un formidable moyen d’action. Il faut le dire : contrairement à la crise précédente, le problème actuel n’est pas l’argent. Les moyens sont là. Il faut les utiliser », argumente Vincent Martin. « Pour cela, il faut que les collectivités, avec l’aide des Préfets, sortent les dossiers avant la fin de l’année. Les préfets ont été très clairs : faute de dossiers présentés d’ici à la fin de l’année, les budgets seront perdus. Il en est de même pour les dotations européennes. Il faudra donc suivre les sorties de dossiers des appels d’offre d’ici à la fin du mois de novembre pour voir si nous avons été entendus ».

Levier d’actions

Les TP ont la chance de pouvoir continuer à travailler. Depuis plus de cinq ans, l’hiver ne fait quasiment pas sentir ses effets dans la région. Cela a permis aux entreprise de travailler jusqu’à la mi-décembre pour reprendre début janvier. Cela laisse un mois de travail. Un mois capital pour les TP en Bourgogne-Franche-Comté. A l’échelle régionale, les montants du plan de relance sont de l’ordre de 200 millions d’euros. Les TP sont tributaires des départements et des communes, une part de leur carnet commande venant des régions. Cependant, la profession doit bénéficier d’un complément de budget en provenance du CPER. Explication : la prolongation du contrat de plan État Région quinquennal 2015-2020, qui a été reconduit en 2018 à 2022. Des financements fléchés vers les grands projets, dont les entreprises ont également besoin. « L’inertie inhérente à ces travaux fait qu’ils ne feront pas sentir leurs effets dans les trois prochains mois. Or c’est à cette échéance qu’il faut raisonner. Actuellement, ce ne sont pas eux qui peuvent influer sur la tendance », prévient Vincent Martin. « Nos entreprises ont besoin de petits chantiers, c’est-à-dire de travaux d’entretien, de remise à niveau, de modernisation et de sécurisation du patrimoine, qui sont le quotidien de nos agences de travaux. J’ajoute que ces projets sont identifiés et qu’ils sont prêts à être lancés. C’est le cas des travaux d’entretien routier, de VRD et d’assainissement qui représentent 80% de notre activité ». A ce titre, il faut souligner que les agences de l’eau sont également partie prenante de la relance. Elles aussi disposent de budgets travaux conséquents. Et Vincent Martin d’ajouter : « C’est aux préfets de région et de département, avec qui nous avons des réunions régulières et qui sont nos alliés, de coordonner l’action au niveau local Sans cette coordination, il ne se passera plus rien dans nos territoires. Nous avons fait la démonstration de pouvoir assurer la santé sanitaire de nos salariés tout en poursuivant nos activités. Il faut donc saisir cette opportunité et faire en sorte que la filière contribue à l’activité économique du pays. Je dis aux collectivités : donnez-nous les moyens de travailler, donnez-nous de la visibilité. Un entrepreneur sans visibilité, n’investit plus, n’embauche plus. L’enjeu est de passer le début de l’année prochaine. A plus long terme, je suis confiant dans les perspectives pour la profession dans la région. Hormis Dijon Métropole, la Bourgogne-Franche-Comté est une région rurale. La réactivité y est meilleure. Avec l’aide technique que leur apporte le département, elles n’ont pas besoin de maître d’œuvre pour sortir un appel d’offre ».
J-N.O