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GT Solutions – La crise sanitaire vue de la logistique

19 octobre 2020
<span>GT Solutions</span> – La crise sanitaire vue de la logistique

Transporteur entre autres de matériaux et de béton, GT Solutions a connu une baisse d’activité durant le confinement. Si l’existence de l’entreprise n’est pas menacée, ce trou d’air n’est pas sans conséquences.

(Photo ci-dessus : après un coup d’arrêt en mars, la branche « Grand Travaux » de GT Solutions a repris aujourd’hui une activité normale. GT SOLUTIONS)

Matthieu Sarrat espérait une année calme. En septembre 2019, il prenait les rennes de GT Solutions à la suite de son père, Michel Sarrat, qui les tenaient depuis quarante ans. Si un changement de directeur général n’est jamais facile, les conditions semblaient idéales pour cette passation. Avec le rachat de Fret Industrie en 2018, le groupe de logistique industrielle a ajouté des prestations de messagerie et d’affrètement à sa palette. « Ces deux offres sont en synergie avec nos autres métiers, indique Matthieu Sarrat. Nous avions prévu une année de croissance, mais pendant le confinement, nous avons constaté une baisse de 60 % de notre activité. »

En mars, GT Solutions ne transportait plus que des denrées alimentaires et du matériel médical. La société approvisionnait la grande distribution, la restauration collective, les hôpitaux et des patients à domicile. Tout le reste s’était arrêté brutalement, notamment la distribution de matériaux (15 % de chiffre d’affaires en 2019) et la branche « Grand Travaux » (béton prêt à l’emploi et transport de matériaux solides ou liquides, 10 % du CA en 2019).

Les frigoristes à la grue

Les flux ont repris progressivement. « Après deux semaines d’arrêt, la distribution de matériau a repris à un rythme plutôt soutenu. Il est resté assez fort pendant l’été. Il y avait une dynamique de rattrapage. Pareil pour le BPE, nous sommes revenus à 100 % en septembre », explique Frédéric Vorel, directeur commercial de GT Solutions.

À l’exception de l’hôtellerie, les autres secteurs ont connu des variations similaires. L’entreprise a eu recours au chômage partiel pour ajuster ses effectifs en fonction de l’activité. Les chauffeurs frigoristes ont été les plus touchés par la situation. Certains ont été formés au maniement de la grue sur camion afin de rejoindre les secteurs de la construction et de l’industrie. Cependant, aujourd’hui, les 2 000 salariés de la société travaillent à temps plein. « Mais les volumes transportés restent plus faibles qu’en 2019 », remarque Matthieu Sarrat.

L’achat de matériels à la baisse

Cet à-coup affecte l’entreprise dans plusieurs domaines. Son chiffre d’affaires devrait baisser d’environ 20 % cette année par rapport à 2019. Pour autant, Matthieu Sarrat se veut rassurant : « Il n’y a pas de question sur la survie de l’entreprise. Nous n’avons pas eu recours aux prêts garantis par l’État. Notre trésorerie est déjà très élevée. Nous avons levé de l’argent par des moyens classiques. »

La direction a réfléchi à un plan d’économie. Entre autres, les investissements dans le matériel logistique avoisineront cette année les 10 millions d’euros, alors qu’ils sont d’habitude compris entre 20 et 25 millions d’euros. « Seulement du renouvellement, précise le directeur général. Mais nous avions beaucoup investi ces dernières années. »

Réduire la formation

Par ailleurs, les nouvelles mesures de sécurité sanitaire entraînent un surcoût estimé à 30 euros par mois et par chauffeur. Surcoût que GT Solutions doit absorber, sauf avec quelques clients plus compréhensifs.

Ces même mesures sanitaires ont aussi lourdement ralenti la politique de formation du groupe. Celui-ci possède sa propre école de conduite à Bassens, près de Bordeaux. Après le confinement, les cours ont pu reprendre mais seulement avec la moitié de la promotion. La deuxième moitié a dû attendre. Et c’est seulement quand les deux moitiés ont terminé leurs examens que les permis ont été délivrés. « Nous sommes très chahutés dans ce domaine, déplore Matthieu Sarrat. La réforme de la formation professionnelle de 2018 favorise les apprentis et les demandeurs d’emploi plutôt que les personnes en reconversion. Or, nous nous adressons principalement à ces derniers. Nous allons devoir réduire. »

Quant aux mois à venir, il reste « assez incertain » pour le directeur général. Des domaines donnent néanmoins des raisons d’espérer : « Nous sommes plutôt optimistes pour le négoce de matériaux. Pour le béton, les grands chantiers ont repris. Il y a de la demande dans l’automobile, même si la pénurie de pièces ralentit le secteur. La santé est stable. »

M. D.