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Déconstruction – Démoclès sort une boîte à outils pour le diagnostic déchets

21 septembre 2020
<span>Déconstruction</span> – Démoclès sort une boîte à outils pour le diagnostic déchets

Début septembre, la plate-forme Démoclès a publié une série de documents en vue d’améliorer la qualité des diagnostics déchets.

(Photo ci-dessus : le diagnotic déchets ne satisfaient pas encore les attentes des entreprises de déconstruction. CDF)

Après les nuisances, la déconstruction va devoir mieux s’occuper de ses déchets. Non pas que les entreprises chargées de ces chantiers y mettent de la mauvaise volonté. Elles remplissent un cahier des charges défini par le client avec les moyens dictés par leur budget. Les compagnons peuvent sans doute progresser, mais à quoi bon, si le client ne veut pas de progrès.

Mais parfois le client ne refuse pas le progrès, il n’est pas au courant ou alors il ne sait pas comment s’y prendre. Et la routine continue, faute de connaissances. Entre autres missions, la plate-forme Démoclès, animée par l’éco-organisme Ecosystem avec le soutien de l’Ademe, tente de résoudre ce problème.

Début septembre, cette structure a mis en ligne une boîte à outils destinée à ceux qui devront réaliser un diagnostic déchets. Cette opération consiste à inspecter un édifice avant déconstruction afin de recenser ses matériaux et ses équipements. Selon un décret du 31 mai 2011, elle est obligatoire pour les bâtiments de plus de 1 000 m² de surface hors œuvre brute ou ayant contenu des substances dangereuses.

Des attentes déçues

Obligatoire ne veut pas dire utile. En 2017, Démoclès réunit pour la première fois un groupe de travail « Diagnostic déchets ». Il rassemble des maîtres d’ouvrage, les maîtres d’œuvre, les diagnostiqueurs déchets et les entreprises de déconstruction. Les discussions mettent en évidence que les documents remis après l’issu de l’inspection ne correspondent pas à leurs attentes, notamment celles des entreprises. Elles disposent d’un temps très court pour répondre aux appels d’offres. Avec un inventaire précis, elles pourraient mieux préparer leur proposition, négocier en connaissance de cause avec le client et anticiper la gestion des futurs déchets.

Mais la précision manque souvent. « Les maîtres d’ouvrage ne connaissent pas toujours l’existence du diagnostic. Il arrive souvent qu’il soit établi à la dernière minute. Et dons les documents de consultation des entreprises ne tiennent pas compte de ses résultats dans la définition des objectifs en matière de gestion et valorisation des déchets, observe Rym Mtibaa, responsable de projet bâtiment et coordinatrice de Démoclès au sein d’Ecosystem. Par ailleurs, la profession de diagnostiqueur déchets restait à construire. Le diagnostiqueur déchets est à la frontière entre les connaissances en matière de bâtiment et de gestion des déchets. Comment étendre les connaissances des métiers existants à ce nouveau domaine ? Nous avons mis en place cette boîte à outils afin que les diagnostiqueurs montent en compétence. »

Élargir les horizons

Le groupe de travail a attendu la promulgation de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire avant de livrer le fruit de ses efforts. Publiée au Journal officiel le 10 février 2020, elle apporte des changements importants à la réglementation. Elle détermine entre autres une hiérarchie les modes de traitement des déchets. Dans l’ordre : réemploi, recyclage, valorisation, soit une variété de pistes que Rym Mtibaa espère retrouver dans les diagnostics déchets ; « le diagnostic doit élargir les horizons. Il ne doit plus se limiter à un unique scénario de traitement. »

La boîte à outils comprend un guide de bonnes pratiques, des vidéos d’apprentissage qui détaillent le déroulement d’une inspection avec des astuces et une grille d’inventaire conçu pour les diagnostiqueurs. Pour rédiger ces dernières, les différents acteurs ont dû définir un langage commun. « Par exemple, nous avons étudié une cinquantaine de diagnostics déchets. Pas une ligne sur les équipements électriques et électroniques. Les diagnostiqueurs ne les voyaient pas, explique la coordinatrice. Nous avons établi cette grille selon sept typologies de produits, afin d’attirer leur attention. Pour certains produits, nous avons remarqué que la grille ne suffisait pas. Il fallait un contenu plus détaillé, d’où les fiches pratiques qui complètent l’ensemble. Elles contiennent des suggestions en matière de sécurité ou de filières de valorisation. »

La grille n’a pas vocation à devenir un référentiel unique. Démoclès la voit plutôt comme une source d’inspiration pour les entreprises de diagnostic. Elle sera amenée à évoluer, tout comme les autres documents qui l’accompagnent.

Soutenir les maîtres d’ouvrage

Un peu plus tôt dans l’année, la plate-forme avait entamé une autre action pour aider les maîtres d’ouvrage. Elle a lancé le 12 mars le premier volet de l’appel à projets « 50 maîtres d’ouvrage exemplaires ». Les structures lauréates recevront une assistance soit dans leur approche globale de la déconstruction, soit dans l’organisation d’un chantier spécifique. Malgré le confinement, cet appel a dépassé son objectif, 26 retenus alors que Démoclès en visait 25. Les bailleurs sociaux sont majoritaires avec onze lauréats. Les autres catégories de structure comptaient entre un et quatre représentants.

Quant au second volet, il s’est clôturé le 18 septembre. La sélection se composera de 24 dossiers. Pour Rym Mtibaa, l’objectif sera de couvrir tout le territoire et d’avoir tous les types de maîtres d’ouvrage. « Les résultats de la première session prouvent que les maîtres d’ouvrage se mobilisent. Ils ont une responsabilité. Le diagnostic, c’est le début de la transmission d’information, le socle de la traçabilité. Cet outil doit servir à quantifier et à qualifier les flux de produits, de matériaux et de déchets en amont du chantier de déconstruction. Les gestionnaires de déchets et les industriels ont besoin de garanties quant à la qualité de ces matières premières secondaires. » Sans garanties, pas de confiance. Sans confiance, pas d’investissements. Et la routine continue.

M. D.