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Location – Chez Terre-net, le compacteur à déchets roule toujours deux fois

4 janvier 2021
<span>Location</span> – Chez Terre-net, le compacteur à déchets roule toujours deux fois

La restauration des biens de consommation devient petit à petit un impératif de notre société. Dans le monde des engins de chantier, la pratique est courante pour les pièces détachées. En revanche, le reconditionnement complet d’une machine se révèle bien plus ardu. Illustration avec la société Terre-net et ses compacteurs à déchets.

(Photo ci-dessus : un compacteur à déchets reconditionné par les équipes de Terre-net. TERRE-NET)

Après un demi-siècle de règne, l’idée du toujours neuf perd petit à petit de son hégémonie. Le réemploi revient dans les esprits européens. Dans le secteur des engins de chantier, il n’avait jamais disparu. Mais aujourd’hui, l’affaire intéresse un plus grand nombre d’acteurs, notamment les fabricants prêts à reconditionner leurs propres composants.

Ce regain de vigueur fait rêver de rénovation complète. Une pelle en fin de vie sort d’un atelier pour attaquer une seconde existence aussi longue que la première. Ce serait toujours quelques ressources d’épargner.

Peu d’élus

Depuis le début des années 2000, la société Terre-net s’est livrée à plusieurs expériences dans ce domaine. Cette filiale du groupe Poisson détient un parc d’environ 500 machines en location sans conducteur. La flotte est pensée pour répondre à des besoins sortant de l’ordinaire. Les pelles et les chargeuses, à pneus ou à chaînes, sont accompagnées de nombreux outils. Le client pourra aussi trouver une pelle industrielle à pneus ou à chaînes, un bouteur ou bien la spécialité de l’entreprise : le compacteur à déchets. Elle en compte pas moins de 100 en France et 30 en Australie.

Cette collection d’engins rares semblait la population idéale pour des remises à neuf. Cependant, aujourd’hui, Terre-net réalise des reconditionnements complets uniquement sur deux types de machines : les compacteurs à déchets et les tracteurs à chaînes. « Des machines spécifiques à notre activité, chère à l’achat et difficile à vendre en occasion », explique Vincent Moulinot, directeur matériels de la société.

Un compacteur à déchets mûr pour un reconditionnement complet. TERRE-NET

Seulement le châssis

Car une rénovation complète est une opération lourde. Prenons un compacteur à déchets. Terre-net en possède de deux marques, Caterpillar et Bomag. La machine a été utilisée entre 12 000 et 15 000 heures. Arrivée à l’atelier, elle va faire l’objet d’un examen exhaustif. « Nous ne gardons que le châssis, indique Vincent Moulinot. Tous les autres éléments sont contrôlés et remplacés, à moins que nous les ayons changés depuis moins de 1 000 heures. Les moteurs et les boîtes de vitesses Caterpillar, refaits à neuf, passent au banc chez Bergerat Monnoyeur avant installation. Nous procédons à des échanges standards avec Bomag. À noter, les nouveaux flexibles sont identiques aux modèles d’origine. Nous avons testé d’autres fournisseurs, sans satisfactions. »

Ces travaux nécessitent entre 1 000 et 1 400 heures. La facture représente entre 40 et 50 % du prix d’une machine neuve. « Les compacteurs repartent en location à des prix inférieurs au neuf. Nous continuerons tant que nos clients en auront besoin. Toutefois, le manque de techniciens ne favorise pas ces interventions lourdes. » La seconde vie de l’engin durera entre 8 000 à 10 000 heures. Avant de partir à la casse, les organes encore utilisables seront récupérés afin d’alimenter les réserves de pièces détachées du groupe.

L’équilibre économique du compacteur à déchets s’avère un cas particulier. Parmi les pistes abandonnées, directeur cite l’exemple des chargeuses à chaînes CAT 963C. Le loueur a tenté l’opération en 2008. « Le coût était trop élevé : 160 000 euros de reconditionnement pour un produit neuf à 200 000 euros. Certains composants ne peuvent pas être restaurés. Et le prix des pièces est beaucoup trop élevé pour ce type de machine, notamment les composants hydrauliques. »

Nouvelle vie, nouveau continent

Pour les pelles et les chargeuses, il est toujours plus facile de les revendre. D’autant plus que le groupe Poisson présente la particularité d’avoir une filiale au Canada, Marcel Equipment Limited (MEL), spécialisée dans l’occasion et le reconditionnement.

Des engins sont envoyés depuis la France à cette entité qui les commercialise sur le Nouveau Continent. « Par rapport à l’Europe, les pièces détachées sont beaucoup moins chères au Canada et en Australie, mais les machines neuves sont plus chères. Le reconditionnement est alors plus avantageux qu’en France. Le circuit idéal : acheter en Europe, reconditionner au Canada et revendre aux États-Unis, observe Vincent Moulinot. MEL a un vrai savoir-faire dans ce domaine. Ils peuvent travailler sur des engins de plus de vingt ans. Le territoire américain est suffisamment vaste pour que du matériel ancien trouve preneur. Par ailleurs, les utilisateurs possèdent une forte culture de la mécanique. Ils n’hésitent pas à bricoler eux-mêmes les machines. » Bref, économique ou culturel, le reconditionnement doit encore franchir de nombreux obstacles.

M. D.