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Enseignement – Trois nouvelles formations font leur rentrée

7 septembre 2020
<span>Enseignement</span> – Trois nouvelles formations font leur rentrée

Dans le domaine des TP, trois nouvelles entités débutent leurs cours ce mois-ci, un BTS en apprentissage, à Saint-Brieuc, et deux antennes de l’ESCT, à Rennes et Strasbourg.

(Photo ci-dessus : le lycée Eugène Freyssinet de Saint-Brieuc propose depuis septembre un BTS TP en apprentissage. SACHA DROUART)

C’est la rentrée. Les étudiants reprennent les cours et les formations consacrées à la construction ont gagné quelques sièges. À Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor, le lycée Eugène Freyssinet accueille un nouveau BTS Travaux publics en apprentissage.

Auparavant, seul le centre de formation d’apprentis (CFA) de Ploërmel, dans le Morbihan, dispensait ce type de diplôme en Bretagne. Ce dernier est déjà au maximum de ses capacités. « Or, il y a un besoin en conducteurs de chantier dans les travaux publics. Le lycée Eugène Freyssinet proposait déjà un BTS TP, mais sans apprentissage, explique Stéphanie Rapinel, responsable des formations continues du Groupement d’établissement (Greta)-CFA Côtes-d’Armor. Nous avons donc étudié la possibilité d’ouvrir un nouveau groupe avec ce mode de formation. Les enseignants étaient partants. La Fédération régionale des travaux publics (FRTP) Bretagne était prête à nous aider. Les conditions étaient favorables. »

Conducteurs de travaux

Pour ce qui est du matériel, le lycée a acheté dix ordinateurs avec les logiciels nécessaires aux travaux pratiques des nouveaux venus. Le Greta-CFA Côtes-d’Armor s’occupe des tâches administratives. Le BTS dure deux ans, avec des périodes de 3 à 4 semaines au lycée et de 4 à 5 semaines en entreprise. Les diplômés deviennent en général conducteurs de travaux.

La nouvelle entité affiche complet avec dix étudiants. La moitié issue de bacs professionnels, spécialités de la construction ou des travaux publics, l’un est en reprise d’études, et le reste viennent des autres bacs. « Nous avons ensuite convenu avec la FRTP de passer à 12 étudiants. La demande est suffisante dans le secteur pour accueillir des apprentis supplémentaires », précise Stéphanie Rapinel.

Des recherches faciles

Les inscrits de 2020 en sont la preuve. Ils n’ont pas eu difficulté à trouver un contrat d’apprentissage, dans la continuité d’un stage durant leur bac professionnel, par le biais d’une demande adressée par une entreprise au Greta-CFA ou en cherchant seul. « Les entreprises trouvent un intérêt à former un apprenti à leurs méthodes de travail en vue de l’embaucher. C’est aussi une manière de mieux le connaître, observe la responsable. Le gouvernement a également mis en place une aide exceptionnelle pour les entreprises de 8 000 euros pour les apprentis majeurs et de 5 000 euros pour les apprentis mineurs. » Aujourd’hui, les contrats d’apprentissage sont en cours de signature. Les étudiants ont débuté en entreprise. Les premiers cours auront lieu le 21 septembre.

De l’ouest à l’est

Pour ceux qui voudraient poursuivre leur parcours au-delà du BTS, l’École supérieure de conduite de travaux (ESCT) vient d’ouvrir deux nouveaux établissements, à Rennes et Strasbourg. Cette structure possédait déjà trois centres, Vincennes-Montreuil près de Paris, Marseille et Bordeaux-Mérignac. « L’ESCT de Vincennes-Montreuil existe depuis 2006. Bon nombre de ses étudiants venaient de province. D’où l’idée d’ouvrir des antennes dans d’autres régions », indique Édouard Quintard, directeur du site de Strasbourg. « Il y avait clairement une demande dans le Grand Ouest, ajoute Philippe Horn, directeur de l’école de Rennes. L’ouverture de l’antenne a aussi provoqué un appel d’air. Des étudiants, qui ne seraient pas venus à Paris, ont postulé. Les entreprises sont aussi demandeuses. »

En mode projet

Les deux structures délivrent deux formations en alternance : un bac+3 de chargé d’affaires BTP et un bac+5 de directeur de travaux. Ce dernier donne la possibilité de réaliser en dernière années Master of Science – MSc Constrution & Management, en partenariat avec Abertay Univertsity de Dundee en Écosse.

Strasbourg accueille 41 étudiants (22 en bac+3 et 19 en bac+5) et Rennes 33 (19 en bac+3 et 14 en bac+5). L’enseignement est divisé en trois périodes d’alternance entre l’entreprise et le centre. Chacune comporte un grand projet à réaliser en binôme : gros œuvre, VRD avec financier et tout corps d’état avec financier. Les cours sont assurés par des professionnels en activité ou retraités.

Quelques étudiants cherchent encore un contrat de professionnalisation. Mais, selon les directeurs, leurs démarches ont bien avancées au cours des deux dernières semaines. Les aides de l’État facilitent l’embauche.

Changement de carrière

Pour les deux responsables, c’est aussi un début dans le monde de la formation. Avant d’accepter cet fonction, Philippe Horn a travaillé dans plusieurs entreprises de BTP : « Je ne comptais pas faire toute ma carrière dans l’exécution de travaux. Quand on m’a contacté pour ce poste, j’ai adhéré aux projets de la formation, d’autant plus qu’il fallait répondre à un besoin en Bretagne. Au-delà de ces considérations,  je suis  un ancien étudiant de l’ESCT. Le métier est plus passionnant que je l’imaginais. Je reste en relation avec le secteur par mes échanges avec les formateurs et les étudiants. L’accueil des entreprises est très bon. Depuis le mois de juillet, les sociétés prennent contact avec nous pour développer des relations. »

Édouard Quintard a lui quitté une carrière dans l’armée : « C’est un changement radical de vie. J’ai été convaincu par la cohérence et le sérieux des formations. Le contact avec les candidats m’a rassuré. J’ai rencontré des jeunes très matures. Nous avons rencontré la FFB et la FNTP pour voir ce que nous pouvons faire. Beaucoup de chantiers ont repris. Il y a donc besoin d’alternants. Nous voyons si les tuteurs peuvent devenir formateurs, aussi bien les petites que les grandes structures. »

Leur principale ambition pour ce galop d’essai sera de pérenniser ces antennes. Mais toutes les discussions sont ouvertes, « Nous nous adapterons à la demande, souligne Édouard Quintard. Nous avons eu une demande de Pôle Emploi à propos de formations pour les demandeurs d’emploi. C’est à réfléchir. »

M. D.