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Erick Lemonnier, directeur de la prévention de la Branche infrastructure d’Eiffage – « Nous cherchons à procurer le meilleur confort possible à l’opérateur »

2 novembre 2020
<span>Erick Lemonnier, directeur de la prévention de la Branche infrastructure d’Eiffage</span> – « Nous cherchons à procurer le meilleur confort possible à l’opérateur »

Alors qu’Eiffage est partenaire d’une campagne européenne d’information sur les troubles musculo-squelettiques, Erick Lemonnier, directeur de la prévention de sa Branche infrastructure, nous explique la politique mise en place pour lutter contre l’usure au travail.

(Photo ci-dessus : Erick Lemonnier, directeur de la prévention de la Branche infrastructure d’Eiffage. VICENT PANCOL)

Eiffage est partenaire officiel de la campagne pour des lieux de travail sains 2020-2022 de l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail. Celle-ci est consacrée à la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS). Comment abordez-vous cette question ?

Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine des TMS, aussi nous portons notre attention en amont pour prévenir leur apparition. Dans notre domaine d’actions, nous cherchons ainsi à procurer le meilleur confort possible à l’opérateur. La réduction des contraintes passe tout d’abord par le choix des matériels. L’idéal est de pouvoir définir avec le constructeur les aménagements de conception de l’engin. Pour nos tunneliers du Grand Paris Express, nous avons œuvré de concert avec le fabricant en vue de faciliter le travail de chaque opérateur. Nous agissons également à l’assistance apportée aux collaborateurs par la mécanisation d’un certain nombre de tâches réalisées traditionnellement à la main. Eiffage emploie déjà des robots, comme un perforateur assisté conçu par un maître-compagnon avec un fabricant de matériel canadien. Nous venons également de conclure un partenariat avec la start-up Borobo pour la conception d’un robot collaboratif suiveur qui déplacera les petites charges usuelles de façon autonome.

Nous avons aussi mis en place des séances d’éveil musculaire depuis environ dix ans.

En parallèle de ces réflexions, comment sensibilisez-vous vos collaborateurs à ce problème ?

Nous sommes actifs depuis très longtemps dans le domaine de la formation. Notre module « Santé au travail » du cursus des Savoirs maitrisés de sécurité dispensé par l’université Eiffage décrit notamment les multiples facteurs qui peuvent concourir à l’apparition des TMS : l’alimentation, les conditions climatiques ou l’activité physique. Nous avons aussi mis en place des séances d’éveil musculaire depuis environ dix ans. Elles sont dirigées soit par un coach extérieur, soit par un compagnon volontaire. Nous avons même un collaborateur qui a imaginé récemment un parcours de forme entre les installations d’accueil d’un chantier et le site de travail. Dans le cadre du Pacte de performance, les athlètes de haut niveau qui ont intégré Eiffage dirigent des séances d’échauffements et d’assouplissement musculaire.

Quels intérêts voyez-vous dans les échauffements ?

L’activité physique de nos compagnons pouvant être intense, il est toujours profitable de s’échauffer. Ces mouvements ont un bienfait immédiat et améliorent leur capital santé. Enfin, ils favorisent la cohésion d’équipe. La construction, c’est toujours un travail collectif.

Les idées viennent bien souvent des compagnons.

Eiffage a développé en partenariat avec Bioservo un gant bionique, baptisé Ironhand. Quels sont les avantages de cet équipement ?

Ce gant réduit jusqu’à 87 % les efforts du porteur. Son utilisation est pertinente dans le cadre d’un geste fréquent. Il a démontré son efficacité et il est maintenant commercialisé. Ce système a attiré la curiosité de certains de nos clients pour leur propre usage. Nous avons réalisé de nombreuses démonstrations.

Comment les opérateurs réagissent-ils à l’introduction de ces nouveautés ?

Leur acceptation est relativement facile, dès lors que le bénéfice est rapidement perceptible. Les compagnons participent au développement de ces produits. Les idées viennent bien souvent d’eux d’ailleurs car ils sont confrontés au terrain. Avec l’apport de ces nouvelles technologies, l’adhésion est immédiate. Les premiers opérateurs qui ont testé le prototype de gant bionique ne voulaient pas le rendre ! Au début, nous craignions qu’ils ne l’utilisent qu’avec un développement de force maximum, alors que ce n’est pas le but. Nous nous trompions. Ils ajustent avec finesse l’intensité de la force du gant pour réduire leurs efforts.

Nous sommes aux prémices de la maquette numérique.

Comment pourrait-on faire mieux ?

Dans le champ de la prévention, nous sommes aux prémices de la maquette numérique. Avec une représentation en 3D, nous pouvons repérer les postures à risque, difficiles à déceler avec un plan classique. Les robots sont aussi une vraie piste. Les entreprises de déconstruction utilisent déjà des mini-engins pilotés à distance. L’opérateur s’expose à moins de contraintes et de risques, en conservant toute son expertise. Il acquiert aussi de nouvelles compétences en restant indispensable. L’alliance de l’intelligence humaine et de la maîtrise de nouvelles technologies trouve ici tout son sens.

Propos recueillis par M. D.