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Logiciels – Wizzcad et Upcyclea, le BIM qui anticipe le recyclage

30 novembre 2020
<span>Logiciels</span> – Wizzcad et Upcyclea, le BIM qui anticipe le recyclage

Le 24 novembre, l’éditeur de plate-forme de suivi de chantier a annoncé un partenariat avec Upcyclea. Cette entente donnera la possibilité d’établir à partir d’une maquette numérique la liste des matériaux obtenus lors de la déconstruction du bâtiment.

(Photo ci-dessus : pour améliorer la prise en charge des déchets de la déconstruction, Wizzcad et Upcyclea proposent de générer la liste des matériaux disponibles à partir du BIM. CDF)

En 2020, les logiciels de suivi de chantier cherchent à se démarquer. Après Finalcad qui est passé au gratuit, Wizzcad a rendu public le 24 novembre son partenariat Upcyclea, une société spécialisée dans l’assistance à maîtrise d’ouvrage en économie circulaire, éditrice du logiciel Myupcyclea. Cet accord porte sur des échanges de données entre les plate-formes des deux entreprises. Cette combinaison donne une idée de l’avenir de la déconstruction.

D’un côté, Wizzcad propose une application de partage d’information conçue pour les projets de construction, du BIM aux messages instantanés. De l’autre, Myupcyclea se compose d’une base de données compilant les caractéristiques environnementales de matériaux de construction ; d’un système de calcul d’indicateurs d’un parc immobilier (empreinte carbone, degré de circularité, non-toxicité et valeur financière des matériaux en cas de déconstruction) ; et d’un module de gestion qui détermine des débouchés pour les produits de déconstruction en fonction de la demande.

Banque de matériaux

Lors de la conception d’un bâtiment, Wizzcad sert notamment à partager les maquettes numériques. Avec cette passerelle entre les deux programmes, Wizzcad pourra associer aux objets BIM enregistrés les caractéristiques environnementales provenant de la base de données de Myupcyclea. Ce dernier pourra récupérer la liste des objets et l’ajouter à la banque virtuelle de matériaux du propriétaire. « L’édifice est ainsi livré avec un degré de recyclabilité et une valeur économique à la déconstruction. C’est une valeur supplémentaire pour le bâtiment », souligne Éric Allodi, directeur général d’Upcyclea, à l’occasion d’un webinaire sur le sujet, le 26 novembre.

Le responsable cite le cas d’Accor. Depuis 2019, le groupe hôtelier a entrepris de bâtir des « chambres circulaires » où le réemploi et le recyclage des éléments sont anticipés. « Si on construit des bâtiments en les considérant comme des banques de matériaux, l’économie circulaire devient beaucoup plus simple », observe Marc Germain, vice-président chargé des ventes de Wizzcad, durant la même conférence.

Débouché en fonction du marché

Par ailleurs, Wizzcad ambitionne de devenir le carnet d’entretien des services généraux. Les changements des bâtiments enregistrés sur la plate-forme modifieraient automatiquement la banque de matériaux de Myupcyclea. Le propriétaire pourrait ensuite utiliser son module de gestion afin de trouver des débouchés à ses rebuts. Plusieurs pistes sont possibles : réemploi en interne dans un autre bâtiment, exploitation des matériaux par l’industrie ou mise en vente sur une plate-forme. « Notre logiciel sélectionne un exutoire en fonction des besoins du marché et des opérations de transformation nécessaire », indique Éric Allodi.

Le directeur général plaide pour la création d’une nouvelle fonction, le « ressources manager ». Cet administrateur organiserait les flux de matériaux, entrant ou sortant du patrimoine immobilier du son employeur. Si une telle profession existe un jour, elle deviendra sans doute le principal interlocuteur des entreprises de déconstruction.

Un gros travail

Néanmoins, Éric Allodi reconnaît que la situation actuelle est éloignée de ce modèle. Myupcyclea peut servir de support à diagnostic ressources avant une opération déconstruction. Mais les matériaux ne sont pas toujours faciles à identifier. En outre, la qualité du diagnostic varie beaucoup selon l’expérience de l’auditeur. « Ce serait plus efficace si une banque existait en amont », remarque-t-il.

Les maîtres d’œuvre et les entreprises de déconstruction semblent également accrocher à leurs habitudes. « Nous avons mené plusieurs audits pour le compte de maître d’ouvrage. La déconstruction demeure un secteur très linéaire. Certains prestataires ne recourent qu’à un nombre limité de filières. Des matériaux récupérables partent à l’enfouissement. Nous avons eu des cas où sur 85 % de valorisation de déchets, 75 % provenaient du biogaz exploité en décharge. Il reste un gros travail », conclut le directeur général. Question de budget ou de calendrier peut-être. Ces problèmes tout neufs n’ont pas encore fait l’objet de beaucoup de concertation. Un « ressource manager » dans la salle ?

M. D.