Suivez-nous :         kit média      
Accueil - Édito - Covid 19 – Chantiers arrêtés, économie plombée

Covid 19 – Chantiers arrêtés, économie plombée

30 mars 2020

Plus la période de confinement sera longue, plus fort sera l’impact de l’arrêt des travaux dans les TP et le Bâtiment sur l’économie du pays. Avec 122 Mds € de chiffre d’affaires, dont 40 Mds pour les TP, et près de 6,5% de la main d’oeuvre, la filière pèse lourd dans la création de valeur en France.
Par définition, les métiers de la construction sont des métiers de terrain. Il est donc difficile, pour près de deux millions de salariés (emplois directs et indirects) concernés, de conformer aux gestes « barrière », en particulier dans le Bâtiment. En outre, l’effet d’entraînement de la filière, vers l’aval comme vers l’amont est puissant. Résultat : c’est un secteur économique essentiel qui va devoir encaisser la chute brutale de l’activité. Ceci, d’autant plus que la construction reste un amplificateur de l’activité économique du pays. Le phénomène est encore plus marqué dans les TP, activité cyclique par nature, dont l’activité reste rythmée par les élections municipale, bien que leur effet soit à présent quelque peu atténué. Si, après deux semaines de confinement, il est impossible d’estimer les conséquences sur l’année, tour arrêt supérieur à 45 jours, entraînerait « mécaniquement », une perte de production de plus de 10%. Cette dernière intervient en période de montée en puissance de l’activité sur les chantiers. La perte d’activité est d’ores et déjà considérable. Si le redémarrage de la filière ne fait aucun doute, plus vite il interviendra, mieux cela sera pour la profession comme pour l’économie de notre pays. Il est donc urgent d’aboutir d’autant qu’une période de reprise en mode dégradé est attendu au redémarrage. Le temps que la filière amont se réorganise et puisse à nouveau approvisionner normalement les chantiers. Cela, alors que l’effet de rattrapage ne pourra être que limité. En cause, la ressource humaine, déjà tendue avec la crise sanitaire. A la clé, des livraisons de chantiers décalées et toutes leurs incidences financières qui en découlent.
Jean-Noël Onfield